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Actualités - Chronologie

Gao, un camouflet pour le régime chinois

 Pékin a vivement critiqué l’attribution du prix Nobel de littérature à l’écrivain et dramaturge chinois naturalisé français Gao Xingjian, vécue comme un nouveau camoulet du comité Nobel au régime communiste. La décision «montre une fois de plus que le prix Nobel est utilisé à des fins politiques, cela ne mérite pas de commentaire» a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Un porte-parole de l’Association chinoise des écrivains, émanation directe du régime, a repris le même thème tout en soulignant que le comité Nobel ne connaissait absolument pas la littérature chinoise. «Il y a plusieurs centaines d’écrivains chinois meilleurs que lui, ce qui prouve que le comité est très ignorant», a déclaré M. Jin Jianfan. La presse officielle restait totalement silencieuse sur l’attribution du prix Nobel de littérature à Gao, un écrivain contestataire qui avait eu maille à partir avec les autorités au début des années 80 en raison de son avant-gardisme. Ses livres sont introuvables en Chine. Seule l’agence semi-officielle Nouvelles de Chine a fait état de l’attribution du prix, en soulignant dans une courte dépêche que Gao était le premier Chinois à obtenir le prix de littérature depuis sa création il y a 100 ans, tandis que plusieurs sites web chinois mentionnaient très brièvement l’information. «C’est une nouvelle claque pour la Chine. Après avoir attendu pendant des années le prix Nobel de littérature, celui-ci est finalement accordé à un écrivain de langue chinoise qui a trahi en quittant le pays», relevait un diplomate occidental. La Chine, qui entretient traditionnellement des relations difficiles avec ses artistes, est d’autant plus furieuse contre le comité Nobel que ce dernier avait déjà attribué en 1989 le prix Nobel de la paix au dalaï-lama, le chef spirituel tibétain exilé en Inde – mais que Pékin considère comme un séparatiste. Pékin avait de surcroît fermement mis en garde l’année dernière le comité Nobel d’Oslo, qui attribue le prix de la paix, contre la tentation de récompenser les dissidents chinois en exil, Wang Dan et Wei Jingsheng. Gao est pratiquement inconnu en Chine, à l’exception de quelques cercles intellectuels qui ont accueilli le prix avec fierté, tout en se déclarant plutôt surpris. «Il est important dans la littérature chinoise, mais il n’est pas le plus important des écrivains», relevait Dai Qing, une journaliste dissidente, interdite de publication en Chine. «Le comité Nobel a enfin tenu compte de la littérature chinoise, c’était une nécessité historique (...). Cela va sûrement avoir un impact sur la culture chinoise», a commenté pour sa part Liu Xinwu, un ancien rédacteur en chef de Renmin Wenxue, l’une des revues littéraires les plus connues en Chine.
 Pékin a vivement critiqué l’attribution du prix Nobel de littérature à l’écrivain et dramaturge chinois naturalisé français Gao Xingjian, vécue comme un nouveau camoulet du comité Nobel au régime communiste. La décision «montre une fois de plus que le prix Nobel est utilisé à des fins politiques, cela ne mérite pas de commentaire» a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Un porte-parole de l’Association chinoise des écrivains, émanation directe du régime, a repris le même thème tout en soulignant que le comité Nobel ne connaissait absolument pas la littérature chinoise. «Il y a plusieurs centaines d’écrivains chinois meilleurs que lui, ce qui prouve que le comité est très ignorant», a déclaré M. Jin Jianfan. La presse officielle restait totalement silencieuse...