Washington a réaffirmé son espoir de voir le processus de paix israélo-palestinien relancé, malgré la crise électorale qui place les États-Unis en position de faiblesse et les incertitudes politiques en Israël. Le département d’État se refusait mercredi matin à commenter ce qu’un haut fonctionnaire américain appelait pudiquement «la situation politique complexe» en Israël après l’annonce d’élections anticipées. Washington, a-t-il toutefois déclaré sous couvert de l’anonymat, reste confiant dans le fait que les aléas politiques chez son principal allié au Proche-Orient ne constituent pas «la fin du processus de paix». Les États-Unis, a-t-il assuré, vont continuer de «faire tout ce qu’ils peuvent» pour mettre un terme à la vague de violence, qui a fait près de 300 morts en deux mois, principalement parmi la population arabe, et a mis le processus de paix entre parenthèses. Selon le New York Post, M. Clinton aurait opté pour une approche résolument optimiste après l’annonce des élections anticipées, estimant qu’elles offraient au Premier ministre Ehud Barak une occasion de se lancer à fond dans la recherche de la paix. «L’Administration Clinton pense que le Premier ministre Ehud Barak pourrait être libéré des contraintes de politique intérieure et choisir de se plonger à nouveau dans les négociations avec Yasser Arafat», estimait le quotidien. À l’inverse, Mary-Jane Deeb, spécialiste du Proche-Orient à l’American University, relevait mercredi que «l’incertitude des élections américaines fait que personne à Washington ne s’intéresse trop à ce qui se passe au Proche-Orient». Bill Clinton, qui prépare un voyage en Irlande du Nord, où il s’est beaucoup impliqué dans la recherche d’un accord de paix, «semble beaucoup moins intéressé» par le conflit israélo-palestinien, relève-t-elle. Les multiples efforts déployés en vain par les États-Unis depuis l’échec du sommet de Camp David en juillet et la vague de violence qui sévit depuis deux mois sont jusqu’à présent une source de déception pour l’hôte de la Maison-Blanche, qui espérait couronner son double mandat par un règlement de paix au Proche-Orient. Dirigés pour encore sept semaines par un président dit «canard boîteux» dans le jargon politique américain, sans successeur désigné, les États-Unis semblent réduits au rôle de spectateur depuis l’élection du 7 novembre. Des visites séparées à Washington de Yasser Arafat et Ehud Barak, dans la foulée de l’élection présidentielle, n’avaient débouché début novembre que sur des promesses vagues et sans effet apparent de retour au calme. Arrivés en pleine confusion post-électorale, MM. Barak et Arafat n’ont même pas pu se faire une idée de ce que serait la politique proche-orientale du futur locataire de la Maison-Blanche. L’arrivée du futur président, en principe en janvier, risque aussi de se traduire par une période d’attentisme dans la politique étrangère américaine, le temps que les équipes se constituent et se familiarisent avec les dossiers. «La première année de présidence est généralement consacrée aux affaires intérieures, pas aux aventures de politique étrangère», relève Mme Deeb. La capacité d’agir américaine est également amoindrie par l’annonce du départ fin janvier, quel que soit le successeur de M. Clinton, de l’émissaire américain pour le Proche-Orient, Dennis Ross, homme-clé de toutes les négociations depuis plus de dix ans. La secrétaire d’État, Madeleine Albright, a quant à elle annoncé il y a huit jours qu’elle allait présenter un projet de «mécanisme» pour amener Israéliens et Palestiniens à cesser les affrontements. Aucun détail n’a toutefois été apporté, depuis, sur ce «mécanisme».
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