Le chef de la diplomatie panaméenne José Aleman n’a pas été en mesure d’expliquer lundi les raisons du retour précipité au Pérou de l’ex-chef du service de renseignements péruvien (SIN), Vladimiro Montesinos, en exil depuis un mois au Panama où il avait demandé l’asile politique. «Le départ de Montesinos, de la façon dont il s’est produit, signifie que le Panama n’a plus à prendre en considération sa demande d’asile politique», a indiqué José Aleman qui s’est déclaré «très étonné» par le départ précipité de l’ex-bras droit du président Alberto Fujimori. «Pour Panama, le dossier Montesinos est refermé», a pour sa part affirmé la présidente du Panama Mireya Moscoso, alors que dans les coulisses de la présidence, certains ne cachaient pas leur «soulagement» après le départ «de ce visiteur encombrant». Dès son arrivée à Panama le 24 septembre, Montesinos s’était présenté dans une lettre adressée à Mireya Moscoso comme «la victime d’une persécution éminemment politique menaçant son intégrité». Quelques jours plus tard, le gouvernement panaméen, qui avait refusé dans un premier temps d’accueillir Montesinos, acceptait sous la pression de plusieurs chefs d’État latino-américains et de l’Organisation des États américains (OEA) de réexaminer le dossier de l’ancien chef du SIN. Avec insistance, le secrétaire général de l’OEA, Cesar Gaviria, demandait au gouvernement panaméen de prendre en considération, dans l’examen de ce dossier, «le maintien de l’équilibre démocratique au Pérou». Toutefois, confronté dans son pays au mécontentement de nombreux élus de tout bord et de plusieurs associations de défense des droits de l’homme, la présidente Moscoso décidait «de prendre le temps nécessaire à l’examen du cas Montesinos» avant de prendre une décision. Depuis une semaine, l’un de ses avocats, Renato Pereira, multipliait les interventions, précisant que «la vie de Montesinos est en danger, menacé par la guérilla péruvienne et par les cartels colombiens de la drogue qui ont été démentelés grâce au travail du service de renseignements qu’il dirigeait». Me Pereira, qui fut ministre de la Justice dans le gouvernement formé par l’ex-dictateur, le général Noriega (1984-1989), a expliqué lundi fugitivement que son client avait reçu dernièrement «des menaces de mort du Sentier Lumineux». Toutefois, personne n’était en mesure de préciser officiellement lundi quelles garanties de sécurité avaient été offertes à Montesinos pour le décider de retourner au Pérou, même si dans les milieux diplomatiques certains, sous couvert de l’anonymat, évoquaient «le rôle déterminant dans ce genre de transaction que peuvent exercer les États-Unis». À l’annonce de son retour, le président du Conseil des ministres péruvien, Federico Salas, a déclaré pour sa part que «si Montesinos veut revenir au Pérou, rien ne l’en empêche», tout en ajoutant que sa présence dans le pays pourrait être un facteur de trouble.
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