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Actualités - Chronologie

La physionomie des marchés Beyrouth : retour à l’expectative

C’était le calme plat hier sur le marché des changes de Beyrouth en attendant le nouveau gouvernement présidé par M. Rafic Hariri dont la formation est prévue pour demain. Dans cette attente, les opérateurs ont préféré opter pour le «wait and see» en manipulant leurs positions de change. De ce fait, l’offre et la demande du dollar ne tardaient pas à se contracter, pendant que la Banque du Liban (BDL) maintenait en l’état sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente du billet vert. En procédant de la sorte, celle-ci est parvenue à le faire clôturer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais compte tenu aussi bien de la réticence de l’offre que de la demande en cette monnaie, les établissements de crédit ont été amenés à la négocier tout près du point supérieur d’intervention de la BDL et parfois en dehors d’elle, ont indiqué les cambistes. En effet, la devise américaine a dû osciller très étroitement durant toute la journée dans une marge comprise entre 1 513,50 et 1 514,00 LL, avec un volume d’affaires très mince, ne dépassant pas quelque six millions de dollars, dont une partie a été vendue par la BDL à 1 514,00 LL et l’autre échangée par les banques de la place entre 1 513,50 et 1 514,00 LL, selon ces mêmes milieux. L’euro à un nouveau plus bas historique À l’étranger, les investisseurs, ne craignant plus le risque d’une nouvelle intervention des Banques centrales occidentales pour soutenir l’euro, ont lâché cette monnaie hier la faisant retomber à ses plus bas historiques jamais atteints depuis son lancement début 1999, soit à 0,8246 dollar et 89,10 yens. Au total, depuis sa création en janvier 1999, l’euro a perdu plus de 29 % de sa valeur contre le dollar et 32 % contre le yen. Les investisseurs ont envoyé l’euro au tapis hier, bien que tous les membres du groupe des vingt (G20) réunis à Montréal se soient déclarés préoccupés par la faiblesse de l’euro sans pour autant se prononcer pour une action en sa faveur. La réunion du G20 rassemble depuis mardi dernier les ministres des Finances et les gouverneurs des Banques centrales de 20 pays industrialisés et nations émergentes ainsi que les représentants de l’Union européenne, de la Banque centrale européenne (BCE), du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. «La barre psychologique à ne pas franchir avait été placée autour de 0,85 dollar avant l’intervention concertée des Banques centrales en faveur de l’euro, mais maintenant, le marché ne craint plus de le faire tomber jusqu’à 0,82 dollar», ont estimé hier des analystes de marché. Pourtant, on s’interroge jusqu’où ira la chute. Selon les prévisions de la Commerzbank, le prochain seuil psychologique pour l’euro est à 0,82 dollar. Mais c’est surtout le repli de la monnaie unique contre le yen qui inquiète les analystes. «Le marché va regarder de très près l’évolution du yen par rapport à l’euro, car une intervention de la Banque du Japon avec la BCE sans la Réserve fédérale (Fed) est très probable si la chute se poursuit» selon toujours la Commerzbank. Depuis l’intervention concertée des Banques centrales du groupe des sept le 22 septembre dernier, qui avait permis à l’euro de rebondir brièvement, les opérateurs étaient restés prudents, de peur d’une nouvelle salve. Mais maintenant, ils semblent penser qu’il n’y aura pas d’intervention avant les présidentielles américaines le 7 novembre. À cet égard, les opérateurs réalisent qu’aucune action concrète ne va découler du G20, notant que l’euro souffrait des attaques du dollar, revigoré par la reprise de Wall Street hier après un départ faible. Ainsi, le refus des Banques centrales occidentales d’intervenir pour défendre l’euro a rendu les marchés très sceptiques envers cette monnaie. Cela d’autant que les récents commentaires du secrétaire américain au Trésor, Lawrence Summers, n’ont fait que renforcer les doutes des marchés. Celui-ci a rappelé à plusieurs reprises que «l’intervention est un outil comme beaucoup d’autres dans un contexte de politique monétaire, et cet outil est à l’évidence à utiliser avec prudence». Et d’insister sur l’importance pour les États-Unis d’avoir un dollar fort. Ainsi, il a renforcé les soupçons des opérateurs sur l’utilité d’une intervention, faisant sombrer l’euro d’un côté et relancer les spéculations à la hausse du dollar d’un autre côté. C’est dans ce contexte que le billet vert s’est négocié à New York à la hausse face aux monnaies européennes, comme suit : – 0,8275 pour un euro contre 0,8360, la veille – 1,4350 pour un sterling contre 1,4505 – 2,3635 DM contre 2,3395 – 7,9275 FF contre 7,8465 – 1,8205 FS contre 1,7980 – 2 339,05 lires contre 2 316,15 – 108,15 yens contre 107,80. Bourse de Beyrouth : marché toujours déprimé La Bourse de Beyrouth a continué de battre en retraite hier en raison de la rechute des actions B de Solidere de 8,00 à 7 7/8 dollars, dans un marché autrement stationnaire et délaissé sur le restant de la cote. