Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

PHILIPPINES Estrada de plus en plus affaibli et isolé politiquement

Après le monde des affaires et l’Église, le président de l’Assemblée nationale philippine a lâché hier le président Joseph Estrada, accusé de corruption et de plus en plus isolé dans son refus de démissionner. Manuel Villar, président de l’Assemblée, a annoncé dans la matinée sa démission du parti au pouvoir avec quelque 40 députés du même parti. «Nous essayons d’obtenir une majorité de façon à rendre possible une action de destitution», a déclaré Manuel Villar sur les ondes de la radio DZRH. Auparavant, le ministre du Commerce Manuel Roxas avait démissionné ainsi que les cinq conseillers économiques du président philippin, y compris un ex-gouverneur de la Banque centrale. Les rangs des partisans de Joseph Estrada, un ancien acteur de série B élu en 1998 et accusé d’avoir touché des millions de dollars de pots-de-vin d’organisateurs de jeux clandestins, s’éclaircissent chaque jour davantage. L’opposition avait annoncé son intention d’organiser une grande journée nationale de protestation samedi prochain pour contraindre le président Estrada, 63 ans, à démissionner. Deux membres influents du Congrès philippin, Neptali Gonzales et Ralph Recto, ont annoncé de leur côté jeudi qu’ils démissionnaient de la coalition au pouvoir. «La crise est le résultat d’une perte de confiance dans le leadership. La seule solution est la démission d’Estrada», a déclaré M. Gonzales. Un haut responsable gouvernemental a estimé que la démission de toute l’équipe des conseillers économiques de la présidence «renforcera les doutes sur la légitimité de l’actuelle administration aux yeux de la communauté internationale». Le monde des affaires est devenu de plus en plus critique à mesure que la crise politique détériore la situation économique. Le peso philippin a déjà perdu près de 10 % depuis le début du mois face au dollar et plus de 20 % depuis le début de l’année. Les investissements, notamment étrangers, stagnent et la Bourse de Manille est en pleine dégringolade. Mercredi, le gouverneur de la Banque centrale, Rafael Buenaventura, a averti que les Philippines allaient bientôt entrer en récession si la crise politique n’était pas réglée rapidement. Le chef de l’État, baptisé «Erap» par les Philippins, a jusqu’à présent refusé de démissionner, en dépit des nombreuses injonctions lancées dans tout le pays à la suite des accusations formulées par un de ses anciens proches, Luis Singson. Outre l’opposition, emmenée par la vice-présidente philippine Gloria Arroyo, M. Estrada fait également face à la pression de la rue et de l’Église catholique très influente aux Philippines où la majorité de la population est catholique. Le cardinal Jaime Sin, premier personnage de l’Église aux Philippines, a clairement demandé la démission de M. Estrada en assurant qu’il n’avait plus la stature morale pour gouverner.
Après le monde des affaires et l’Église, le président de l’Assemblée nationale philippine a lâché hier le président Joseph Estrada, accusé de corruption et de plus en plus isolé dans son refus de démissionner. Manuel Villar, président de l’Assemblée, a annoncé dans la matinée sa démission du parti au pouvoir avec quelque 40 députés du même parti. «Nous essayons d’obtenir une majorité de façon à rendre possible une action de destitution», a déclaré Manuel Villar sur les ondes de la radio DZRH. Auparavant, le ministre du Commerce Manuel Roxas avait démissionné ainsi que les cinq conseillers économiques du président philippin, y compris un ex-gouverneur de la Banque centrale. Les rangs des partisans de Joseph Estrada, un ancien acteur de série B élu en 1998 et accusé d’avoir touché des millions de...