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Actualités - Chronologie

GÉNÉTIQUE - Le problème des recherches sur l’embryon Adam, bébé éprouvette

Le succès apparent d’une greffe réalisée sur une petite fille avec les cellules de son frère, créé spécifiquement dans ce but, relance l’intérêt pour l’utilisation d’embryons pour la recherche, une technique très critiquée pour des raisons scientifiques et éthiques. Molly six ans, atteinte d’une maladie génétique, avait reçu en septembre des cellules de son frère Adam, bébé éprouvette conçu pour la sauver. L’un des médecins responsables de la greffe à l’Université du Minnesota à Minneapolis, le Dr John Wagner, vient d’annoncer à la presse avoir «des preuves que la greffe des cellules du donneur a pris». «Les analyses sanguines sont bonnes» et «l’avancement de la guérison est meilleur que nous n’espérions», a-t-il indiqué. Le médecin a précisé que douze autres familles tentaient actuellement de suivre le même processus que les parents de Molly, pour traiter un enfant malade, et deux d’entre elles en sont même au stade de la grossesse, a-t-il précisé. Les greffes de cellules se pratiquent couramment. Mais cette fois-ci, l’embryon qui a permis la naissance d’Adam avait été choisi parmi dix autres parce qu’il ne présentait pas le défaut génétique causant l’anémie de Fanconi dont souffre sa sœur. Le Dr Mario Capecchi, un généticien de l’Université de l’Utah, n’est pas opposé a priori aux recherches sur l’embryon. Mais «je suis contre le fait de créer des embryons dans un autre but que d’avoir un enfant», a-t-il dit. «La première raison (de procréer) n’est pas d’aider une autre personne mais d’avoir un enfant», a-t-il ajouté en rappelant qu’Adam avait été souhaité pour soigner sa sœur. Prévenir des maladies Le Dr Yury Verlinsky, directeur du département de génétique et de procréation à l’institut de Chicago à l’origine de la sélection d’Adam, avait défendu son expérience en soulignant que «cette technique nous donne la possibilité de prévenir un tas de maladies mortelles chez des enfants par le biais de greffes en provenance d’embryons bien portants». Le diagnostic pré-implantatoire (DPI), qui a permis de déterminer que l’embryon du futur Adam ne portait pas les gènes défectueux de sa sœur, est régulièrement utilisé par des parents ayant recours à la procréation médicale assistée, avait-il noté. Le Dr Wagner, tout en se félicitant du résultat de l’opération de Molly, a reconnu qu’il fallait tout de même «avoir une attitude responsable face aux recherches sur les embryons». Mais «nous devons aussi admettre qu’elles peuvent présenter de réels avantages» pour les malades, a-t-il déclaré. Après avoir longtemps hésité à autoriser les travaux sur les embryons dans les établissements alimentés par les fonds fédéraux, les États-Unis ont décidé l’été dernier d’encourager la recherche scientifique sur le clonage de cellules et de tissus embryonnaires. Mais ils ont entouré cette initiative de garde-fous très stricts pour empêcher tout dérapage éthique. Ainsi, les fonds publics concernant des études sur des cellules d’embryons humains «ne pourront être utilisés que si les cellules sont dérivées d’embryons congelés déjà créés en vue du traitement de l’infertilité» et qui étaient en excédent, soulignaient les Instituts nationaux de la santé (NIH) dans leur directive. D’autre part, affirmaient-ils, il n’y aura pas «d’incitation financière ou autre pour les dons d’embryons». Le problème, rappelle le Dr Capecchi, est que «personne n’est d’accord sur le moment où l’embryon devient un être vivant» à part entière. Pour lui, la solution pour faire avancer les recherches sur la génétique à des fins de traitement viendra plutôt des travaux sur les cellules souches, ou indifférenciées, provenant d’adultes.
Le succès apparent d’une greffe réalisée sur une petite fille avec les cellules de son frère, créé spécifiquement dans ce but, relance l’intérêt pour l’utilisation d’embryons pour la recherche, une technique très critiquée pour des raisons scientifiques et éthiques. Molly six ans, atteinte d’une maladie génétique, avait reçu en septembre des cellules de son frère Adam, bébé éprouvette conçu pour la sauver. L’un des médecins responsables de la greffe à l’Université du Minnesota à Minneapolis, le Dr John Wagner, vient d’annoncer à la presse avoir «des preuves que la greffe des cellules du donneur a pris». «Les analyses sanguines sont bonnes» et «l’avancement de la guérison est meilleur que nous n’espérions», a-t-il indiqué. Le médecin a précisé que douze autres familles tentaient...