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Actualités - Biographie

Livres À la mémoire du rebelle

Nadia Matoub aurait pu être une héroïne de Lorca. Superbe brune aux yeux clairs, se tenant droite, cette veuve de moins de trente ans est un personnage de tragédie qui assume son rôle avec une dignité superbe. Nadia Matoub était l’épouse du chanteur kabyle Lounès Matoub, assassiné en 1998. Treize mois après leur mariage, le mari a été tué par des fanatiques algériens au cours d’un guet-apens devant les yeux de son épouse. La vie commune du couple n’a duré que ce laps de temps très court, qu’elle détaille aujourd’hui dans un ouvrage paru aux Éditions Robert Laffont, intitulé Pour l’amour d’un rebelle. Lounès Matoub, poète et chanteur, était l’idole du peuple kabyle. Blessée gravement elle-même au cours de l’attentat, Nadia Matoub refusera de croire à la disparition de son époux. Debout devant sa tombe, des mois durant, elle persistera à se dire qu’il est toujours vivant, tout en se rendant sur ses béquilles fleurir sa tombe. «Même là-bas, dans ce cimetière, écrit-elle, je ne réalisais pas sa mort». Trois mois plus tard, Nadia décide de quitter son pays pour s’installer en France, portant à jamais, dans son âme, le deuil d’un époux de vingt ans son aîné... Pendant cette seule année qu’ils ont vécu ensemble, raconte-t-elle, ils ne se sont quittés que quelques jours, lorsque le chanteur était parti enregistrer son dernier disque, à Paris... «Comment imaginer, quand on a 22 ans, que tout cet immense bonheur peut s’arrêter brusquement ?», se demande-t-elle aujourd’hui... Grâce à ce livre, cette femme brisée a pu reconstituer sa vie et vaincre le refus qu’elle opposait elle-même à sa mémoire, refusant obstinément de vivre le présent... Même si, comme elle le dit, «elle vit toujours entre parenthèses, passant des heures à écouter les chansons de l’absent, à lire ses poèmes», elle trouve la force de reprendre le flambeau de son identité. «Je suis Kabyle proclame-t-elle, Algérienne, oui, mais Kabyle»... Même si les meurtriers du chanteur n’ont pas encore été arrêtés, «dans chaque famille kabyle, proclame sa veuve, on porte toujours le deuil de Lounès Matoub»...
Nadia Matoub aurait pu être une héroïne de Lorca. Superbe brune aux yeux clairs, se tenant droite, cette veuve de moins de trente ans est un personnage de tragédie qui assume son rôle avec une dignité superbe. Nadia Matoub était l’épouse du chanteur kabyle Lounès Matoub, assassiné en 1998. Treize mois après leur mariage, le mari a été tué par des fanatiques algériens au cours d’un guet-apens devant les yeux de son épouse. La vie commune du couple n’a duré que ce laps de temps très court, qu’elle détaille aujourd’hui dans un ouvrage paru aux Éditions Robert Laffont, intitulé Pour l’amour d’un rebelle. Lounès Matoub, poète et chanteur, était l’idole du peuple kabyle. Blessée gravement elle-même au cours de l’attentat, Nadia Matoub refusera de croire à la disparition de son époux. Debout devant...