Avec un but et cinq passes décisives, Laurent Robert a été l’homme de la qualification pour la seconde phase scellée par la superbe victoire du Paris Saint-Germain (7-2) contre les Norvégiens de Rosenborg, mardi soir en Ligue des champions de football. Cette rencontre restera dans l’histoire du club à jamais associée à Laurent Robert. L’état de grâce parfait pour «Saint-Robert». Nicolas Anelka et Christian n’ont eu qu’à pousser dans les filets ses tirs puissants mais mal repoussés par le gardien Jorn Jamtfall. Sur trois autres buts, Anelka, une deuxième fois, Frédéric Déhu, le jour de ses 28 ans, et Peter Luccin ont été servis au millimètre par le joueur natif de la Réunion. Robert a même transformé un penalty pour porter le score à 6-2. Avec ses enjambées félines et ses dribbles chaloupés, l’homme du couloir gauche a donné le tournis à Roar Strand, le défenseur norvégien. Sur sa lancée, Robert a aussi pesé sur l’organisation du jeu parisien, encore une fois volontairement privé d’un meneur pur, type Augustine Okocha ou le «banni» Ali Bernarbia. Pour cette rencontre, Philippe Bergeroo a été fidèle à son actuelle conception : pas de meneur. Mais devant Luccin et Déhu, le héros a été tout à la fois meneur, ailier, distributeur et buteur. Plaisir Robert, à l’image du PSG mercredi matin, au décrassage à Saint-Germain-en-Laye (région parisienne), était fier de son coup mais déjà la tête sur les épaules et les yeux tournés vers dimanche pour affronter Bordeaux en championnat. «Mon plaisir, c’est de faire marquer les autres», a déclaré le meilleur réalisateur du championnat de France (10 buts). Est-ce le meilleur match de sa carrière ? Laurent Robert soupire. Il prend le temps de la réflexion et lâche un «non» sonore accompagné d’un petit sourire. «À tous les matchs, je prends du plaisir. Mais pour d’autres matchs comme ça, je signe tout de suite» a-t-il indiqué. «Je suis bien à Paris, dans une belle équipe de jeunes, encadrés par quelques anciens. Je me sens libéré», a-t-il poursuivi. Arrivé de Montpellier en juillet 1999, Robert a franchi un seuil, comme ses équipiers. Après trois cartons rouges la saison dernière, il est parvenu à se calmer et, très logiquement, il a retrouvé l’équipe de France. Déjà de très grands clubs européens se sont renseignés pour entamer des négociations. Le début de la gloire pour l’international et de problèmes pour le PSG, qui va devoir trouver des trésors... d’imagination pour retenir ce «Saint-Robert» des surfaces. La Juventus, le dos au mur La Juventus Turin devra aller chercher sa qualification pour la deuxième phase de la Ligue des champions sur le terrain des Grecs du Panathinaïkos Athènes, le 8 novembre après la défaite mardi soir concédée contre Hambourg 3 à 1, devant un public italien médusé. Une tâche d’autant plus difficile pour la Juve que le Pana, en dépit de son échec face au Deportivo La Corogne (1-0), reste plus que jamais en lice, tout comme Hambourg relancé par son succès de Turin. Mais, surtout, le club turinois sera privé, pour ce match couperet, de Zinedine Zidane et Edgar Davids, tous deux exclus contre Hambourg. Quel match ! Les expulsions de Zidane (29e), qui venait de purger un match de suspension en Ligue des champions, et de Davids (33e) ont complètement faussé les données de la rencontre. La Juve, contrainte de jouer à neuf durant pratiquement une heure, a ainsi offert aux attaquants allemands des espaces de rêve. Banc des accusés La presse italienne n’a pas été tendre avec deux joueurs qu’elle apprécie pourtant beaucoup. «Zidane et Davids coulent la Juve. Ils se font sortir après une demi-heure, laissant l’équipe à la merci de Hambourg», a estimé la Gazzetta dello Sport. Le quotidien de Milan a insisté sur Zidane en soulignant que «le Français ne parvient plus à se contrôler. Rendu nerveux par un marquage étroit, il a perdu la tête». L’entraîneur Carlo Ancelotti n’a pas compris non plus la violente réaction de Zidane, dont il avait pris la défense lors de sa précédente expulsion. «Malgré tous mes efforts, je ne me l’explique pas. Il avait pris un coup avant et cela l’a peut-être irrité, mais cela ne peut expliquer un tel comportement de sa part», a analysé le technicien des Bianconerri. «Nous avons été pénalisés trop tôt, avec 11 joueurs, le match restait ouvert même si nous étions menés 1 à 0», a-t-il fait remarquer. Mais les sorties prématurées de Zidane et Davids ne peuvent occulter les erreurs d’une défense trop fébrile, à l’instar du gardien Edwin Van Der Sar, trop irrégulier. Le reste de l’équipe n’est pas exempt de reproches. Le milieu de terrain n’est pas parvenu à conserver le ballon et les attaquants, Filippo Inzaghi, David Trezeguet et le Yougoslave Darko Kovacevic, malgré un but, ne se sont pas montrés très incisifs. Il reste à présent quinze jours à la Juve pour se refaire une santé et retrouver la confiance avant un voyage qui s’annonce particulièrement «chaud» à Athènes.
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