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Actualités - Chronologie

L’économie au bord de la banqueroute

La situation économique de la Côte d’Ivoire, locomotive de toute la région, en rupture avec la plupart de ses bailleurs de fonds, n’a cessé de se dégrader pendant la «transition militaire» qui devrait s’achever le 22 octobre avec l’élection présidentielle. À son arrivée au pouvoir, en décembre 1999, la junte avait affirmé avoir trouvé «les caisses vides». Le régime du président déchu, Henri Konan Bédié, dénoncé pour sa «mauvaise gouvernance», s’était déjà attiré les foudres du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM) qui avaient suspendu leur programme d’ajustement depuis un an. Après neuf mois de régime militaire, la situation a empiré. Malgré les efforts fournis pour ne pas faillir à ses engagements internationaux, la Côte d’Ivoire n’est pas parvenue à honorer les échéances de la plupart de ses dettes. Elle a ainsi accumulé de nouveaux arriérés à l’égard de l’Agence française de développement (AFD), de la BM et de la Banque africaine de développement. L’AFD a suspendu ses décaissements depuis la mi-septembre pour défaut de paiement et la BM menace de faire de même si la Côte d’Ivoire ne paie pas au 30 octobre quelque 40 millions de dollars d’arriérés. Le ministre socialiste de l’Économie et des Finances, Mamadou Koulibaly, avait récemment indiqué que le pays n’avait pu honorer que 230 milliards de F CFA (2,3 milliards de FF) de dettes sur un total annuel de 800 milliards. Le régime a immédiatement réitéré son intention de «respecter ses engagements» financiers internationaux mais n’en a visiblement pas les moyens. Les tensions de trésorerie, vives depuis des mois, se sont accrues au dernier trimestre et le ministre avait reconnu qu’il serait difficile en octobre de payer à la fois les salaires, les élections et la dette. Le gouvernement a rassuré en début de semaine les fonctionnaires en annonçant que les salaires seraient payé le 20 octobre, avec quelques jours d’avance sur le terme habituel. Par manque de fonds, extérieurs et propres, l’État a dû renoncer aux investissements prévus, aggravant ainsi le ralentissement de l’activité économique. Les investissements privés, nationaux et internationaux, sont également quasiment tous suspendus. Cette méfiance, perceptible après le putsch, s’est accrue après la mutinerie des 4 et 5 juillet qui a été l’occasion d’importants pillages à Abidjan et en province. Selon les termes employés par le poste d’expansion économique français à Abidjan, «la période est à l’inquiétude et à l’attentisme». La crise a été amplifiée par la chute des cours du cacao dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial. La hausse de la production, qui a atteint selon le ministère de l’Agriculture le record de 1,4 million de tonnes, n’a pas compensé cette baisse des cours qui s’est traduite par des recettes fiscales en dessous des attentes et une chute des revenus des paysans. Cette baisse du pouvoir d’achat s’est traduite notamment par une diminution de la scolarisation, selon la presse nationale qui a noté le faible nombre d’inscriptions pour la rentrée 2000-2001. Témoins de la morosité économique, les importations en provenance de France ont encore diminué par rapport à 1999, notamment les biens d’équipement (-6 %), le secteur automobile (-35 %) et les biens intermédiaires, destinés aux productions de l’industrie locale (-21 %). Au premier semestre de l’année, la production manufacturière ivoirienne a chuté de 8 %, selon la direction de la prévision et de la conjoncture économique. La croissance du PIB était estimée pour cette année à moins 1 % mais, selon les analystes, elle pourrait être encore revue à la baisse.
La situation économique de la Côte d’Ivoire, locomotive de toute la région, en rupture avec la plupart de ses bailleurs de fonds, n’a cessé de se dégrader pendant la «transition militaire» qui devrait s’achever le 22 octobre avec l’élection présidentielle. À son arrivée au pouvoir, en décembre 1999, la junte avait affirmé avoir trouvé «les caisses vides». Le régime du président déchu, Henri Konan Bédié, dénoncé pour sa «mauvaise gouvernance», s’était déjà attiré les foudres du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM) qui avaient suspendu leur programme d’ajustement depuis un an. Après neuf mois de régime militaire, la situation a empiré. Malgré les efforts fournis pour ne pas faillir à ses engagements internationaux, la Côte d’Ivoire n’est pas parvenue à...