Le Liban pouvait nourrir toutes les craintes avant ce premier match de Coupe d’Asie contre une équipe d’Iran, triple vainqueur de l’épreuve et avec une double participation à la Coupe du monde (1978 et 1998) et une victoire en prime sur les États-Unis. Débuter une compétition de cette importance devant 50 000 spectateurs ne relevait certes pas de la promenade – loin de là. D’autant qu’il s’agissait de la première participation du Liban à un tournoi d’envergure. Dès le début de la partie, les Iraniens ne se laissaient pas intimider malgré un dégagement du gardien iranien dans les pieds de Gilberto. Pendant les 10 premières minutes, le jeu se déroulait au milieu de terrain, les deux équipes jouant en 3-5-2, donc avec milieu renforcé, craignant les attaquants adverses. Au bout de 15 minutes, les Iraniens augmentaient leur pression et après plusieurs attaques infructueuses, un coup franc sur la droite du gardien libanais Ahmed Sakr sur la tête de Karim Bagheri donnait l’avantage à l’Iran devant une défense libanaise statique. Un à zéro après 19 minutes de jeu, et cela allait s’avérer dur. Il semblait alors que Ali Daei et ses coéquipiers allaient dérouler tranquillement leur jeu jusqu’à la pause, tirant même sur le poteau droit de Ahmad Sakr. Dès le retour des vestiaires, Rida Antar et Newton de Oliveira allaient donner coup sur coup de tournis à la défense iranienne et rendre le match un peu plus ouvert. La bonne prestation des Libanais avec la rentrée de Haytham Zein et Moussa Hojeij à la place de Lewis Fernandez et de Rida Antar allait se poursuivre, donnant quelque espoir aux supporters locaux. À la 73e minute, une bonne préparation de Jamal Taha donnait la chance à Moussa Hojeij qui tirait proche du but iranien. Les Libanais venaient de rater d’une de leurs meilleures occasions de la soirée. Mais avec ce pressing, les Libanais laissaient à découvert leur ligne arrière. Les Iraniens d’ailleurs n’allaient pas tarder à en tirer profit : une contre-attaque fulgurante de Ali Daei, une bonne passe à Azizi qui donnait la balle à Istili, et ce dernier marquait le deuxième but pour son équipe après un bon travail dans la surface de réparation libanaise à la 75e minute. À ce moment, Josep Skoblar allait jouer son va-tout. Il faisait rentrer Vartan Ghazarian, un troisième attaquant, à la place de Newton de Oliveiria. La meilleure occasion de la partie, et la dernière est à l’actif de Moussa Hojeij à la 82e minute sur une passe de Haytham Zein. En professionnels aguerris, les Iraniens accentuaient leur avance et Istili inscrivait son 2e but personnel et le 3e de son équipe à la 85e minute, but qui allait abattre le moral des Libanais qui ne tardaient pas à encaisser un quatrième but de Ali Daei. Malgré sa défaite et grâce à une bonne prestation collective en seconde mi-temps, le Liban n’a pas encore hypothéqué ses chances de qualification pour les quarts de finale. Les Iraniens, avec cette large et logique victoire, vont pouvoir aborder avec une confiance accrue leur deuxième rencontre le dimanche contre la Thaïlande. Irak-Thaïlande : 2-0 Inégal le match Irak-Thaïlande ? C’est peu dire tant la suprématie des Irakiens aura été totale. De fait, à aucun moment, ils n’ont paru inquiétés par un adversaire dont le niveau technique demeure, quoi que l’on dise, faible. Le score final de 2-0 reflète assez mal la physionomie de la partie, dominée de bout en bout par une sélection irakienne dont les avants auraient pu – ou auraient dû – aisément alourdir la marque. En quelque sorte, la prestation du onze irakien au cours de ce match qui a constitué l’ouverture de la Coupe, a surpris plus d’un. C’est oublier un peu trop vite que le niveau du football pratiqué sur les bords du Tigre a toujours été excellent. La longue éclipse qui a marqué d’abord la guerre avec l’Iran, puis l’invasion du Koweït, enfin l’embargo qui a placé le pays pratiquement en quarantaine n’aura en rien réduit la qualité des joueurs irakiens. Certes, les Thaïlandais ont encore beaucoup de chemin à accomplir, mais cela n’enlève rien au mérite de leurs adversaires d’hier. Tirant la leçon de la rencontre, Assil Tabara, vice-président du Comité olympique irakien, a déclaré : «Nous pouvions mieux faire. Mais le premier match est toujours délicat. Il y a aussi le fait que nos joueurs ont été très affectés par l’humidité qui régnait. Quoi qu’il en soit, nous avons réussi à gagner trois points et cela conforte notre position au classement». Les deux buts de la partie ont été marqués par Kahtane Jassir à la 28e minute, puis par Haïdar Hammoud à la 59e minute. C’est l’arbitre japonais Toru Kimakao qui a dirigé la partie, assisté par Ali Khalifa (Qatar) et Tchouha Il (Corée).
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