Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

La peine de mort, un sujet secondaire au Texas

S’il est un thème qui surgit rarement dans les interventions du gouverneur du Texas George W. Bush, c’est celui de la peine de mort. Au Texas, l’État américain détenteur du record des exécutions, le désintérêt est quasi absolu pour ce sujet qui suscite régulièrement une tempête de réprobation, notamment en provenance d’Europe. Les Texans se soucient apparemment peu d’être comparés, au rythme des injections mortelles, à des pays comme l’Iran, la Chine ou l’Arabie séoudite. Leur gouverneur a assuré n’avoir jamais refusé de grâce à un innocent. «Je suis convaincu que chaque personne exécutée au Texas, sous ma juridiction, était coupable du crime dont on l’accusait et a été jugée équitablement», déclarait-il récemment. «Il y a tout de même des choses plus importantes que de parler de cette question», s’insurge Dudley Sharp, l’un des porte-parole de l’association Justice For All, à Austin. Les sondages d’opinions au Texas démontrent que la peine de mort n’apparaît jamais dans la liste des préoccupations de ses habitants, plus enclins à choisir un gouverneur pour sa capacité à faire fructifier l’économie, le commerce, renforcer l’éducation, lutter contre la criminalité, améliorer la couverture médicale et garantir les retraites. «Nous votons en fonction de thèmes qui ont une influence sur notre vie quotidienne. La peine de mort n’en a aucune», insiste Dudley Sharp. Des étudiants rencontrés dans les dédales du bâtiment John B. Connally «Center for Justice», la faculté de droit de l’imposante Université du Texas, à Austin, expriment des opinions identiques. «Nous n’avons aucun état d’âme lorsque nous exécutons des personnes qui s’avèrent être des criminels», affirme sans sourciller Matthew Segal, 20 ans. Jeremy Kneszek, 21 ans, partage la même idée, mais avoue avoir traversé «deux phases de doute» lors de l’exécution de Karla Faye Tucker, une condamnée repentie en 1998, et Betty Lou Betts, une grand-mère de 62 ans en février dernier. «Nous n’aurons jamais de réponse à la question de savoir si nous avons exécuté des innocents, alors à quoi bon se triturer l’esprit», s’empresse d’ajouter le jeune homme à la mise soignée et aux cheveux coupés très court. Pourtant, cette interrogation – particulièrement vivace depuis que le gouverneur de l’Illinois George Ryan a déclaré un moratoire sur les exécutions dans son État où 13 condamnés à mort ont été innocentés ces dernières années – pourrait bien transformer la peine de mort en thème de campagne. Selon le démocrate Glen Maxey, qui siège à la Chambre des représentants du Texas, «des militants antipeine de mort sont actuellement en train de fouiller les dossiers de personnes déjà exécutées pour vérifier si certaines n’étaient pas innocentes». «Ils ne trouveront rien», assure Peggy Venable, une juriste indépendante qui a travaillé avec George W. Bush pour l’amélioration du système judiciaire texan. La loi texane confère au gouverneur le pouvoir de commuer une peine capitale en détention à vie, si la commission des grâces du Texas lui en fait la recommandation. En l’absence d’une telle recommandation, le gouverneur ne peut que réclamer un sursis de 30 jours. «Tous les membres de la commission des grâces sont nommés par le gouverneur. Ils font exactement ce qu’il veut», souligne cependant David Dow, professeur de droit à l’Université de Houston. Depuis l’élection de George W. Bush au poste de gouverneur en novembre 1994, 145 personnes ont été exécutées. Le Texas compte 446 détenus dans le couloir de la mort. Il est l’État américain qui applique le plus la peine capitale avec un tiers des exécutions.
S’il est un thème qui surgit rarement dans les interventions du gouverneur du Texas George W. Bush, c’est celui de la peine de mort. Au Texas, l’État américain détenteur du record des exécutions, le désintérêt est quasi absolu pour ce sujet qui suscite régulièrement une tempête de réprobation, notamment en provenance d’Europe. Les Texans se soucient apparemment peu d’être comparés, au rythme des injections mortelles, à des pays comme l’Iran, la Chine ou l’Arabie séoudite. Leur gouverneur a assuré n’avoir jamais refusé de grâce à un innocent. «Je suis convaincu que chaque personne exécutée au Texas, sous ma juridiction, était coupable du crime dont on l’accusait et a été jugée équitablement», déclarait-il récemment. «Il y a tout de même des choses plus importantes que de parler de cette...