Un ouvrage dû à la plume du directeur de recherches à l’Institut français de la mode, Bruno Remaury, («Beau sexe faible», Éd. Grasset), analyse ce désir si commun à notre époque d’être belle. «Ce qui est devenu la règle aujourd’hui, écrit ce spécialiste d’anthropologie sociale, ce n’est pas le fait de se voir imposer des modèles de beauté – ils ont toujours existé – c’est de s’entendre dire sans cesse qu’elle peut l’être, si elle le veut. La démocratisation des techniques des soins de beauté a entraîné un changement radical en faisant passer la femme d’un “Vous devez être belle” comme à toutes les époques, à un “Vous pouvez être belle si vous le voulez”. En ajoutant l’illusion de l’accessibilité au devoir de beauté». Pour ce théoricien du mieux paraître cosmétologie, sport, hygiène et chirurgie imposent le principe de «la beauté pour tous». En faisant donc miroiter la possibilité d’une perfection libérée de l’esclavage des rides et des ans, de la crainte de l’usure et de sa laideur, c’est les consciences qu’on asservit... Désormais, la conscience se trouve partie prenante elle-aussi, elle joue même un rôle actif à l’implacable jeu des apparences... Est-ce là le vrai progrès, se demande ce penseur, lui-même attelé au char de la mode. Abolir le hasard en saisissant l’offre perpétuellement proposée de se mettre au service de son propre corps, n’est-il pas devenir partie prenante et agissante dans le jeu, si décrié, des apparences? Même si on estime que la mode et le culte des apparences font vivre de larges franges de la population mondiale, de plus en plus nombreuses car épargnées des grands fléaux d’autrefois, on ne peut pas nier le bien-fondé de l’argumentation de Bruno Remaury. D’autant plus que lui-même fait partie de l’institution dont il stigmatise les travers...
Un ouvrage dû à la plume du directeur de recherches à l’Institut français de la mode, Bruno Remaury, («Beau sexe faible», Éd. Grasset), analyse ce désir si commun à notre époque d’être belle. «Ce qui est devenu la règle aujourd’hui, écrit ce spécialiste d’anthropologie sociale, ce n’est pas le fait de se voir imposer des modèles de beauté – ils ont toujours existé – c’est de s’entendre dire sans cesse qu’elle peut l’être, si elle le veut. La démocratisation des techniques des soins de beauté a entraîné un changement radical en faisant passer la femme d’un “Vous devez être belle” comme à toutes les époques, à un “Vous pouvez être belle si vous le voulez”. En ajoutant l’illusion de l’accessibilité au devoir de beauté». Pour ce théoricien du mieux paraître cosmétologie,...
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