Le dollar continuait à être offert à Beyrouth hier mais dans une proportion ne dépassant guère les besoins des opérateurs en livre libanaise soit à des fins commerciales ou de couverture de quelques positions de change, entraînant une contraction de l’activité dans un marché prudemment calme. Dans ce contexte, l’action de la Banque du Liban (BDL) est venue encore une fois déterminer les marges de fluctuation du billet vert. En maintenant sa fourchette d’intervention en l’état entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, La BDL est parvenue à le faire fixer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999 pendant qu’il se négociait effectivement tout près du haut de sa fourchette d’intervention, et très souvent en dehors d’elle, entre 1 513,00 et 1 514,00 LL. Mais, en raison de la réticence des opérateurs aussi bien à l’offre qu’à la demande du billet vert, le volume d’affaires de la journée d’hier ne devait guère se développer, ne dépassant pas au total quelque huit millions de dollars presque entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques de la place. Vulnérabilité de l’euro et du dollar avant la présidentielle américaine À l’étranger, l’euro s’est à nouveau replié sous le seuil de 0,86 dollar hier, sur les marchés des changes internationaux, alors que les investisseurs s’interrogeaient sur l’issue du scrutin présidentiel aux États-Unis qui risque d’être négatif pour la monnaie européenne en cas de victoire du candidat républicain George W. Bush. Les analystes estiment toujours qu’une victoire des republicains aux États-Unis rendrait moins probable un geste de la Réserve fédérale américaine (Fed) pour venir en aide à l’euro. Certes, les yeux étaient tournés tout le long de la journée d’hier vers les États-Unis où l’issue d’un scrutin présidentiel particulièrement serré pèse sur l’euro et le dollar simultanément. Bien que la plupart des sondages américains donnent une légère avance à G.W. Bush, la dernière enquête quotidienne MSNBC, publiée lundi soir, accordait au vice-président démocrate Gore 48 % des intentions de vote contre 46 % à son rival républicain. De l’avis unanime des professionnels, une victoire de Bush serait à l’avantage du billet vert dans la mesure où elle pourrait encourager les flux de capitaux vers les États-Unis et déboucher sur de nouvelles hausses des taux d’intérêt. Dans cette perspective, l’élection de Bush à la magistrature suprême américaine aurait un impact négatif sur l’euro face au dollar, car les déclarations des républicains laissent penser qu’ils seront moins favorables à une intervention pour soutenir la devise européenne. Le marché s’interroge également sur le remplacement de Lawrence Summers, le secrétaire américain au Trésor, en cas de victoire républicaine. Les experts prévoient l’arrivée de Lawrence Lindsey, le conseiller économique de George Bush, plutôt connu pour ses positions anti-interventionnistes. En revanche, une victoire d’Al Gore serait favorable à l’euro, car l’actuel vice-président a déjà fait un geste pour aider la Banque centrale européenne (BCE) lors de l’intervention concertée des banques centrales du groupe des Sept (pays occidentaux les plus industrialisés) le 22 septembre dernier, à laquelle la Fed avait participé. En attendant donc l’issue du scrutin présidentiel américain, l’euro a fait preuve de vulnérabilité au-dessus du seuil de 0,86 dollar hier, souffrant de la baisse de la production industrielle en Allemagne de 1,6 % en septembre contre une hausse de 1,00 % en août. En effet, le dollar s’est négocié légèrement à la hausse face à l’euro et les monnaies qui lui sont attachées, tout en éprouvant le besoin de souffler contre le sterling et le yen, et ce comme suit : – 0,8605 pour l’euro contre 0,8620, la veille à New York – 1,4340 pour un sterling contre 1,4275 – 2,2730 DM contre 2,2695 – 7,6230 FF contre 7,6115 – 1,7675 FS contre 1,7660 – 2 250,20 lires contre 2 246,80 – 107,10 yens contre 107,45. Bourse de Beyrouth : baisse de Solidere B À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est encore affaiblie hier sous l’impulsion de la baisse des actions B de Solidere de 7 5/8 à 7 1/2 dollars, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu 0,17 % à 64,87 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu invariablement à 141,32 points. Pour ce qui est du volume d’affaires, il est resté peu étoffé avec seulement 28 497 actions négociées d’une valeur globale de 117 962 dollars. Les marchés américains attentistes Sur les places boursières internationales, les marchés d’actions américains ont un peu reculé hier alors que les Américains votaient pour élire leur nouveau président et que les technologiques pâtissaient de la déception causée par les perspectives de Cisco Systems. L’élection américaine, la