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Actualités - Chronologie

Les jeunes Vietnamiens attendent le président US avec enthousiasme

«J’ai appris la visite du président (Bill Clinton) et je l’attends avec satisfaction et curiosité», déclare l’étudiante Tran Thi Huong, qui n’était pas née lors des bombardements américains menés en 1972 sur la capitale vietnamienne. Alors que la jeunesse vietnamienne manifeste généralement son enthousiasme à propos de la venue de M. Clinton aujourd’hui à Hanoi, les générations qui ont vécu la guerre expriment des réserves sur la visite d’un président américain. De nombreux jeunes savent que Bill Clinton avait refusé de participer à la guerre du Vietnam, qui a provoqué 3 millions de morts vietnamiens et tué quelque 58 000 militaires américains. «C’était courageux! Et il est aussi exceptionnel de voir le chef d’État de la première puissance mondiale au Vietnam», a estimé Doan Hong Viet, 32 ans, diplômé universitaire en économie et patron d’une société d’informatique à Ho Chi Minh-Ville (ex-Saïgon, sud). «Certains de mes amis sont partis faire des études aux États-Unis et ils ont eu vraiment de la chance. Je souhaite une coopération plus large entre les deux pays dans l’éducation après sa visite», a ajouté Mlle Huong en regrettant son manque d’informations sur l’Amérique du Nord. Plusieurs centaines d’étudiants vietnamiens ont visité une «Exposition sur l’Éducation américaine», organisée, pour la première fois, le mois dernier à Hanoi. Beaucoup d’entre eux rêvaient de faire leurs études aux États-Unis. Les jeunes sont particulièrement satisfaits d’une rencontre prévue entre étudiants et Bill Clinton, le premier président américain à se rendre au Vietnam, 25 ans après la chute de Saïgon. Les anciens combattants et vétérans ne semblent pas partager les mêmes avis, après avoir vécu une guerre longue de 30 ans. Beaucoup restent obsédés par les atrocités de l’«impérialisme américain» et veulent «rester vigilants». «Mettre de côté le passé, ça ne veut pas dire l’oublier», a commenté Dinh Quy Bao, ancien capitaine de l’armée nord-vietnamienne, amputé d’une jambe depuis 1971. Bao avait 20 ans à l’époque. «Il faut beaucoup de temps pour que la douleur des familles des morts vietnamiens s’apaise. Mais le “syndrome” de la guerre du Vietnam a réduit les préoccupations humanitaires des États-Unis vis-à-vis de notre pays», a-t-il estimé. Selon lui, «Bill Clinton a contribué de manière continue et décisive à la normalisation américano-vietnamienne mais sa visite ne fermera que symboliquement un long chapitre douloureux» de l’histoire des relations entre les deux anciens ennemis. Pour le général Hoang Minh Thao qui commandait les troupes de Hanoi lors de la prise de la ville stratégique de Buon Ma Thuot, qui avait été suivie par la chute de Saïgon, «les États-Unis ont intérêt à maintenir la paix dans le monde sans s’ingérer dans les affaires intérieures d’autre pays». «Les États-Unis doivent tirer une leçon des expériences du passé», a dit le général en citant «le droit à l’autodétermination, les droits de l’homme et la démocratie» et en réclamant que Washington aide les «victimes de l’agent orange» qui, selon lui, «souffrent le plus des conséquences causées par les soldats américains». Le professeur Le Cao Dai, président du Fonds d’aide aux victimes de l’agent orange au sein de la Croix-Rouge vietnamienne, a estimé à un million le nombre de personnes qui souffrent des conséquences de l’utilisation par l’armée américaine de ce défoliant au Vietnam et appelé les États-Unis à leur apporter une aide financière. «C’est difficile, mais le président Bill Clinton connaît bien les conséquences de l’agent orange sur les soldats américains et il faut qu’il ouvre également ce dossier aux victimes vietnamiennes. Tout dépend de la bonne volonté de la partie américaine», a souligné le professeur.
«J’ai appris la visite du président (Bill Clinton) et je l’attends avec satisfaction et curiosité», déclare l’étudiante Tran Thi Huong, qui n’était pas née lors des bombardements américains menés en 1972 sur la capitale vietnamienne. Alors que la jeunesse vietnamienne manifeste généralement son enthousiasme à propos de la venue de M. Clinton aujourd’hui à Hanoi, les générations qui ont vécu la guerre expriment des réserves sur la visite d’un président américain. De nombreux jeunes savent que Bill Clinton avait refusé de participer à la guerre du Vietnam, qui a provoqué 3 millions de morts vietnamiens et tué quelque 58 000 militaires américains. «C’était courageux! Et il est aussi exceptionnel de voir le chef d’État de la première puissance mondiale au Vietnam», a estimé Doan Hong Viet, 32...