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Actualités - Conferences Internationales

La Turquie digère le programme d’adhésion à l’UE en négligeant Chypre

La Turquie a accueilli favorablement jeudi le programme de la Commission européenne qui décline en termes généraux et mesurés les réformes nécessaires pour rejoindre le club des Quinze, mais en faisant comprendre qu’elle ignorerait un passage sur Chypre qui la gêne. «La Turquie refuse l’établissement d’un lien entre sa candidature à l’UE et le dossier chypriote et est déterminée à maintenir sa position», a déclaré le porte-parole du gouvernement, Sukru Sina Gurel, à l’issue d’un Conseil des ministres consacré au document, intitulé partenariat d’adhésion. Il pose à la Turquie, parmi les objectifs politiques à court terme, soit 2001, «un fort soutien, dans le contexte du dialogue politique, aux efforts du secrétaire général de l’Onu pour conduire positivement le processus visant à trouver un accord global sur la question de Chypre». Or, Ankara avait insisté pour que la question de l’île divisée depuis l’occupation de son tiers nord en 1974 par l’armée turque – grosse pomme de discorde avec la Grèce – ne figure pas dans le document, voulant dissocier sa candidature d’un problème qui ne concerne, selon elle, que les Chypriotes-Grecs et Chypriotes-Turcs. Le chef de la diplomatie Ismail Cem a ouvertement déclaré que le paragraphe sur Chypre n’avait «aucune validité pour nous», cité par l’agence Anatolie. «Dans le processus d’adhésion, il peut y avoir des différences de vue et de priorités sur plusieurs questions. Ce qui importe c’est la poursuite de l’harmonie entre l’UE et la Turquie sur les principes et objectifs fondamentaux», a souligné M. Gurel. Dans sa partie politique, le document réitère des demandes de l’UE : amélioration des droits de l’homme et de la liberté d’expression, abolition de la peine de mort, lutte contre la torture, droits culturels pour la population kurde, réduction du rôle de l’armée. Mais il le fait en termes très généraux et évite d’employer les mots «Kurde» ou «minorité», ce qui lui a attiré les critiques du parti prokurde de la Démocratie du peuple (HADEP). «L’UE n’a pas utilisé le mot Kurde. Nous voyons cela comme une déficience (...) Quand il y a un problème concernant une certaine communauté, ce problème doit être défini par son nom», a-t-il souligné dans un communiqué. Le document évite de mettre Ankara sous pression en demandant en termes généraux la mise en œuvre de plusieurs grandes réformes sans échéance précise. Le partenariat n’est pas assez clair et détaillé sur la question des droits de l’homme, a relevé l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch. Néanmoins, «l’amélioration de la situation dans le sud-est» à majorité kurde est comprise dans les objectifs 2001, ainsi que l’autorisation d’une télévision ou radio en kurde, en termes voilés. L’État turc a affronté pendant quinze ans la rébellion du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) visant à obtenir un État séparé dans le Sud-Est. Bien que le PKK ait annoncé l’arrêt de la lutte armée en septembre 1999, à l’appel de son chef Abdullah Öçalan, condamné à mort en Turquie pour trahison et séparatisme, les autorités refusent jusqu’ici aux Kurdes des droits culturels, de crainte qu’ils favorisent les aspirations autonomistes. Quant à l’abolition de la peine de mort, elle échappe au court terme, ce qui laisse du temps à la coalition gouvernementale, divisée sur le sujet. Le Premier ministre Bulent Ecevit s’y dit favorable, mais son partenaire d’extrême droite, le Parti de l’action nationaliste (MHP), s’y oppose car elle sauverait la vie d’Abdullah Öçalan. Sur le rôle de l’armée, le partenariat se borne à demander que le Conseil national de sécurité (MGK), organe dominé par les militaires, se limite à un rôle consultatif.
La Turquie a accueilli favorablement jeudi le programme de la Commission européenne qui décline en termes généraux et mesurés les réformes nécessaires pour rejoindre le club des Quinze, mais en faisant comprendre qu’elle ignorerait un passage sur Chypre qui la gêne. «La Turquie refuse l’établissement d’un lien entre sa candidature à l’UE et le dossier chypriote et est déterminée à maintenir sa position», a déclaré le porte-parole du gouvernement, Sukru Sina Gurel, à l’issue d’un Conseil des ministres consacré au document, intitulé partenariat d’adhésion. Il pose à la Turquie, parmi les objectifs politiques à court terme, soit 2001, «un fort soutien, dans le contexte du dialogue politique, aux efforts du secrétaire général de l’Onu pour conduire positivement le processus visant à trouver un...