Détente entre Bagdad et Téhéran oblige, l’enjeu du match Iran-Irak, aujourd’hui à Saïda, sera surtout sportif : départager les deux équipes en tête du groupe 1 à l’issue du premier tour de la Coupe d’Asie des nations de football. Le ministre iranien des Affaires étrangères Kamal Kharazi, qui était au Liban le jour de l’ouverture de la Coupe le 12 octobre, pour lui manifester sa solidarité face au risque de confrontation avec Israël, a effectué dans la foulée une visite historique à Bagdad. C’était la première fois qu’un chef de la diplomatie iranienne se rendait en Irak depuis la terrible guerre qui avait opposé les deux pays de 1980 à 1988, faisant plus d’un million de morts. Les deux pays ont signé un accord en vue de régler de cruels problèmes en suspens, comme celui des prisonniers de guerre et des disparus. Le ministre, avant de reprendre l’avion dimanche pour Téhéran, au mépris de l’embargo de l’Onu contre l’Irak, a en outre annoncé la prochaine reprise du pèlerinage des Iraniens dans les Lieux saints chiites irakiens. Passion sportive La tension au Moyen-Orient ayant pris une coloration religieuse après la visite du chef de la droite israélienne Ariel Sharon à l’Esplanade des mosquées de Jérusalem, les pays musulmans ont tendance à serrer les rangs. On comprend donc qu’à Téhéran, les journaux évoquent sans aucune allusion politique un match qui est attendu avec davantage de passion sur le plan sportif. Interrogé par Abrar Sports, l’entraîneur Jalal Talebi se dit «confiant», le match nul laborieux avec la Thaïlande dimanche (1-1) ayant, selon lui, «servi de test» à son équipe. Optimisme partagé par l’attaquant Ali Daei, pour qui «nous ne sommes pas à Beyrouth pour prendre du bon temps. Nous y sommes pour être les champions». L’Iran a été champion d’Asie à trois reprises, en 1968, 1972 et 1976. Devant la presse au Liban, M. Talebi, qui a assisté à la victoire de son équipe (2-1) durant «la mère de tous les matches» contre les États-Unis lors de la Coupe de monde 1998 en France, se veut flegmatique. «Il y a plus de 10 ans que nos pays étaient en guerre et nous avons joué à trois reprises contre eux depuis. Il n’y a pas eu le moindre problème, alors et je ne crois pas qu’il y en aura un maintenant». «La politique, c’est hors du terrain», a-t-il estimé. Finir en tête À Bagdad, un responsable sportif irakien a abondé dans le même sens, déclarant à l’AFP que «le match ne revêt aucune sensibilité politique, dans la mesure où les relations entre les deux pays se sont nettement améliorées ces dernières années». «D’ailleurs, des équipes irakiennes ont disputé des matches en Iran et vice versa. Ces matches ont été marqués par le fair-play», a relevé le responsable. «L’enjeu du match de mercredi (aujourd’hui) est strictement sportif. Pour nous, cette rencontre revêt une grande importance. Nous sommes tenus de vaincre ou d’obtenir le nul pour nous qualifier au second tour», a-t-il dit. Néanmoins, même si la conjoncture est favorable à une fraternisation des joueurs irakiens et iraniens, plutôt qu’au choc des nationalismes, les deux équipes, toutes deux très physiques, ne se feront pas de cadeaux. Quel que soit le résultat de leur rencontre, l’Irak et l’Iran, à égalité avec quatre points au sommet de leur groupe, ont de bonnes chances de se qualifier pour les quarts de finale. Mais des deux côtés, on tiendra sans doute à finir seul en tête pour éviter d’avoir à affronter en quarts de finale le vainqueur du groupe 3, le Japon selon toute probabilité, qui montre une belle forme. L’Iran, pour atteindre cet objectif, pourra se contenter d’un match nul, grâce à sa meilleure différence de buts.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Détente entre Bagdad et Téhéran oblige, l’enjeu du match Iran-Irak, aujourd’hui à Saïda, sera surtout sportif : départager les deux équipes en tête du groupe 1 à l’issue du premier tour de la Coupe d’Asie des nations de football. Le ministre iranien des Affaires étrangères Kamal Kharazi, qui était au Liban le jour de l’ouverture de la Coupe le 12 octobre, pour lui manifester sa solidarité face au risque de confrontation avec Israël, a effectué dans la foulée une visite historique à Bagdad. C’était la première fois qu’un chef de la diplomatie iranienne se rendait en Irak depuis la terrible guerre qui avait opposé les deux pays de 1980 à 1988, faisant plus d’un million de morts. Les deux pays ont signé un accord en vue de régler de cruels problèmes en suspens, comme celui des prisonniers de guerre et...