L’Italie est de plus en plus inquiète face à la violence croissante dans son football et la consternation régnait hier après l’incident de Côme où un footballeur, agressé dimanche dans les vestiaires par un joueur adverse, était toujours dans le coma. Francesco Bertolotti, 33 ans, de l’équipe de Modène (D3) a été frappé dimanche d’un coup de poing au visage par le capitaine de Côme Massimiliano Ferigno, 26 ans, puis sa tête a heurté le sol, à l’issue du match de championnat d’Italie de football de troisième division, Côme-Modène (1-0). Le joueur a été opéré dans la nuit de dimanche à lundi à l’hôpital de Lecco et n’était toujours pas sorti du coma hier à la mi-journée. Son agresseur a été mis en examen par le parquet de Côme, pour coups et blessures et non-assistance à personne en danger. De plus, il risque d’être radié à vie du football par sa fédération. Les images du joueur inconscient évacué du stade ont relancé le débat sur l’état du sport préféré des Italiens. Le président de l’Association des joueurs italiens, (AIC), Sergio Campana, a estimé que de tels faits étaient «le lot d’un football malade, privé de sportivité et de culture». «La violence sur les gradins et au dehors, l’exaspération des protagonistes, les agressions des joueurs de la part des supporteurs, tout cela fait partie du même moule», a-t-il déclaré. Il a demandé l’utilisation de caméras vidéo pour contrôler le comportement des joueurs sur le terrain et dans les vestiaires. «Nous voulons des sanctions fortes mais on a souvent une impression d’impunité», a souligné M. Campana. Le président de la Ligue nationale des clubs (D1 et D2), Franco Carraro, a reconnu que la violence était un problème général. «L’incident de Côme n’est pas isolé, la violence est généralisée», a-t-il dit. Un mal récurrent Il s’est cependant déclaré opposé à la suspension du championnat comme en 1995 (bien 1995) lorsqu’un supporteur de Gênes avait été poignardé à mort. Le président sortant de la Fédération nationale de football (FIGC), Luciano Nizzola, candidat à la réélection, a en revanche estimé qu’il s’agissait d’un incident isolé. «L’agression subie par Francesco Bertolotti est un incident très sérieux mais qui ne doit pas être généralisé, a-t-il déclaré. Ce n’est pas l’expression d’un football versant dans l’exaspération», a-t-il ajouté. L’agression contre Bertolotti est certes l’incident le plus grave de la saison mais il n’est pas un cas isolé. Ainsi dimanche, à Turin, le joueur français de Crotone Jean-Pierre Cyprien, originaire de Guadeloupe, a été frappé par un attaquant adverse, Stefan Schwoch, au terme du match de D2, Torino-Crotone (1-0). L’intervention immédiate des dirigeants et des officiels a évité une bagarre générale. Le président de Crotone, Raffaele Vrenna, a indiqué que Schwoch aurait lancé des propos racistes, ce qu’a démenti l’attaquant turinois. Ce dernier incident remémore celui qui avait éclaté, le 17 octobre, au stade olympique de Rome, où le joueur yougoslave de la Lazio Rome, Sinisa Mihajlovic, avait insulté le Français originaire du Cap-Vert de l’équipe anglaise d’Arsenal, Patrick Vieira, lors de la rencontre Lazio-Arsenal (1-1). Mihajlovic, suspendu pour deux matches par l’UEFA, s’était excusé publiquement. Toujours ce dimanche, le défenseur brésilien de l’AS Rome, Marcos Evangelisa Cafu, a dû supporter les insultes racistes lancées par des supporters «ultras» tout au long du match contre Vérone (4-1 pour la Roma). Le mois dernier, il avait indiqué vouloir quitter l’Italie notamment après avoir été insulté par des tifosi de son propre club. Il avait dit craindre pour la sécurité de sa famille, la voiture où il se trouvait avec ses enfants ayant reçu des pierres.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Italie est de plus en plus inquiète face à la violence croissante dans son football et la consternation régnait hier après l’incident de Côme où un footballeur, agressé dimanche dans les vestiaires par un joueur adverse, était toujours dans le coma. Francesco Bertolotti, 33 ans, de l’équipe de Modène (D3) a été frappé dimanche d’un coup de poing au visage par le capitaine de Côme Massimiliano Ferigno, 26 ans, puis sa tête a heurté le sol, à l’issue du match de championnat d’Italie de football de troisième division, Côme-Modène (1-0). Le joueur a été opéré dans la nuit de dimanche à lundi à l’hôpital de Lecco et n’était toujours pas sorti du coma hier à la mi-journée. Son agresseur a été mis en examen par le parquet de Côme, pour coups et blessures et non-assistance à personne en danger....