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Actualités - Communiques Et Declarations

Arafat apparaît comme le vainqueur politique de la crise

Le président palestinien Yasser Arafat a retiré des gains maximum des émeutes anti-israéliennes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, qui semblaient devoir se poursuivre sous une forme atténuée. Malgré la mort de deux jeunes dans le nord de la Cisjordanie et à Gaza, la révolte palestinienne a diminué d’intensité depuis mardi, mais elle semblait loin d’être terminée. Plus que d’un arrêt, c’est d’un changement tactique dont il semblait s’agir. Le secrétaire général du Fateh (la principale composante de l’OLP) en Cisjordanie, Marwan Barghouthi, a ainsi affirmé avoir reçu de M. Arafat l’instruction d’«éviter les confrontations» avec l’armée israélienne. Mais M. Barghouthi a précisé que le leader palestinien ne lui avait pas demandé de mettre fin à la révolte palestinienne, qui devait se poursuivre par «des activités pacifiques», comme des manifestations. Or, celles-ci dégénèrent souvent en confrontations. La révolte «change, fluctue, mais n’est pas terminée», a déclaré un politologue palestinien de renom, qui a demandé à ne pas être nommé. «Nous ne reviendrons jamais à une situation “normale”», c’est-à-dire à celle qui prévalait avant les émeutes, qui ont débuté le 28 septembre, a-t-il dit. Pour Israël, le fait que M. Arafat, qui avait jusqu’alors laissé faire, ait donné des instructions au Fateh et que la violence ait aussitôt diminué prouve qu’il avait orchestré la flambée de violence à des fins politiques, ce que les Palestiniens nient. «Quand le président Arafat veut calmer le jeu, il sait très bien comment le faire», a commenté un porte-parole du gouvernement, Nachman Shaï. «Il a compris qu’Israël, et pas seulement Israël, attendait qu’il agisse ainsi et il a répondu», a-t-il dit. Le politologue cité précédemment est catégorique : la révolte palestinienne va continuer à un niveau moindre parce que sa poursuite place M. Arafat «dans une position très forte». «Vous pourrez avoir des jets de pierres un jour, des manifestations le suivant, une fusillade le troisième», estime-t-il, l’essentiel étant, selon lui, de maintenir la tension, car «ce niveau de tension est ce dont Arafat a besoin pour changer le cours des négociations» avec Israël. Depuis le début de ces émeutes, qui ont fait plus de 100 morts, M. Arafat, que M. Barak était parvenu à désigner au monde comme le responsable de l’échec du sommet de Camp David, en juillet, a réussi à renverser les rôles et à mettre le dirigeant israélien sur la défensive. «Il se trouvait dans une position très faible, mis sur la défensive par Barak et les Américains. Maintenant, il respire», dit-il. «Barak a perdu énormément de soutien dans la communauté internationale» en raison de la répression des manifestants par les forces de sécurité israéliennes, poursuit-il. M. Arafat a aussi bénéficié des erreurs de M. Barak, la plus sérieuse ayant été le lancement par ce dernier – apparemment pour des raisons de politique intérieure – d’un ultimatum de 48 heures au leader palestinien pour qu’il mette fin à la violence. Mais M. Barak a finalement cédé aux pressions internationales, essentiellement américaines, et accordé un délai supplémentaire de quatre jours à M. Arafat. Pour les Palestiniens, la signification est claire : «S’il (Barak) peut céder sur son ultimatum, il peut céder sur beaucoup d’autres choses», y compris durant les négociations lorsqu’elles reprendront. M. Arafat a aussi utilisé les émeutes comme un levier pour essayer d’obtenir une intervention internationale dans le conflit, l’un de ses objectifs de toujours. C’est ce qui explique son insistance pour obtenir la mise sur pied d’une commission internationale d’enquête avec la participation de l’Union européenne et de l’Égypte. Pour des raisons diamétralement opposées, Israël refuse une telle commission. Selon l’analyste palestinien, la révolte palestinienne continuera au moins jusqu’au sommet arabe qui doit avoir lieu au Caire les 21 et 22 octobre, car M. Arafat pense qu’il obtiendra plus de ce sommet si la tension persiste dans les Territoires.
Le président palestinien Yasser Arafat a retiré des gains maximum des émeutes anti-israéliennes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, qui semblaient devoir se poursuivre sous une forme atténuée. Malgré la mort de deux jeunes dans le nord de la Cisjordanie et à Gaza, la révolte palestinienne a diminué d’intensité depuis mardi, mais elle semblait loin d’être terminée. Plus que d’un arrêt, c’est d’un changement tactique dont il semblait s’agir. Le secrétaire général du Fateh (la principale composante de l’OLP) en Cisjordanie, Marwan Barghouthi, a ainsi affirmé avoir reçu de M. Arafat l’instruction d’«éviter les confrontations» avec l’armée israélienne. Mais M. Barghouthi a précisé que le leader palestinien ne lui avait pas demandé de mettre fin à la révolte palestinienne, qui devait se...