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Actualités - Communiques Et Declarations

Une foule en colère enterre le chef militaire du Fateh

«Nous continuerons la résistance ! C’est notre soulèvement, notre intifada !», lance une voix mystérieuse de l’intérieur d’une camionnette gardée par des combattants du Fateh le visage masqué et le fusil automatique à la main. «Le sang de nos martyrs n’a pas été versé en vain», poursuit l’homme, un chef militaire du Fateh vêtu d’un uniforme noir et les cheveux grisonnants. Les rafales de Kalashnikov crépitent en haut de cette colline proche de la ville de Bethléem, en Cisjordanie, où Hussein Abayat a été mis en terre vendredi après-midi dans un cimetière de fortune dont il est devenu le premier occupant et qui portera son nom. Chef militaire du Fateh pour le sud de la Cisjordanie, Abayat a été exécuté jeudi lorsqu’un missile israélien tiré par un hélicoptère d’assaut Apache a pulvérisé la camionnette qu’il conduisait à Beit Sahour, une petite localité voisine. L’attaque, soigneusement planifiée, a aussi coûté la vie à deux Palestiniennes d’une cinquantaine d’années qui ont eu le seul tort d’être au mauvais endroit au mauvais moment. C’est la première fois depuis le début de la révolte palestinienne, le 28 septembre, que l’armée israélienne s’en prend directement à un responsable palestinien dans le but de l’éliminer, et beaucoup voient là un tournant. «C’est un assassinat politique, un véritable assassinat», déclare un homme d’une cinquantaine d’années élégamment vêtu d’un costume gris et d’une cravate et qui refuse de dire son nom. «Personne ne s’attendait à quelque chose de ce genre», poursuit-il. Une foule énorme de plusieurs milliers de personnes s’est rassemblée en fin de matinée pour ces obsèques sur la place de la Mangeoire de Bethléem devant la mosquée Omar ibn al-Khattab, juste en face de la basilique de la Nativité, et dans les ruelles avoisinantes. Partout trône le portrait de la victime en grande tenue de combat, uniforme et lunettes noires, un fusil d’assaut à la main et des chargeurs sur la poitrine. À l’heure de la prière de midi, ils sont plusieurs milliers d’hommes alignés en rangs d’oignons, couvrant toute la place, lorsque la voix du muezzin sort de la mosquée et envahit la place. Ils s’agenouillent de concert. Plusieurs dizaines de femmes et quelques enfants ont pris place sur le côté sur une grande estrade. En contrebas, se trouve une camionnette qui fait office de corbillard, gardée par des policiers palestiniens et ornée du portrait du défunt. La prière à peine terminée, la foule explose en slogans anti-israéliens. Trois drapeaux israéliens de fortune sont incendiés et les tirs en l’air commencent à retentir. Le cortège prend alors le chemin du cimetière, distant de plusieurs kilomètres. Dans la foule, des drapeaux palestiniens, mais aussi des drapeaux vert et noir. De nombreux hommes en armes aussi, certains armés de fusils de chasse et portant cartouchière à la ceinture. Dans l’assistance, la colère contre Israël est palpable. La mort d’Abayat «est quelque chose de nouveau, une nouvelle politique des Israéliens», assure Ghassan Qaraq, qui possède un petit magasin de vêtements. Il ne doute pas un seul instant qu’il y aura des représailles et s’attend même à «une vraie guerre» dans la soirée dans les environs de Bethléem et de la colonie juive voisine de Gilo. L’armée israélienne a accusé Abayat d’être responsable de plusieurs fusillades contre la population de Gilo, devenue au fil des ans un quartier de Jérusalem-Est. «Ces colons de Gilo n’ont pas le droit d’être là. Ce ne sont pas des civils, mais des colons», lance Hisham Ahmed pour justifier les actions d’Abayat, qui, assure-t-il, fut son camarade de classe au lycée pour garçons de Bethléem. Les Israéliens sont parvenus à le tuer, mais «il sera remplacé», affirme-t-il, assurant que sa mort, loin de calmer le Fateh, va au contraire «exacerber encore plus la situation». Une heure à peine après qu’Abayat eut été mis en terre, un soldat israélien était grièvement blessé d’une balle au cou à la sortie de Bethléem.
«Nous continuerons la résistance ! C’est notre soulèvement, notre intifada !», lance une voix mystérieuse de l’intérieur d’une camionnette gardée par des combattants du Fateh le visage masqué et le fusil automatique à la main. «Le sang de nos martyrs n’a pas été versé en vain», poursuit l’homme, un chef militaire du Fateh vêtu d’un uniforme noir et les cheveux grisonnants. Les rafales de Kalashnikov crépitent en haut de cette colline proche de la ville de Bethléem, en Cisjordanie, où Hussein Abayat a été mis en terre vendredi après-midi dans un cimetière de fortune dont il est devenu le premier occupant et qui portera son nom. Chef militaire du Fateh pour le sud de la Cisjordanie, Abayat a été exécuté jeudi lorsqu’un missile israélien tiré par un hélicoptère d’assaut Apache a pulvérisé...