L’offre du dollar continuait à l’emporter sur la demande en cette monnaie en ce début de semaine, à Beyrouth, dans un marché calme quoique préoccupé par la détérioration de la situation sur le front du Liban-Sud. Dans ce contexte, l’action de la Banque du Liban (BDL) est venue encore une fois délimiter les marges des fluctuations du dollar au sein de sa fourchette d’intervention maintenue en l’état entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente. En effet, le billet vert, qui a été fixé au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, devait être négocié finalement dans les échanges interbancaires entre 1 512,50 et 1 513,00 LL, après un départ entre 1 512,00 et 1 514,00 LL. Mais compte tenu de la réticence des grands opérateurs à l’offre comme à la demande en devises étrangères, le volume d’affaires de la journée d’hier n’aurait pas dépassé quelque huit millions de dollars, entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques de la place, dans un marché équilibré de lui-même, selon les milieux cambistes. Nette reprise de l’euro à l’étranger À l’étranger, l’euro a gagné sensiblement du terrain face au dollar hier, sur les marchés des changes internationaux, grâce notamment à des ordres d’achat placés par des banques allemandes (restées anonymes), alors que le marché reste globalement prudent, craignant toujours une salve de la Banque centrale européenne (BCE). Selon les cambistes, l’euro se porte bien depuis quelques jours et profite de certaines inquiétudes des opérateurs vis-à-vis du dollar. À cet égard, plusieurs analystes ont souligné que la situation politique aux États-Unis restait floue et que l’économie américaine montrait des signes d’essoufflement qui risquent de peser sur le billet vert à court terme. Ce sentiment a été renforcé hier par l’annonce d’une forte baisse de 3,9 % des reventes de logements aux États-Unis le mois dernier contre une hausse de 0,3 % en septembre, confirmant le ralentissement de l’économie américaine. L’euro a également bénéficié des propos du gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet, à Tokyo qui a réaffirmé qu’«un euro fort est dans l’intérêt de l’Europe». Devant le forum financier annuel organisé à Tokyo par l’association Paris Europlace, M. Trichet a détaillé hier les raisons qui font que selon lui la monnaie unique européenne peut d’ores et déjà être considérée comme un succès. En outre, les craintes récurrentes d’intervention de la BCE ont soutenu l’euro. Cela d’autant que celle-ci a refusé hier de commenter des rumeurs selon lesquelles elle serait intervenue après le passage de la monnaie unique au-dessus du seuil de 0,85 dollar. De plus, les marchés se sont montrés de plus en plus prudents après l’intervention du vice-président des États-Unis, Al Gore, dans laquelle il a contesté les résultats de l’élection présidentielle en Floride. Certes, ces incertitudes politiques aux États-Unis ont profité non seulement à l’euro mais à toutes les autres grandes monnaies, notamment la devise nippone contre laquelle le dollar est repassé au-dessous de la barre des 111,00 yens. Compte tenu de toutes ces considérations, le billet vert s’est finalement négocié à New York, sur un ton faible, comme suit : – 0,8517 pour un euro contre 0,8385, vendredi dernier – 1,4185 pour un sterling contre 1,3995 – 2 2965 DM contre 2 3325 – 7,7015 FF contre 7,8220 – 1,7755 FS contre 1,8070 – 2273,40 lires contre 2309,25 – 110,60 yens contre 111,30. Bourse de Beyrouth : léger mieux À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été un peu soutenue en ce début de semaine par la légère hausse des actions C de la Banque européenne pour le Moyen-Orient (BEMO) de 3 1/2 à 3 5/8 dollars, dans un marché autrement restreint et stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a augmenté de 0,17 % à 64,54 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a gagné 0,29 % à 141,72 points. Ce mouvement s’est produit encore une fois dans un marché à faible activité avec au total 47 084 actions négociées d’une valeur de 175 576 dollars. Irrégularité des Bourses américaines Sur les places boursières internationales, la tendance a été partagée sur les marchés américains des valeurs mobilières avec la poursuite de la hausse de Wall Street et le léger repli de la Bourse électronique Nasdaq. Selon les professionnels, les marchés américains sont restés en ce début de semaine sur les rails de la séance écourtée de vendredi dernier, au lendemain du Thanksgiving, qui avait marqué un rebond de la cote américaine après deux semaines d’inquiétudes autour de l’imbroglio politico-électoral aux États-Unis. Hier, les investisseurs ont joué la victoire du candidat républicain George W. Bush tout en sachant que le chemin à la Maison-Blanche est encore long avec les multiples recours engagés devant les tribunaux. De ce fait, la reprise même de Wall Street restait fragile, après la vulnérabilité des valeurs de la haute technologie sur le Nasdaq. Ces titres, qui étaient en forte hausse en début de