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Actualités - Chronologie

Une campagne électorale assez calme malgré les actes d’intimidation

Après un début marqué par la violence – menaces, locaux endommagés, attaques armées et même meurtre –, la première campagne électorale d’après-guerre au Kosovo a été relativement calme, malgré un climat permanent d’intimidation. Le 5 août, le corps d’un responsable local de la Ligue démocratique du Kosovo (LDK), Shaban Manaj, est retrouvé brûlé, deux semaines après son enlèvement. Pendant la période où il était porté disparu, deux autres membres de la LDK ont été blessés par balles. Mais depuis, la tension est beaucoup retombée même s’il règne encore un lourd climat d’intimidation, principalement contre la LDK du modéré Ibrahim Rugova, donné vainqueur des élections municipales de samedi. Le 21 septembre, des partisans de ce parti sont attaqués à Lipljan, dans le centre, et leurs locaux saccagés par des membres du Parti démocratique du Kosovo (PDK), leur principal adversaire. Des membres de la LDK sont très légèrement blessés. Dimanche, des inconnus jettent une grenade contre la maison d’un candidat LDK, sans faire de victime, à Djakovica, dans le sud-ouest. L’intimidation peut aussi être plus subtile. «À Podujevo (nord), le PDK a détourné l’aide humanitaire. Si on dit qu’on va voter PDK, on voit sa maison reconstruite», explique un employé de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a requis l’anonymat. À Gnjilane, dans le sud-est, le conseil municipal fait démolir des constructions illégales, en s’attaquant en premier aux propriétés de membres de la LDK, affirme un policier de l’Onu qui a souhaité rester anonyme. L’OSCE, qui supervise les élections, réagit à ces intimidations par le biais de la commission des plaintes et des appels, chargée de faire respecter le code électoral de bonne conduite édicté par l’organisation. Cette commission condamne plusieurs partis, essentiellement le PDK et l’Alliance pour le futur du Kosovo (AAK), issus tous les deux de l’ancienne guérilla indépendantiste albanaise (UCK). Les amendes vont de la contravention – au maximum 5 000 deutschemarks (2 138 dollars ou 2 556 euros) – jusqu’à l’exclusion de candidats. Ainsi, le PDK est condamné à 2 000 deutschemarks pour les incidents de Lipljan du 21 septembre et doit rayer le numéro 10 de sa liste. Des membres du PDK, qui ont pris le contrôle de nombreuses municipalités après la guerre où ils collectent des impôts illégaux, se sentent menacés à l’approche des élections, selon la Force multinationale de paix (KFOR). Ils pourraient en effet perdre leur poste car leur parti est crédité de 20 % des suffrages au maximum, selon des observateurs internationaux. «La campagne a été ouverte, pas plus violente qu’en France», se félicite l’administrateur de l’Onu au Kosovo, Bernard Kouchner, qui attribue ce calme relatif notamment à «la maturité des Kosovars» et à «une certaine forme de tolérance». Les Albanais ont aussi, semble-t-il, bien reçu le message martelé par M. Kouchner pendant la tournée qu’il a effectuée au Kosovo avant les élections : «Le monde vous regarde», a-t-il prévenu, signifiant ainsi que la tenue d’élections générales dépendait de leur capacité à organiser une campagne non violente pour les municipales. Maintenant, le risque est qu’il y ait un regain de violence après le scrutin. Mais M. Kouchner se veut assez confiant, surtout que les cinq principaux partis, PDK et AAK compris, viennent de signer un document dans lequel ils s’engagent à respecter les résultats des élections.
Après un début marqué par la violence – menaces, locaux endommagés, attaques armées et même meurtre –, la première campagne électorale d’après-guerre au Kosovo a été relativement calme, malgré un climat permanent d’intimidation. Le 5 août, le corps d’un responsable local de la Ligue démocratique du Kosovo (LDK), Shaban Manaj, est retrouvé brûlé, deux semaines après son enlèvement. Pendant la période où il était porté disparu, deux autres membres de la LDK ont été blessés par balles. Mais depuis, la tension est beaucoup retombée même s’il règne encore un lourd climat d’intimidation, principalement contre la LDK du modéré Ibrahim Rugova, donné vainqueur des élections municipales de samedi. Le 21 septembre, des partisans de ce parti sont attaqués à Lipljan, dans le centre, et leurs locaux...