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Actualités - Chronologie

ART - Une affaire inespérée La collection Berggruen à Berlin

L’Allemagne va devenir propriétaire de l’une des plus prestigieuses collections privées d’art moderne, la collection Berggruen, un ensemble unique d’œuvres de Picasso et de Klee notamment que leur propriétaire cède à un prix dérisoire par amour de Berlin. L’achat, annoncé comme un coup de théâtre par la commission budgétaire du Parlement, devrait coûter 172 millions de dollars environ, payés à moitié par l’État fédéral sur dix ans. Le reste devrait venir de la ville de Berlin, d’investisseurs privés et de la vente d’un ou deux tableaux. La somme est considérable en une période où le secteur culturel crie misère, mais c’est une affaire inespérée aussi, si l’on considère que les experts évaluent l’ensemble à plus de 400 millions de dollars. Rien d’étonnant à cela : la collection, forte de près de 200 pièces, s’articule autour de 85 œuvres de Picasso ; or une seule toile du peintre, La femme aux bras croisés, vient tout juste d’être vendue à New York pour 55 millions de dollars... Dans cette succession d’œuvres balayant toutes les périodes de Picasso, la pièce maîtresse reste Le chandail jaune, exécutée en 1939. Mais il y a là aussi un Arlequin assis de la période rose et un portrait du secrétaire du peintre, Sabartès, de la période bleue, ainsi que des toiles de la phase cubiste et classique. La collection rassemble aussi de nombreuses peintures de Paul Klee, d’Henri Matisse (notamment Le cahier bleu) de Georges Braque et de Paul Cézanne (entre autres une Fillette à la poupée) ainsi que des sculptures d’Alberto Giacometti. Au total, un éventail de ce qui constitue aujourd’hui les «classiques» des modernes, et qui permettra à la ville de Berlin de combler enfin le vide laissé par les nazis avec leur chasse systématique à l’«Art dégénéré» «La France et les États-Unis n’ont pas besoin de la collection, l’Allemagne en a besoin», expliquait son propriétaire, Heinz Berggruen, deux jours après l’annonce de la vente. Certes il aurait pu, de son propre aveu, tirer le double de ses œuvres, plusieurs musées dont celui de Cleveland étant intéressés. Mais pour Heinz Berggruen, 86 ans, fils de papetier juif contraint à l’émigration sous le nazisme avant de devenir, notamment à Paris où il avait ouvert sa galerie, l’un des collectionneurs les plus éclairés de son temps, l’ensemble des tableaux ne pouvait revenir qu’à la capitale allemande où il habite de nouveau.
L’Allemagne va devenir propriétaire de l’une des plus prestigieuses collections privées d’art moderne, la collection Berggruen, un ensemble unique d’œuvres de Picasso et de Klee notamment que leur propriétaire cède à un prix dérisoire par amour de Berlin. L’achat, annoncé comme un coup de théâtre par la commission budgétaire du Parlement, devrait coûter 172 millions de dollars environ, payés à moitié par l’État fédéral sur dix ans. Le reste devrait venir de la ville de Berlin, d’investisseurs privés et de la vente d’un ou deux tableaux. La somme est considérable en une période où le secteur culturel crie misère, mais c’est une affaire inespérée aussi, si l’on considère que les experts évaluent l’ensemble à plus de 400 millions de dollars. Rien d’étonnant à cela : la collection, forte...