Le président somalien, Abdoulkassim Salat Hassan, qui tente de restaurer l’image de son pays sur la scène internationale après dix ans de guerre civile, a affirmé sa proximité avec le monde arabe et islamique, samedi, lors du sommet arabe au Caire. «La Somalie n’hésite pas à se mettre du côté du monde arabe, quels qu’en soient le sacrifice et le prix», a déclaré, devant les 21 autres membres de la Ligue arabe, le président somalien, le premier depuis près de dix ans, dans ce pays déchiré par les luttes intestines. M. Salat a été élu fin août dans la République voisine de Djibouti par une Assemblée représentant différents clans somaliens. La Somalie a adhéré en 1974 à la Ligue arabe mais était depuis 1991 représentée aux réunions de l’Organisation panarabe par son ambassadeur au Caire. «La Somalie respectera toutes les résolutions du sommet» arabe, a ajouté le président somalien, qui, bien qu’il s’en défende, a la réputation d’être proche des membres des tribunaux islamiques installés dans plusieurs régions du pays. Ces tribunaux sont dominés par le clan Haber Gedir auquel appartient M. Salat. Au cours de son intervention, il a condamné les tentatives d’«extermination» du peuple palestinien et a demandé au Conseil de sécurité de l’Onu «d’assumer ses responsabilités pour faire cesser immédiatement l’agression israélienne». Le nouveau dirigeant somalien a demandé également la création d’une commission d’enquête internationale sur les affrontements dans les territoires palestiniens, l’une des revendications palestiniennes. Suivant une proposition dont le principe a été adopté jeudi en réunions préparatoires du sommet arabe, il a enfin souhaité que les responsables israéliens des «crimes» commis contre les Palestiniens soient traduits devant un tribunal international, «comme au Kosovo ou au Timor». M. Salat avait démarré sa première tournée internationale, début septembre, en participant à un Conseil ministériel de la Ligue arabe, au Caire. En sortant de cette réunion, le président palestinien Yasser Arafat l’avait spectaculairement pris par le bras pour le conduire vers un grand restaurant proche. Élu par la conférence de réconciliation de Djibouti, le nouveau président de Somalie dispose du soutien de la société civile, des intellectuels, des organisations non gouvernementales et de la diaspora, lassés par une décennie de luttes claniques et de famines, selon les observateurs. Mais il lui reste à imposer son pouvoir face aux «seigneurs de guerre», tout puissants dans leurs fiefs, appuyés par des milices armées, tant dans la capitale que dans le reste du pays. Et d’engager une éventuelle réconciliation avec la République autoproclamée du Somaliland (au nord-ouest de la Somalie) et la région autoproclamée du Puntland (au nord-est), qui ne reconnaissent pas sa légitimité. Il bénéficie toutefois également du soutien des membres des tribunaux islamiques, qui ont un pouvoir important au sud de la capitale somalienne, et sont eux aussi à la tête de milices armées. La guerre civile, qui a précédé et suivi la chute de Mohammed Siad Barré en janvier 1991, a entraîné, selon les estimations courantes, la mort de 300 000 personnes, victimes de la guerre ou des famines. En mai 1991, après le renversement de Siad Barré, une conférence réunie à Djibouti en présence de six factions avait désigné comme président intérimaire Ali Mahdi Mohammed. Mais son retour à Mogadiscio avait plongé la capitale dans la guerre civile, en raison de l’opposition de son rival, le général Mohammed Farah Aïdid. Début octobre, M. Hassan, poursuivant ses tentatives de restauration d’une autorité nationale, a nommé un Premier ministre, Ali Khalif Galaydh, qui, selon ses détracteurs, appartient à un mouvement fondamentaliste, al-Islah, tout comme le président Hassan.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président somalien, Abdoulkassim Salat Hassan, qui tente de restaurer l’image de son pays sur la scène internationale après dix ans de guerre civile, a affirmé sa proximité avec le monde arabe et islamique, samedi, lors du sommet arabe au Caire. «La Somalie n’hésite pas à se mettre du côté du monde arabe, quels qu’en soient le sacrifice et le prix», a déclaré, devant les 21 autres membres de la Ligue arabe, le président somalien, le premier depuis près de dix ans, dans ce pays déchiré par les luttes intestines. M. Salat a été élu fin août dans la République voisine de Djibouti par une Assemblée représentant différents clans somaliens. La Somalie a adhéré en 1974 à la Ligue arabe mais était depuis 1991 représentée aux réunions de l’Organisation panarabe par son ambassadeur au Caire. «La...