Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

New York Hillary et Rick, deux candidats que tout sépare

Elle l’appelle l’autruche. Il l’appelle l’oiseau de mauvais augure. Dans cette campagne électorale pour le siège de sénateur de l’État de New York qui aura duré plus de seize mois, l’opinion des électeurs balance encore. Les sondages montrent que Hillary Clinton mène par 49 % contre 41 %. Mais ces statistiques peuvent encore changer. Les électeurs restent divisés. Quel candidat pourrait-il faire un meilleur travail pour améliorer l’économie de l’État de New York ? Les électeurs de Upstate New York, qui sont à majorité républicaine, donnent à Rick Lazio un meilleur espoir, malgré les attaques persistantes de Hillary Clinton sur son incompétence à résoudre les problèmes économiques. Car pour elle, la situation économique de Upstate New York n’a pas suivi le même «boom» économique que New York, Long Island ou Hudson Valley. Cette petite femme toujours sur la défensive, qui a troqué ses tailleurs colorés pour le tailleur-pantalon noir au chemisier rose fuschia ou orange à grand col, aime les bains de foule. Elle s’avance tout sourire, la tête droite, le regard bleu vif illuminé par la chaleur de l’accueil, d’un pas assuré, saisissant toujours rapidement les mains qui se tendent sur son passage. Elle se sent en terrain conquis. N’est-elle pas après tout la Première dame des États-Unis ? Après huit ans de règne, elle a appris à se frayer un chemin parmi la foule. Son époux, Bill Clinton, véritable animal politique, a le génie de faire campagne. Il lui a appris comment réussir, comment «aller vers les gens» sans attendre qu’ils viennent à elle. Longtemps observatrice, elle devient actrice. Elle a observé le comportement électoral de Bill depuis plus de vingt ans. N’est-il pas le roi des illusions sachant donner à chaque électeur potentiel l’impression qu’il est unique ? Ne refusant jamais un autographe, il est tout sourire, plein de charme. Sa moue est légendaire. Toujours frais et pimpant, il semble être une véritable star de Hollywood. Comme une bonne élève, Hillary – c’est ainsi qu’elle veut qu’on l’appelle – a appris la leçon. Elle mime son mari. Ça marche. Elle a tant attendu son heure. Dans deux mois, Bill quittera la Maison-Blanche et c’est à son tour de jouer. Quelle ivresse pour cette femme à l’ambition démesurée ! Quelle belle revanche savoure-t-elle après avoir été publiquement humiliée dans l’affaire Monica, par les sénateurs conservateurs qui avaient torpillé son projet de réforme de la Sécurité sociale, par la presse qui la méprisait ou la craignait ! Tout semble aujourd’hui faire partie d’un passé oublié. Monica est dans le placard, Bill Clinton va s’occuper de sa bibliothèque dans l’Arkansas. La Sécurité sociale passe au second plan… Elle promet, une fois élue, d’imposer un meilleur système d’aide médicale. Car elle est sûre d’être élue. Quant à la presse, le tout puissant New York Times et le Daily News l’ont officiellement choisie. Hillary représente pour la femme américaine le symbole de la libération, l’illustration de la femme qui a su s’imposer malgré ses déboires conjugaux. Elle est «simply the best». Les femmes la soutiennent maintenant et voteront pour elle. Quelque soit le résultat de la course au Sénat, Hillary aura mûri et changé. Elle est devenue son propre maître. Avocate de talent, elle s’exprime clairement, articule avec un accent du Midwest. Elle est populiste mais pas nécessairement populaire. Son slogan, «Battez-vous pour moi, je me battrai pour vous», semble marcher. Lazio fier de ses racines Officiellement choisi par le New York Post, Rick Lazio de Long Island, est un New-Yorkais de pure souche. Fier de ses racines, il ne manque pas une occasion de rappeler à sa rivale ses origines non new-yorkaises. «Seul un New-Yorkais peut comprendre les New-Yorkais», répète-t-il à souhait. Il a affaire à dure partie. Le jeune Rick Lazio n’est pas Rudolph W. Giuliani, qui a dû se retirer de la campagne pour raisons de santé. Il a du mal à trouver les arguments convaincants contre Hillary. Malgré ses attaques, elle reste imperturbable. Il met l’accent sur la débâcle dévastatrice de son projet de réforme de la Sécurité sociale. Mais cela ne fait aucune différence, ne change en rien. Son soutien à Israël, son refus du financement des Arabo-Américains, qu’il appelle souvent «Muslim Americans» et son programme concernant l’éducation, le système scolaire, les familles déshéritées et le système de santé attirent un grand nombre d’électeurs. Rick Lazio a des chances non négligeables de remporter la bataille. Lors du dernier débat télévisé, il a attaqué Mme Clinton l’accusant d’appuyer l’État palestinien et de s’associer avec les leaders palestiniens radicaux, menaçant par là la Sécurité d’Israël et portant un coup sévère au processus de paix. Ces arguments font recette. Mme Clinton s’en défend bien entendu et l’attaque l’accusant d’éviter de discuter ses points de vue concernant la Sécurité sociale, les taxes et l’économie, préférant soulever des questions sans fondement sur son engagement vis-à-vis de la Sécurité d’Israël. Mais, Rick Lazio a la lourde machine républicaine derrière lui. L’actuel maire de New York, qui a quitté la course, vient de lui donner un sérieux coup de main. Dans un message publicitaire ciblé, il s’est adressé aux électeurs juifs. Le maire y faisait les louanges de Rick Lazio comme grand défenseur de l’État hébreu. Lors des derniers sondages réalisés par le New York Magazine, 18 % des électeurs estimaient que Rick Lazio n’a pas d’opinion, contre 30 % qui ne connaissent pas ses prises de positions. À la question de savoir pourquoi Hillary Clinton veut devenir sénateur, 29 % affirment ne pas savoir pourquoi. 46 % pensent que la Première dame utilise le siège de sénateur comme tremplin pour la présidence, tandis que 42 % croient qu’elle est vraiment engagée à servir les New-Yorkais. Si Hillary a l’aval des médecins, des avocats, des «fashionistas» et des journalistes, Rick Lazio a avec lui la rue, Wall Street et le monde de la publicité. Tous ces sondages montrent le climat passionnel dans lequel vit New York avant le jour fatidique du 7 Novembre.
Elle l’appelle l’autruche. Il l’appelle l’oiseau de mauvais augure. Dans cette campagne électorale pour le siège de sénateur de l’État de New York qui aura duré plus de seize mois, l’opinion des électeurs balance encore. Les sondages montrent que Hillary Clinton mène par 49 % contre 41 %. Mais ces statistiques peuvent encore changer. Les électeurs restent divisés. Quel candidat pourrait-il faire un meilleur travail pour améliorer l’économie de l’État de New York ? Les électeurs de Upstate New York, qui sont à majorité républicaine, donnent à Rick Lazio un meilleur espoir, malgré les attaques persistantes de Hillary Clinton sur son incompétence à résoudre les problèmes économiques. Car pour elle, la situation économique de Upstate New York n’a pas suivi le même «boom» économique que New York,...