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Actualités - Chronologie

Le paradoxe Ralph Nader : le candidat vert peut décider de l’élection

Le candidat du Parti Vert Ralph Nader, rejetant avec un malin plaisir les appels à rejoindre les démocrates, peut contribuer mardi à la chute du vice-président Al Gore et à l’avènement d’un président républicain, George W. Bush, dont l’environnement n’est pas la priorité. Légende vivante de la défense des consommateurs, Ralph Nader n’est crédité que de 3 % des intentions de vote au plan national, mais son score pourrait être supérieur dans six États indécis de l’Ouest et du Nord. Dans cette élection présidentielle extrêmement serrée, Nader pourrait ainsi empêcher Gore d’emporter ces États-clé et donc de gagner la Maison-Blanche. Ralph Nader, 66 ans, est dès lors qualifié de «trouble-fête», alors que l’autre petit candidat, l’ultraconservateur Pat Buchanan (1 % selon les sondages), ne menace pas les chances de Bush, qui a su rassembler le camp républicain. Des républicains ont été jusqu’à financer des publicités télévisées favorables à Nader. Alors que ce dernier intéresse subitement les télévisions et attire des foules respectables en fin de campagne, les appels à ses sympathisants — écologistes ou déçus de l’establishment — se sont multipliés ces derniers jours. Le président sortant Bill Clinton a demandé aux écologistes de voter Gore et non Nader. Tout comme le colistier de Gore, Joe Lieberman, selon qui «la protection de l’environnement, celle des consommateurs, le droit à l’avortement seront menacés si le gouverneur Bush est élu». Selon un sondage Time Magazine, 60 % des Américains pensent du reste que Gore serait meilleur que Bush (32 %) en matière d’écologie. Les grands journaux favorables à Al Gore, un passionné d’environnement, en font de même. Le Washington Post souligne que «les démocrates sont beaucoup plus proches que les républicains» des positions de Ralph Nader sur l’environnement, la fiscalité, la couverture médicale, du rôle de l’État et même de la réforme du financement électoral. Le site Internet «nadertrader» a recommandé un «vote utile», par un échange entre les voix de Verts votant Gore dans les États incertains et de démocrates votant Nader là où Bush est sûr de gagner. L’échange permettrait à Al Gore de remporter la victoire et à Nader d’obtenir 5 % des voix au plan national, son but immédiat pour que son parti reçoive un financement fédéral. Mais l’intéressé n’en a cure. Il refuse de se désister ou d’appeler ses partisans à ne pas voter pour lui dans les États sensibles. Selon lui, il n’y a pas de différence entre «Bore et Gush» et les deux candidats sont «blanc bonnet et bonnet blanc» car ils sont achetés par les intérêts capitalistes. «17 des 20 groupes ayant donné le plus d’argent aux deux candidats sont les mêmes», a écrit M. Nader vendredi dans le journal USA Today. D’après lui, Clinton et Gore ont combattu les syndicats et passé des traités de libre-échange nuisant à l’ouvrier américain et ils n’ont pas su, malgré la prospérité, rénover les centres urbains ni aider les millions d’Américains sans couverture médicale. Contre vents et marées, ce brillant universitaire, gardant des complets élimés malgré quelques millions de dollars récemment gagnés en Bourse, veut maintenir son cap : «Notre espoir est de construire une force progressive par le parti Vert qui sonne l’alerte sur les grands sujets et sur l’hypocrisie des grands partis quand ils oublient leurs promesses». Ce fils d’immigrés libanais s’était déjà rendu célèbre en 1965 en faisant plier en justice General Motors et en imposant la ceinture de sécurité.
Le candidat du Parti Vert Ralph Nader, rejetant avec un malin plaisir les appels à rejoindre les démocrates, peut contribuer mardi à la chute du vice-président Al Gore et à l’avènement d’un président républicain, George W. Bush, dont l’environnement n’est pas la priorité. Légende vivante de la défense des consommateurs, Ralph Nader n’est crédité que de 3 % des intentions de vote au plan national, mais son score pourrait être supérieur dans six États indécis de l’Ouest et du Nord. Dans cette élection présidentielle extrêmement serrée, Nader pourrait ainsi empêcher Gore d’emporter ces États-clé et donc de gagner la Maison-Blanche. Ralph Nader, 66 ans, est dès lors qualifié de «trouble-fête», alors que l’autre petit candidat, l’ultraconservateur Pat Buchanan (1 % selon les sondages), ne menace...