La session spéciale de la commission des droits de l’homme peinait hier à Genève à dégager un consensus sur la réponse à apporter à la violence entre Israéliens et Palestiniens, les pays arabes et musulmans poussant à la constitution d’une commission d’enquête internationale. Après deux jours de débats, pendant lesquels les deux camps se sont rejeté mutuellement la responsabilité de ces violences, les diplomates se sont donné un jour supplémentaire pour tenter de parvenir à un consensus qui tiendrait compte des résultats du sommet de Charm el-Cheikh (Égypte). Mardi, le Premier ministre israélien Ehud Barak et le chef de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat ont accepté d’appeler à la cessation de la violence, à la mise en place d’une «commission d’établissement des faits» sur l’origine de ces violences et à la relance du processus de paix. À Genève, projets et contre-projets s’opposent. Les pays arabes et musulmans exigent une commission d’enquête internationale, ou à tout le moins un «procédure d’enquête» sur les violations des droits de l’homme dans les territoires occupés par Israël. Cette commission ou «procédure» devrait être distincte de celle décidée à Charm el-Cheikh, «aux mains des Américains», selon des diplomates arabes à Genève, Washington ayant obtenu un droit de regard sur sa composition. Pour leur part, les pays de l’Union européenne souhaitent que «la commission des droits de l’homme ne nuise pas aux efforts en cours pour rétablir la paix», a déclaré, au nom des quinze membres de l’Union, l’ambassadeur français Philippe Petit. Autrement dit, l’UE, qui bénéficie du soutien des autres pays de l’Europe candidats à l’Union, refuse une autre instance d’enquête que celle décidée à Charm el-Cheikh. De plus, fait-on remarquer, la décision a été prise dans un pays arabe avec le soutien de l’Égypte et de la Jordanie, tous deux membres de la Ligue arabe. Israël, par la voix de son ambassadeur, Yaakov Levy, a mis en garde la commission contre tout ce qui pourrait compliquer la situation actuelle, à la fois diplomatique et sur le terrain. En ouvrant mardi cette session spéciale – la cinquième du genre –, Mary Robinson, haut-commissaire aux droits de l’homme, avait proposé trois options : la constitution d’une commission d’enquête comme le réclame depuis fin septembre Yasser Arafat, l’introduction «d’une composante droits de l’homme» dans celle décidée à Charm el-Cheikh ou un simple soutien aux décisions du sommet. Cette session avait été demandée par les pays arabes et musulmans avec le soutien de 47 des 53 États membres de la commission, seuls les Etats-Unis s’y étant opposés, les autres s’étant abstenus ou n’ayant pas pris part au vote. Faute d’accord, un vote pourrait être organisé sur le projet proposé par les pays arabes et musulmans, qui, jusqu’à présent, n’a recueilli que le soutien de dix pays. Quel que soit le résultat de la session spéciale à Genève, la diplomatie arabe aura au moins réussi à porter sur le devant de la scène onusienne la question palestinienne, souligne-t-on de sources diplomatiques.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La session spéciale de la commission des droits de l’homme peinait hier à Genève à dégager un consensus sur la réponse à apporter à la violence entre Israéliens et Palestiniens, les pays arabes et musulmans poussant à la constitution d’une commission d’enquête internationale. Après deux jours de débats, pendant lesquels les deux camps se sont rejeté mutuellement la responsabilité de ces violences, les diplomates se sont donné un jour supplémentaire pour tenter de parvenir à un consensus qui tiendrait compte des résultats du sommet de Charm el-Cheikh (Égypte). Mardi, le Premier ministre israélien Ehud Barak et le chef de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat ont accepté d’appeler à la cessation de la violence, à la mise en place d’une «commission d’établissement des faits» sur l’origine de ces...