plus serrée depuis 1960, a occupé hier les esprits. C’est ainsi qu’après un sondage faisant ressortir une avance de dernière minute pour le candidat démocrate Al Gore face à son rival républicain George W. Bush, Wall Street devait renouer avec la baisse. En outre, Cisco, premier fabricant mondial d’équipements de réseaux informatiques, a annoncé des résultats trimestriels légèrement supérieurs aux prévisions, mais certains investisseurs se sont inquiétés des prévisions peu enthousiastes de cette société aux fournisseurs de services téléphoniques. Cela étant et compte tenu aussi de l’annonce par VoiceStream Wireless d’une aggravation de ses pertes au troisième trimestre, le secteur de la haute technologie, le plus représentatif de la Bourse Nasdaq, ne tardait pas lui aussi à se ressentir de ces développements. Toutefois, l’expectative devait prévaloir sur les marchés américains avant les résultats des présidentielles qui seront publiés dans la nuit de mardi à mercredi aux États-Unis. Cela d’autant que les derniers sondages restaient très indécis entre les deux candidats démocrate et républicain. Dans cette attente, l’indice composite Nasdaq a perdu un peu de terrain après avoir oscillé entre 3 360 points et 3 435 points. Il en est de même de l’indice Dow Jones des industrielles à Wall Street qui, après un plus haut à 10 996,55 points et un plus bas à 10 926,02 points, a affiché en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 949,91 points, en baisse de 27,30 points sur la veille. Indécision des Bourses européennes Les marchés d’actions européens ont terminé la séance sur une note mitigée mardi, la baisse des valeurs technologiques pesant sur la tendance, alors que les marchés attendaient le résultat de l’élection présidentielle américaine la plus serrée depuis quarante ans. Illustration de cette indécision, l’indice Eurotop 300, paneuropéen, était à peu près stable par rapport à lundi, alors que l’Eurostoxx 50, limité à la zone euro, s’est retourné en baisse et perdait 0,26 %. Les prises de bénéfices ont été particulièrement fortes sur les fabricants d’équipements de télécommunications. Le finlandais Nokia a perdu 4,1 % à 48,30 euros, tandis que son concurrent suédois Ericsson cédait 3,4 % à 126,50 couronnes. Le britannique Marconi a perdu 0,45 %. Le français Alcatel a en revanche gagné 2,2 % à 77 euros. Selon les opérateurs de marché, le courtier Morgan Stanley Dean Witter a réduit sa prévision de bénéfice par action 2000 pour Ericsson à 2,15 - 2,2 couronnes contre 2,4 couronnes auparavant. L’analyste de MSDW, Angela Dean, s’est refusée à commenter cette information. Dean, qui a rencontré les responsables d’Ericsson lundi, a toutefois précisé qu’elle n’avait pas modifié son conseil de «surperformance» sur le titre et son objectif de cours de 160 couronnes. Les analystes de Goldman Sachs et ceux de Merrill Lynch n’ont a priori pas modifié leurs conseils et leurs estimations. Le néerlandais Philips Electronics (PHG.PA), qui fabrique, entre autres produits, des combinés mobiles, a perdu près de 4 % à 45,60 euros. Le repli des deux géants du téléphone mobile a fait baisser l’indice Dow Jones Stoxx des technologiques qui a cédé 2,5 %. Tokyo : en baisse La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse de 0,2 % mardi après avoir atteint la veille son plus haut niveau en deux semaines grâce aux performances du Nasdaq américain. L’indice de référence Nikkei-225 a chuté de 31,11 points à 15 340,33 après avoir franchi le cap de 15 000 points lundi pour la première fois depuis le 24 octobre. L’indice élargi Topix a cédé 2,62 points à 1 452,66 dans un volume en baisse à 525 millions de titres contre 702,2 millions lundi. «La progression d’hier ayant été la deuxième plus forte de l’année, les cours ont baissé sur des prises de bénéfices», a noté Hiroichi Nishi, analyste de Nikko Securities. «Mais les valeurs hight-tech, dont celles des télécoms, ont reçu du soutien», a-t-il ajouté. L’activité a été relativement réduite, les investisseurs institutionnels attendant le résultat de l’élection présidentielle américaine, selon Hiroyuki Kakizawa, responsable du département actions d’Orix Securities. «On dit que, pour le marché, une victoire de (George W.) Bush serait plus favorable mais l’impact du résultat devrait être faible sur le marché japonais», a-t-il estimé. Les échanges se sont amenuisés au fur et à mesure de la séance mais la baisse de 0,2 % peut-être considérée comme positive étant donné le bond opéré lundi, a déclaré de son côté Kioichi Kawata, courtier de Sakura Friend Securities. Les valeurs bancaires ont dans l’ensemble reculé. Bank of Tokyo-Mitsubishi a perdu 29 yens, soit 2,3 %, à 1 259 yens et Sanwa Bank Ltd a abandonné huit yens à 951.
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