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Actualités - Chronologie

DHEA: la pilule qui combat le vieillissement

Ni hormone de l’éternelle jeunesse ni escroquerie scientifique. La DHEA (déhydroépiandrostérone) est une hormone sécrétée par les glandes surrénales, identifiée il y a près d’un demie-siècle mais jusqu’assez récemment considérée par les endocrinologues comme «un androgène faible» sans importance majeure. Durant les dernières décades du vingtième siècle, des études se mirent à signaler que le taux bas de cette hormone favorisait l’apparition de maladies dégénératives propres à l’âge avancé. Quelques essais préliminaires sont venus confirmer par des résultats positifs le bien-fondé de cette hypothèse. En 1995, le Pr Etienne-Émile Baulieu, de l’Inserm (France), annonce son intention de mener une enquête approfondie à grande échelle sur la supplémentation en DHEA, le Pr Baulieu étant celui qui, en 1960, avait découvert le lieu de production du sulfate de la DHEA: la glande surrénale. Les résultats de ses travaux ont été publiés le 11 avril 1998 dans les Proceedings of the National Academy of Sciences. Portant sur 280 volontaires (répartis en quatre groupes) soumis pendant un an à la prise quotidienne de 50 mg de DHEA pour une partie et un placebo pour l’autre. Un bilan trimestriel très minutieux enregitrait jusqu’aux moindres effets de la prise (ou non) de la supplémentation hormonale. À leur insu, tous les participants étaient ainsi «disséqués» sous tous les aspects, durant un an. Les conclusions ont été rendues publiques, comme signalé plus haut, en avril passé. «Prise à la dose de 50 mg / jour pendant un an, concluait le Pr Baulieu, la DHEA normalise certains effets du vieillissement mais ne crée pas de super-hommes ou femmes». Ce qui, en d’autres termes, précise que la DHEA n’est pas l’élixir de jonvence ni la fontaine de l’éternelle jeunesse. Tout simplement elle combat ou retarde les manifestations de l’usure des ans. Sans oublier toutefois que les 280 volontaires de l’étude étaient tous, autant ceux qui récevaient l’hormone que ceux à qui on administrait le placebo, au départ en bonne forme générale, très dynamiques, très préoccupés du vieillissement. Bon nombre d’entre eux, en outre, étaient socialement et intellectuellement favorisés. Selon le Pr Baulieu, les résultats les plus importants de son étude sont la tolérance à la molécule. Autant sur le plan chimique que biologique. Vient ensuite le résultat sur l’ossature. La DHEA possède une action anti-ostéoporose. Des études encore en cours sont en train de mesurer avec précision cette action. Sur la peau, l’hormone entraîne une stimulation de la production du sébum, une amélioration de l’hydratation cutanée et une dépigmentation. L’action sur la sexualité Si les résultats des études menées aux États-Unis et ailleurs étaient contradictoires, ceux du Pr Baulieu confirment l’action positive de la DHEA sur la libido. Comme pour l’os et la peau, les résultats ont été les plus bénéfiques chez les femmes dans la tranche d’âge la plus élevée (entre 70 et 80 ans). Les manifestations sont nettes au bout de six mois et très manifestes après un an de cure. Il reste maintenant à déterminer avec précision qui peut prendre cette miraculeuse pilule, quand et comment. D’après le Pr Baulieu, la DHEA a une place dans le traitement de la dépression (en association avec d’autres médicaments spécifiques) et les troubles sexuels. Il semblerait, par ailleurs, qu’a priori on pourrait en consommer régulièrement à partir d’un certain âge. Mais il serait prématuré de répondre positivement à l’état actuel des connaissances. Il est à signaler à ce propos que la seconde partie de l’étude (DHEAge) a débuté en mai dernier. Elle apportera sans doute des éléments et des réponses complémentaires sur plusieurs plans. En Europe, la commercialisation dépendra de l’éventuel intérêt d’un laboratoire. Aux États-Unis, la vente du produit est libre.
Ni hormone de l’éternelle jeunesse ni escroquerie scientifique. La DHEA (déhydroépiandrostérone) est une hormone sécrétée par les glandes surrénales, identifiée il y a près d’un demie-siècle mais jusqu’assez récemment considérée par les endocrinologues comme «un androgène faible» sans importance majeure. Durant les dernières décades du vingtième siècle, des études se mirent à signaler que le taux bas de cette hormone favorisait l’apparition de maladies dégénératives propres à l’âge avancé. Quelques essais préliminaires sont venus confirmer par des résultats positifs le bien-fondé de cette hypothèse. En 1995, le Pr Etienne-Émile Baulieu, de l’Inserm (France), annonce son intention de mener une enquête approfondie à grande échelle sur la supplémentation en DHEA, le Pr Baulieu étant celui...