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Actualités - Chronologie

Hommage Pierre Pharaon, un an déjà

 C’était il y a un an : homme de parole, de droiture, de conscience, Pierre Pharaon rejoignait la mort comme il avait traversé la vie, debout, sans faux-semblant. Ses dernières pensées étaient pour ceux qu’il laissait derrière lui. Tous ceux qui l’ont connu ne peuvent oublier son honnêteté, son réalisme et son perfectionnisme ainsi que son exigence du détail qui forçaient le respect, même s’ils en dérangeaient plus d’un. Derrière cette allure d’homme strict, réservé et pudique, il cachait son humanisme qu’il dévoilait rarement en présence de témoins, à part ses petits-enfants, mais qui était toujours prêt à s’engager en faveur d’une cause juste ou d’un appel à la solidarité. Homme d’affaires chevronné, il faisait partie de cette génération qui est restée en réserve de la politique avec le début de la guerre, sans pour autant oublier ses responsabilités vis-à-vis de son pays et de sa communauté, au vu de son éminente place sociale. Président de la société de bienfaisance de la communauté grecque-catholique de Beyrouth, membre de la municipalité de Beyrouth durant 30 ans, il s’engageait dans les causes qu’il choisissait, dans l’ombre ou sur le devant de la scène, tantôt en faveur de Mgr Grégoire Haddad, tantôt pour assurer la survie matérielle de L’Orient-Le Jour et tantôt pour les positions nationalistes libanaises au début de la guerre, sans pour autant couper les ponts avec le reste du pays, tant sa foi était grande dans la seule légitimité de l’État souverain, et son attachement solide à ses racines beyrouthines qui prônent l’esprit de tolérance et de convivialité. Durant cette période, il collabore avec une grande complicité avec son cousin Henri Pharaon qui tente d’éviter la rupture totale entre l’Est et l’Ouest politique. Il dénonce la fureur guerrière qui détruit la société civile et fait fuir les forces vives du pays. Député de Jezzine de 1968 à 1972, il renonce à son siège au zénith de sa popularité locale pour se réserver la possibilité de conquérir un siège dans la capitale en 1976, ambition qu’il ne pourra satisfaire cependant du fait de la guerre civile. Vice-président du conseil supérieur grec-catholique et président de la société de la protection et de l’amélioration de la race chevaline arabe au Liban durant 9 ans, il se sera refusé à occuper des positions honorifiques sans y mettre toute son énergie, encourageant les générations montantes à s’engager dans la vie publique. Ministre dans le gouvernement Hariri de 1994/96, il confiera à son entourage qu’il faisait son devoir mais qu’il ne se retrouvait plus dans la politique de l’après-Taëf, si vif en effet était son souci de l’efficacité, loin des compromissions, de la bureaucratie, de la démagogie et de la politique politicienne ; il dénonce en outre l’atmosphère politique qui sévit dans le pays. Ses dernières batailles sont consacrées au rapatriement de la direction de ses affaires à Beyrouth, à la préservation de l’hippodrome, au licenciement du directeur général de son ministère, au vu de la corruption dans les services, une dure bataille rarement vue dans les annales politiques qui a fait grincer des dents, mais qui était à ses yeux, avec la loi du code de l’environnement, le meilleur service qu’il pouvait rendre à la nature libanaise. Mais sa dernière et plus dure bataille il l’a livrée, avec ses enfants, auprès de son épouse, mettant toutes ses forces et sa santé durant plus de deux ans pour la soigner et la sauver, au point que dans les hôpitaux, les médecins qui le voyaient apparaître dans les couloirs disaient, «Voilà le Dr Pharaon qui arrive». Ce n’est qu’après avoir gagné cette dernière bataille qu’il s’est offert le luxe de se reposer… En cette journée du souvenir, l’équipe de L’Orient-Le Jour, journal dont Pierre Pharaon fut l’un des administrateurs les plus fidèles à leur engagement et les plus avisés, exprime à la famille du grand disparu, en particulier à son épouse Nadia Pharaon, son fils Michel Pharaon, député et ministre, et ses deux filles, Mme Nayla Jean de Freige, membre du conseil d’administration, et Néda Takieddine, sa sympathie émue. L’Orient-Le Jour
 C’était il y a un an : homme de parole, de droiture, de conscience, Pierre Pharaon rejoignait la mort comme il avait traversé la vie, debout, sans faux-semblant. Ses dernières pensées étaient pour ceux qu’il laissait derrière lui. Tous ceux qui l’ont connu ne peuvent oublier son honnêteté, son réalisme et son perfectionnisme ainsi que son exigence du détail qui forçaient le respect, même s’ils en dérangeaient plus d’un. Derrière cette allure d’homme strict, réservé et pudique, il cachait son humanisme qu’il dévoilait rarement en présence de témoins, à part ses petits-enfants, mais qui était toujours prêt à s’engager en faveur d’une cause juste ou d’un appel à la solidarité. Homme d’affaires chevronné, il faisait partie de cette génération qui est restée en réserve de la politique...