Issus de milieux similaires, Al Gore et George W. Bush, deux anciens marathoniens, font en politique la course au centre, mais l’élection 2000 aux États-Unis pourrait bien se jouer sur les différences de personnalité. Candidat démocrate, le vice-président Gore, 52 ans, est un introverti, un rationaliste sérieux à la longue expérience politique, qui connaît à fond ses dossiers et veut les expliquer avec fougue. Ses critiques le jugent arrogant et trop fluctuant. Candidat républicain, George W. Bush, 54 ans, est un extroverti volontiers blagueur qui aime le contact humain. Bien que fils de président, le gouverneur du Texas est relativement néophyte sur la scène nationale, mais séduit l’homme américain loin de la capitale, montrent les sondages. Ses critiques le jugent trop léger pour un poste aussi important. Ces deux hommes combatifs ont bien des points communs, relèvent leurs biographes. Tous deux sont des rejetons choyés de bonnes familles de l’establishment. Aimés par des mères à la forte personnalité, ils ont admiré leur père. George W., aîné de six enfants, vient d’une lignée patricienne de Nouvelle-Angleterre (nord-est). Son père George Bush s’établit au Texas dans les années 50 pour y faire fortune dans le pétrole avant de se lancer en politique et de devenir président des États-Unis (1988-92). Albert Gore senior gravit tous les échelons depuis la campagne du Tennessee (sud-est) pour devenir un sénateur important. Basé à Washington, il forma son fils, Albert Jr, à devenir un jour président. Al eut une sœur aînée, morte depuis. Tous deux ont fait des études dans des universités célèbres, mais Gore semble avoir été plus studieux à Harvard que Bush à Yale. Ensuite, Al, réticent mais ne voulant pas gêner la carrière paternelle, fit son service militaire au Vietnam, alors que George W. resta aux États-Unis comme pilote de chasse dans la garde nationale. «Bush a été un peu plus rebelle, mais moins que d’autres étudiants de la génération du baby boom», estime le politologue Richard Semiatin. Aujourd’hui, les personnalités des deux candidats à la Maison-Blanche apparaissent bien différentes, souligne ce professeur de l’American University. «Al Gore est un individu très brillant, honnête, travailleur». Plus idéologue, plus partisan, le vice-président peut agacer comme un bon élève qui veut toujours répondre, dit-il. Au contraire, souligne cet observateur, Bush s’intéresse moins aux dossiers et aux détails, mais son intelligence est sous-estimée. «Il a confiance dans ses talents de communicateur». «Il aime être avec les gens, sait parler à l’autre bord (les démocrates) et sait décider», ajoute M. Semiatin. Chacun des candidats table sur des expériences différentes: Bush a connu le secteur privé, un passage dans l’industrie du pétrole, la présidence d’un club de base-ball, et, depuis six ans, la direction d’un grand État. Journaliste pendant sept ans, Gore est, lui, depuis 24 ans aux affaires comme parlementaire puis comme vice-président. Il a traversé les années Clinton pour le pire et le meilleur, se passionnant pour de nombreux sujets de politique intérieure, l’environnement (sur lequel il a écrit un best-seller) ou le désarmement. Au-delà de leurs désaccords sur la fiscalité ou l’avortement, les deux hommes ont cependant de quoi rassurer l’Amérique. Partisans de la peine de mort, sportifs, professant chacun un christianisme pratiquant, ils défendent la famille. Al et Tipper Gore, mariés depuis 30 ans, ont quatre enfants. George W. et Laura Bush, mariés depuis 23 ans, ont des jumelles. Le prochain président, note une revue sportive, sera un sportif. Mais Bush, qui renonça totalement à la cigarette puis à l’alcool, fut en son temps plus rapide sur le marathon que Gore, plus grand et plus carré.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Issus de milieux similaires, Al Gore et George W. Bush, deux anciens marathoniens, font en politique la course au centre, mais l’élection 2000 aux États-Unis pourrait bien se jouer sur les différences de personnalité. Candidat démocrate, le vice-président Gore, 52 ans, est un introverti, un rationaliste sérieux à la longue expérience politique, qui connaît à fond ses dossiers et veut les expliquer avec fougue. Ses critiques le jugent arrogant et trop fluctuant. Candidat républicain, George W. Bush, 54 ans, est un extroverti volontiers blagueur qui aime le contact humain. Bien que fils de président, le gouverneur du Texas est relativement néophyte sur la scène nationale, mais séduit l’homme américain loin de la capitale, montrent les sondages. Ses critiques le jugent trop léger pour un poste aussi important. Ces deux...