séance, ont perdu ensuite tous leurs gains sur des ventes bénéficiaires après l’intervention télévisée du vice-président Al Gore dans laquelle il a contesté les résultats des élections présidentielles en Floride, lançant une contre-offensive judiciaire devant la Cour suprême fédérale. Selon d’autres analystes boursiers, le marché des actions aux États-Unis restera sur l’actuelle tendance à la baisse dans le sillage du Nasdaq jusqu’à ce que la Réserve fédérale américaine (Fed) envoie le signe qu’elle est prête à abaisser les taux d’intérêt pour éviter une récession. La prochaine rencontre du comité monétaire de la Fed est programmée pour le 19 décembre et certains économistes pensent que celle-ci pourrait à cette occasion afficher son optimisme sur une croissance américaine délivrée partiellement des risques inflationnistes. En attendant, le marché boursier devra affronter l’impact d’un ralentissement évident de la croissance sur les résultats des entreprises dont les prévisions continuent à plonger. À cet égard, les opérateurs ont été sensibilisés par la publication hier d’un rapport de la société d’analyse First Call selon lequel le taux de croissance des bénéfices des sociétés du Standard & Poor’s 500 est en baisse par rapport à une précédente estimation d’une hausse de 15,6 % cette année. Cela étant, l’indice composite Nasdaq est revenu au-dessus du seuil des 2 925 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait irrégulièrement à la hausse entre un plus haut à 10 621,91 points et un plus bas à 10 479,33 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 567,56 points, en hausse de 97,33 points sur vendredi dernier. Les Bourses européennes ont fini en deçà de leurs plus hauts Les Bourses européennes ont fini en deçà de leurs meilleurs niveaux du jour lundi, la reprise des valeurs des télécommunications, des médias et des technologiques, observée plus tôt dans la journée, s’étant érodée à mesure que les valeurs américaines faisaient de même sur le Nasdaq. L’indice Eurotop-300 s’est octroyé 0,46 % à 1 608,08 après un pic à 1 623,57. L’Eurostoxx-50 a progressé de 0,29 % à 4 823,76 après être monté jusqu’à 4 886,18. L’indice des technologiques est monté de 0,88 %, celui des médias de 1,32 % tandis que celui des télécommunications s’est tassé de 0,02 %. «Le marché se rend compte que les problèmes de fond n’ont pas changé, qu’on peut continuer à s’inquiéter du ralentissement de l’activité et se demander quand les taux vont baisser», a noté Justin Urquhart-Stewart (Barclays). Le secteur des médias a profité d’une hausse de 19 % du fabricant de câbles UPC à 15,60 euros. Le titre avait touché un plus bas historique la semaine dernière à la suite de doutes sur sa solidité financière. Tokyo : en forte hausse La Bourse de Tokyo a clôturé en hausse de 2,8 % lundi, les investisseurs ayant salué la proclamation par George W. Bush de sa victoire aux élections présidentielles américaines, ont indiqué des courtiers. L’indice de référence Nikkei-225 a bondi de 405,04 points à 14 720,39. L’indice élargi Topix s’est octroyé 18,63 points pour terminer à 1 360,45. Le volume des échanges s’est élevé à 579 millions d’actions, contre 567,9 millions vendredi. «Le marché a pris l’annonce de la victoire de M. Bush à cœur», a déclaré Tatsuo Kurokawa, analyste chez Nomura Securities. «Bien qu’il faille encore s’attendre à de prochaines batailles juridiques, il est quasiment sûr que Bush sera le prochain président des États-Unis», a-t-il ajouté. «Cette certitude a dopé la tendance à l’achat du marché, faisant grimper les titres», a dit M. Kurokawa. Le candidat républicain a proclamé sa victoire après qu’elle eut été certifiée dans l’État de Floride, mais le démocrate Al Gore a décidé de contester les résultats en faisant appel aux tribunaux. Les investisseurs ont néanmoins parié sur la victoire définitive de Bush et la mise en place de sa promesse, favorable aux marchés, de réduire les impôts, a estimé de son côté Kazue Mayuzumi, analyste chez Nikko Securities. «Le marché est plus favorable à Bush en raison de sa promesse de réductions des impôts», a-t-il indiqué. Les technologiques ont dominé la tendance à la hausse.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’offre du dollar continuait à l’emporter sur la demande en cette monnaie en ce début de semaine, à Beyrouth, dans un marché calme quoique préoccupé par la détérioration de la situation sur le front du Liban-Sud. Dans ce contexte, l’action de la Banque du Liban (BDL) est venue encore une fois délimiter les marges des fluctuations du dollar au sein de sa fourchette d’intervention maintenue en l’état entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente. En effet, le billet vert, qui a été fixé au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, devait être négocié finalement dans les échanges interbancaires entre 1 512,50 et 1 513,00 LL, après un départ entre 1 512,00 et 1 514,00 LL. Mais compte tenu de la réticence des grands opérateurs à l’offre comme à la demande en devises...