La tenue d’un sommet réunissant le Premier ministre israélien Ehud Barak et le président palestinien Yasser Arafat achoppait hier sur la création d’une commission d’enquête sur les émeutes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Les Palestiniens soumettent la tenue d’un sommet avec Israël à la création d’une commission d’enquête internationale, a affirmé hier le ministre palestinien de l’Information Yasser Abed Rabbo. «Il n’y a pas besoin d’organiser un sommet tripartite ou quadripartite (...) avant l’arrivée d’une commission d’enquête internationale», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à el-Bireh, près de Ramallah, en Cisjordanie. Selon lui, cette commission devrait «enquêter sur les crimes qui ont été commis (par Israël) et avoir un mandat permanent pour s’assurer que de tels crimes ne se reproduisent pas». Les Palestiniens voudraient qu’outre les États-Unis, Israël et eux-mêmes, l’Union européenne (UE) et l’Égypte fassent partie de cette commission. Mais Israël est totalement opposé à cette approche, comme le Premier ministre Ehud Barak l’a rappelé mardi. «Nous sommes pour une commission dirigée par les Américains et contre une commission internationale», a-t-il dit lors d’une conférence de presse conjointe avec le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan. Plutôt que d’une commission d’enquête, M. Barak préfère parler d’un vague organisme «pour vérifier et étudier les faits», dont les membres seraient les États-Unis, Israël et les Palestiniens. Sa seule concession concernerait la présence d’experts nommés par le secrétaire général de l’Onu, l’Union européenne et – apparemment à la demande de Washington – la Norvège. Le haut représentant pour la diplomatie de l’Union européenne Javier Solana s’est pourtant montré optimiste mercredi. «J’espère que nous pourrons parvenir dans les prochaines heures à une formule acceptée par tout le monde» sur la mise en place d’une commission d’enquête, a déclaré M. Solana à la presse au Caire à l’issue d’un entretien avec le chef de la diplomatie égyptienne Amr Moussa. Les discussions sont toujours axées sur «la structure» d’une telle commission mais «le principe» en a été accepté, a-t-il expliqué. Danny Yatom, conseiller de M. Barak pour les questions de sécurité, avait auparavant confirmé à la radio publique qu’Israël «s’en tient à propos de cette enquête à la formule récemment envisagée à Paris». Selon lui, cette formule prévoit que «les Américains doivent être chargés de l’enquête, en concertation avec des experts israéliens, palestiniens, européens, de l’Onu et éventuellement de la Norvège par souci d’objectivité». On est donc loin de la commission internationale requise par les Palestiniens. La raison fondamentale pour laquelle M. Barak refuse le principe d’une commission internationale est que, contrairement à M. Arafat, il veut éviter tout prétexte pour une intervention internationale dans le conflit israélo-palestinien. Le ministre israélien de la Coopération régionale Shimon Peres a, pour sa part, estimé mercredi qu’Israël n’avait rien à craindre d’une éventuelle commission d’enquête internationale. «Nous n’avons rien à craindre d’une telle commission d’enquête, car nous savons pertinemment que toutes les bêtises dont on nous a accusés, comme de projeter de détruire les mosquées, sont parfaitement fausses», a-t-il déclaré à la radio israélienne. «Nous savons aussi que les consignes données à l’armée israélienne ont invité à la retenue et nous savons enfin que la radio palestinienne a incité à la violence», a-t-il ajouté.
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