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Actualités - Chronologie

Cyclisme - Procès Festina La tempête en Angleterre cause une suspension d’audience

Le procès Festina, né d’un coup de tonnerre en France alors que le Tour de France 1998 allait partir de Dublin, a souffert lundi d’une tempête sur l’Angleterre qui a empêché Hein Verbruggen, président de l’Union cycliste internationale (UCI), de témoigner à Lille (nord), où l’audience a été suspendue. Alors que l’UCI s’est portée partie civile dans cette affaire, son président néerlandais a été cité comme témoin par la défense de plusieurs prévenus. Il devait comparaître lundi après-midi. Averti du contretemps qui retenait le patron du cyclisme mondial à Manchester, où il avait assisté aux championnats du monde sur piste, de mercredi à dimanche, le président de la 7e chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Lille, Daniel Delegove, a décidé de reporter à mardi les débats prévus lundi et a suspendu prématurément l’audience. À l’ouverture de la sixième journée du procès, M. Delegove a tenu à rappeler aux prévenus qu’ils étaient «le centre de l’attention du tribunal». Recentrant le débat, il a averti qu’il s’agissait bien là d’un «procès pénal». «Il ne dérive pas vers autre chose. Ce n’est pas le procès de Richard Virenque, pas le procès du dopage», a-t-il déclaré en début d’audience. Hier matin, des témoins de moralité cités par son avocat ont décrit l’ex-directeur sportif de Festina, Bruno Roussel, comme un homme intègre obligé de renier ses principes, un opposant déterminé au dopage finalement forcé de déposer les armes pour satisfaire son équipe. C’était «un homme sain, on le sentait dans ses convictions et dans ses actes», s’est souvenu Agnès Pierret, ancien manager de l’équipe cycliste Helvetia, où Bruno Roussel a officié en 1990 comme directeur sportif adjoint, aux côtés du Suisse Paul Koechli. Diététique et EPO Helvetia était attachée à un cyclisme professionnel sans dopage, quitte à subir les moqueries sur son manque de résultats, a raconté Mme Pierret à la barre, et c’est pour appliquer ce «principe fondamental» du sport propre que Roussel avait été recruté. Arrivé chez Festina, «il voulait mettre en place une alternative à ce qui existait dans le milieu et comptait sur moi pour l’aider», a ajouté Denis Riché, nutritionniste dans l’équipe franco-andorrane entre 1993 et 1997. Obstacle de taille, les coureurs ne se satisfaisaient pas des seuls conseils de diététique et voulaient de l’EPO pour préparer les grandes courses. «Les gros culs sont devant, j’en ai marre», avait lâché un Laurent Dufaux à bout. Quand Bruno Roussel confie à Riché, en mai 1994, que les coureurs prennent de l’EPO, le nutritionniste est choqué, mais encaisse : il poursuit son travail auprès des coureurs pour tenter de les dissuader. «Si on a la volonté de changer les choses, il faut s’impliquer», déclare Riché. Ce sera peine perdue, car, progressivement, le contrôle de ses troupes échappera à Roussel. Au départ du Paris-Roubaix 1997, l’accès aux chambres des coureurs est interdit à Riché. Peu après, ce dernier reçoit une lettre de Roussel lui indiquant que «(sa) présence sur les courses n’est plus souhaitée». Constatant que Roussel a cédé aux exigences des coureurs, le diététicien démissionne. Après une année avec Helvetia, Roussel avait rejoint RMO, où il a rencontré Riché. Là, témoigne le nutritionniste, Roussel «tranchait par son esprit novateur». «Il était féru de courbes cardiaques et s’intéressait à l’alimentation des coureurs à l’entraînement», poursuit-il. Chez Festina, la méthode du Dr Eric Rijckaert l’avait finalement emporté envers et contre tout.
Le procès Festina, né d’un coup de tonnerre en France alors que le Tour de France 1998 allait partir de Dublin, a souffert lundi d’une tempête sur l’Angleterre qui a empêché Hein Verbruggen, président de l’Union cycliste internationale (UCI), de témoigner à Lille (nord), où l’audience a été suspendue. Alors que l’UCI s’est portée partie civile dans cette affaire, son président néerlandais a été cité comme témoin par la défense de plusieurs prévenus. Il devait comparaître lundi après-midi. Averti du contretemps qui retenait le patron du cyclisme mondial à Manchester, où il avait assisté aux championnats du monde sur piste, de mercredi à dimanche, le président de la 7e chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Lille, Daniel Delegove, a décidé de reporter à mardi...