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Actualités - Chronologie

Les victimes de la guerre attendent une aide matérielle

Nguyen Thi Mao, 51 ans, amputée d’une jambe, sait exactement ce qu’elle attend de la visite du président américain Bill Clinton : l’annonce d’une aide substantielle qui apporterait une réparation à la vie de sa famille, brisée par les bombardements américains. Les responsables américains ont pris soin d’indiquer qu’il ne fallait pas s’attendre à ce que Bill Clinton, attendu jeudi soir dans la capitale vietnamienne, arrive chargé des dollars des contribuables américains pour les victimes de la guerre du Vietnam. Les autorités communistes sont conscientes que la politique intérieure américaine interdit à Washington de parler de «compensation» de manière explicite. Mais les demandes des dizaines de milliers de Vietnamiens qui, comme Mme Mao, continuent à souffrir des conséquences du conflit, l’un des plus meurtriers du XXe siècle, ont obligé les responsables vietnamiens à faire pression sur Bill Clinton pour qu’il annonce un accroissement de l’aide américaine au Vietnam. «Je suis désolée que bien que la guerre soit terminée depuis 25 ans, les États-Unis aient si peu fait pour réduire les conséquences de ce conflit terrible», dit Mme Mao qui a perdu sa jambe gauche lors d’un bombardement dans la province de Quang Binh (centre) en 1968. «Chaque année, les États-Unis dépensent des millions de dollars pour rechercher leurs soldats disparus, et l’Amérique ne peut ignorer les millions de Vietnamiens tués ou blessés par les bombes ou victimes de l’Agent orange», a-t-elle ajouté. Mme Mao explique qu’elle ne touche que 30 dollars par mois du gouvernement vietnamien et souffre toujours de ses blessures. «J’espère que la visite de Bill Clinton lui fera comprendre qu’il doit faire plus pour aider les victimes. Les États-Unis ont perdu la guerre et notre demande de compensation est indéniable», dit-elle. Mais au cours des dernières semaines, les responsables américains ont indiqué qu’un programme d’aide a peu de chances d’être annoncé pendant la visite de Bill Clinton, la première d’un président américain depuis la fin de la guerre en 1975. Des aides supplémentaires seront accordées après l’ouverture pour la première fois vendredi au Vietnam de bureaux de l’Agence américaine pour le développement international (Usaid), mais le début «sera modeste» et concernera des domaines tels que l’éducation, la santé et la prévention des accidents, a indiqué un responsable de l’ambassade américaine. L’une des aides que pourrait annoncer Bill Clinton ne concernerait pas les conséquences de la guerre, mais une initiative pour combattre le sida, en expansion rapide au Vietnam. Les autorités du Vietnam communiste n’ont jamais officiellement demandé de compensation pour les trois millions de morts de la guerre du Vietnam. Mais elles ont répété à plusieurs reprises que Washington, de même que les autres pays qui ont participé à la guerre du Vietnam, a une «responsabilité spirituelle et morale» pour aider à en réparer les conséquences. Des milliers de personnes, dont nombre d’enfants, meurent encore chaque année lors d’explosions de bombes ou de mines qui jonchent encore les campagnes du pays. Les États-Unis ont remis pour la première fois au Vietnam des équipements de déminage en juin dernier à la suite de la signature d’un accord de coopération dans ce domaine, et Washington a promis de verser 3,2 millions de dollars pour aider au déminage. Attendues depuis longtemps, des recherches conjointes sur les conséquences de l’Agent orange, un défoliant utilisé par l’armée américaine et qui provoquerait des malformations des nouveau-nés, ne devraient débuter qu’au 2e trimestre de l’année prochaine. Et Washington figure parmi les derniers pays sur la liste des donateurs au Vietnam avec moins de 8 millions de dollars versés par l’Usaid cette année et 30 millions de dollars au total depuis 1991.
Nguyen Thi Mao, 51 ans, amputée d’une jambe, sait exactement ce qu’elle attend de la visite du président américain Bill Clinton : l’annonce d’une aide substantielle qui apporterait une réparation à la vie de sa famille, brisée par les bombardements américains. Les responsables américains ont pris soin d’indiquer qu’il ne fallait pas s’attendre à ce que Bill Clinton, attendu jeudi soir dans la capitale vietnamienne, arrive chargé des dollars des contribuables américains pour les victimes de la guerre du Vietnam. Les autorités communistes sont conscientes que la politique intérieure américaine interdit à Washington de parler de «compensation» de manière explicite. Mais les demandes des dizaines de milliers de Vietnamiens qui, comme Mme Mao, continuent à souffrir des conséquences du conflit, l’un des plus...