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Actualités - Chronologie

Un « Monsieur Euro » controversé

Travailliste converti dans les années 70 aux vertus de la monnaie forte, le Néerlandais Wim Duisenberg voit son bilan, après 20 mois à la tête de la Banque centrale européenne, assombri par la dégringolade de l’euro et certains commentaires malencontreux. Né le 9 juillet 1935 à Heerenveen, ce représentant d’un pays fier de son statut de «plus grand des petits» membres de l’Union européenne présente un parcours plutôt atypique pour un banquier central. Après avoir occupé dès l’âge de 30 ans un poste au FMI à Washington, de 1965 à 1969, c’est dans la politique qu’il fait véritablement ses premières armes : en tant que ministre des Finances d’un des gouvernements les plus à gauche qu’aient connus les Pays-Bas dans l’après-guerre. Membre du Parti travailliste, cet homme à la démarche voûtée d’aigle et à la chevelure blanche rebelle s’y taille une réputation de keynésien. Avant que les chocs pétroliers des années 1970 ne le transforment en un chantre de la rigueur financière. C’est cette métamorphose qui amènera les Allemands à en faire leur candidat pour la première présidence de la Banque centrale européenne, au grand dam des Français qui redoutaient de voir un «clone» de l’intraitable Bundesbank prendre la tête de la politique monétaire de la zone euro. Les relations entre Paris et ce Néerlandais de 65 ans – qui doit diriger la BCE en principe jusqu’en 2006, même si beaucoup s’attendent à ce qu’il cède sa place à mi-parcours en 2002 – sont depuis restées aigres-douces. M. Duisenberg, qui a pris goût au surnom de «Monsieur Euro» après avoir dirigé pendant 15 ans la Banque centrale de son pays, n’a pas oublié la pique de l’ex-président Valéry Giscard d’Estaing qui parlait encore en mai dernier à son sujet d’une «erreur de casting». En retour, le président de la BCE n’a pas hésité à tancer publiquement la France pour ses «cadeaux» fiscaux aux chauffeurs routiers et ce qu’il considère comme son manque d’empressement à réduire ses dépenses budgétaires en période de croissance. Passionné de voile, il veille jalousement à garder le contrôle du navire de la BCE face aux vélléités des politiques de la zone euro de s’immiscer dans ses affaires. Au risque de faire naître de solides inimitiés. Le spectaculaire décrochage de «sa» monnaie face au dollar – elle a perdu 28 % de sa valeur face au billet vert depuis son lancement – a toutefois sérieusement terni son image. Et la politique de communication généreuse de ce bon vivant, qui détonne face au mutisme de son alter ego Alan Greenspan – devenu pour sa part un modèle d’efficacité à la tête de la Réserve fédérale américaine – s’est retournée contre lui : les sobriquets peu flatteurs tels «Wim l’imbécile» ou «Wim le gaffeur» commencent à fleurir dans la presse. L’interview de cette semaine au Times, dans laquelle M. Duisenberg a imprudemment semblé exclure une intervention des banques centrales, a relancé les interrogations sur sa capacité à diriger une institution aussi importante que la BCE en période de turbulences. Toutefois, nombre d’analystes estiment exagérées les critiques à son égard. Ils font valoir qu’il a réussi à remplir sa mission première : le maintien de la valeur «interne» de l’euro, la stabilité des prix. «Il serait absurde de le blâmer pour la faiblesse de l’euro. Ceux que l’on doit pointer du doigt sont les politiques qui n’ont pas mis en œuvre les réformes suffisantes pour que l’économie européenne soit aussi dynamique que celle des États-Unis», souligne Han de Jong, analyste à la banque ABN Amro.
Travailliste converti dans les années 70 aux vertus de la monnaie forte, le Néerlandais Wim Duisenberg voit son bilan, après 20 mois à la tête de la Banque centrale européenne, assombri par la dégringolade de l’euro et certains commentaires malencontreux. Né le 9 juillet 1935 à Heerenveen, ce représentant d’un pays fier de son statut de «plus grand des petits» membres de l’Union européenne présente un parcours plutôt atypique pour un banquier central. Après avoir occupé dès l’âge de 30 ans un poste au FMI à Washington, de 1965 à 1969, c’est dans la politique qu’il fait véritablement ses premières armes : en tant que ministre des Finances d’un des gouvernements les plus à gauche qu’aient connus les Pays-Bas dans l’après-guerre. Membre du Parti travailliste, cet homme à la démarche voûtée...