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs cotées a reperdu 0,17 % à 65,50 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait toujours à 141,11 points, comme depuis le début de la semaine. Ce mouvement s’est produit dans un marché de plus en plus restreint avec seulement 3 635 actions négociées hier d’une valeur globale de 22 361 dollars. Résistance de Wall Street et pessimisme sur le Nasdaq Sur les places boursières internationales, Wall Street était plutôt neutre hier, alors que la Bourse électronique du Nasdaq continuait de perdre du terrain, notamment en raison de la faute de l’équipementier canadien en télécommunications Nortel. De fait, les boursiers semblaient ménager toujours Wall Street et bouder à nouveau les valeurs de la haute technologie, concentrées sur le marché du Nasdaq. La publication la veille de résultats trimestriels décevants par Nortel a fait plonger le titre et a porté atteinte à tout le secteur, les investisseurs s’étant inquiétés du carnet de commandes de la deuxième firme dans le domaine des fibres optiques. Par conséquent, l’américain Corning et les autres fabricants d’équipements pour réseaux qui fonctionnent avec des fibres optiques, ont été sévèrement affectés. Il en est de même des fabricants de semi-conducteurs utilisés pour ces équipements de réseaux qui ont été entraînés dans la tourmente. De son côté, le géant des télécommunications américain AT & T a lui aussi découragé les investisseurs avec ses prévisions pessimistes jusqu’en 2001 compris en raison d’une baisse de revenus de l’activité longue distance. L’annonce parallèle d’une restructuration de ses activités avec son partage en quatre entités, destiné à valoriser le groupe en Bourse, n’a pas convaincu les investisseurs qui ont infligé le titre de quelques pertes. En outre, la tendance de Wall Street s’est ressentie de l’avertissement lancé par le géant de la chimie DuPont sur ses résultats si les conditions macroéconomiques, la hausse du pétrole et la baisse de l’euro s’aggravent. Compte tenu de toutes ces considérations, l’indice composite du Nasdaq est retombé jusqu’à 3 220 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait irrégulièrement entre un plus haut à 10 461,97 points et un plus bas à 10 306,59 points, avant d’afficher en préclôture à 23h heure de Beyrouth, 10 400,28 points, en légère hausse de 7,21 points sur la veille. Les Bourses européennes alourdies par les télécoms Les Bourses européennes sont restées faibles en fin de journée, entraînées par le Nasdaq qui n’a pas digéré les mauvais résultats de Nortel. En clôture, l’indice Eurotop 300 abandonnait 0,83 % à 1 634,30 points et l’Euro Stoxx 50 index 0,96 % à 4 982,72. Les valeurs européennes du secteur ont été éprouvées, à l’image d’Alcatel et Marconi qui ont perdu toutes deux plus de huit pour cent à 74,40 et 8 90 euros respectivement. «Le marché commence à se rendre compte que les entreprises des télécommunications ne sont pas à l’abri des cycles et que leurs résultats peuvent souffrir d’un ralentissement économique», a noté Jeremy Batstone (NatWest Stockberkers). Tokyo : en baisse avec Nortel La Bourse de Tokyo a accusé une baisse marquée mercredi, en traînée par les valeurs des fabricants de fibres optiques, sensibles à l’annonce par Nortel Networks d’un ralentissement du chiffre d’affaires. L’indice Nikkei 225 a perdu 307,72 points (2,03 %) à 14 840,47. Le contrat de décembre traité à Osaka a cédé 380 points à 14 770, tandis que l’indice Topix a perdu 11,23 points (0,79 %) à 1 407,18. La nervosité ambiante avant la parution des résultats de plusieurs grosses sociétés high-tech nippones a également dissuadé les investisseurs d’acheter dans un marché déjà traumatisé par deux semaines de forte instabilité dont la source se trouve à Wall Street. Nortel, le numéro deux mondial des équipements de télécoms, a dit mardi que les ventes de réseaux optiques ont augmenté de 90 % en juillet-septembre, alors que les analystes espéraient 120 à 125 %.
C’était le calme plat hier sur le marché des changes de Beyrouth en attendant le nouveau gouvernement présidé par M. Rafic Hariri dont la formation est prévue pour demain. Dans cette attente, les opérateurs ont préféré opter pour le «wait and see» en manipulant leurs positions de change. De ce fait, l’offre et la demande du dollar ne tardaient pas à se contracter, pendant que la Banque du Liban (BDL) maintenait en l’état sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente du billet vert. En procédant de la sorte, celle-ci est parvenue à le faire clôturer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais compte tenu aussi bien de la réticence de l’offre que de la demande en cette monnaie, les établissements de crédit ont été amenés à...