L’arrivée la semaine dernière de M. Vojislav Kostunica à la présidence de la République marque le début d’une politique d’ouverture tous azimuts entre la République fédérale de Yougoslavie (RFY) et l’Occident. Isolée pendant des années en raison de la politique de l’ex-président Slobodan Milosevic, la RFY sous la direction de M. Kostunica a rétabli depuis le 7 octobre, date de son investiture, des contacts avec l’Union européenne et les États-Unis, qui ont permis la levée immédiate d’une partie des sanctions internationales. Cette initiative diplomatique du président Kostunica devrait culminer avec sa participation au sommet de l’UE à Biarritz, auquel il a été invité par le président français Jacques Chirac. L’ouverture diplomatique de la RFY a commencé avec la visite-éclair le 6 octobre du chef de la diplomatie russe Igor Ivanov et a fait basculer la situation, contribuant à la reconnaissance du nouveau président Kostunica sur la scène internationale. Cette mission russe a précédé l’aveu public par M. Milosevic de sa défaite après l’élection présidentielle du 24 septembre et le soulèvement populaire qui a l’a balayé du pouvoir. Fidèle à la promesse qu’il a faite devant 300 000 manifestants le 5 octobre à Belgrade, M. Kostunica a tout d’abord rencontré des dignitaires des pays «amis» : la Grèce, la Norvège et la France. Le chef de la diplomatie grecque Georges Papandréou et son homologue norvégien Thorbjoern Jagland ont été les premiers Occidentaux à féliciter M. Kostunica et ils ont assisté à sa prestation de serment le 7 octobre. La levée des sanctions de l’UE contre la Yougoslavie le 9 octobre a été prise avant la visite du ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, accueilli par M. Kostunica en tant que représentant d’un «peuple ami» de la Serbie. «Nous avons fait des propositions et tracé des perspectives pour un rapprochement entre la République fédérale de Yougoslavie et l’Union européenne», a dit M. Védrine qui avait alors annoncé un rétablissement «très rapide» des relations diplomatiques franco-yougoslaves. Au début des bombardements de l’Otan en mars 1999, Belgrade avait rompu ses relations avec la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis et l’Allemagne. Toutefois, l’ouverture internationale de M. Kostunica ne se limite pas au cadre de l’Europe. Le 11 octobre, il affirmait que les relations avec Washington seraient «normalisées» après l’annonce de la levée d’une partie des sanctions américaines contre la RFY. Dans la foulée, une rencontre avec James O’Brien, l’envoyé spécial du président Bill Clinton pour les Balkans, était organisée. M. Clinton a déclaré que la levée des sanctions était «une première étape pour mettre fin à l’isolement de la Serbie» sur la scène internationale. Pourtant, en dépit des messages de soutien à la démocratisation de la Yougoslavie, de la levée des sanctions et de l’annonce d’assistance et d’investissements lors de chaque visite d’un dirigeant occidental à Belgrade, l’intégration de la RFY au sein de la communauté internationale paraît encore lointaine. Le président Kostunica a hérité d’un obstacle de taille : le respect de la résolution 1244 de l’Onu sur le Kosovo. L’actuel refus de livrer M. Milosevic au Tribunal pénal international (TPI) de La Haye qui l’a inculpé pour crimes de guerre, devrait également compliquer les relations de M. Kostunica avec ses nouveaux partenaires, surtout avec Washington.
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