Sven-Goran Eriksson, l’entraîneur suédois de la Lazio de Rome, a une mission à la fois simple et compliquée à partir du 1er juillet 2001 : permettre à l’Angleterre, le pays qui a inventé le football, puis révolutionné le foot-business de revenir au sommet du football mondial. Tout auréolé de ses succès aux trois coins de l’Europe (Suède, Portugal, Italie), Eriksson aura théoriquement carte blanche jusqu’en 2006, pour réussir là où tous ses prédécesseurs ont échoué depuis 1966, depuis cette finale à Wembley de la World Cup anglaise, remportée par Bobby Charlton et ses copains. «C’est un nouveau départ pour l’Angleterre», a résumé Adam Crozier, le jeune directeur exécutif de la Fédération anglaise (FA). Écossais comme sir Alex Ferguson, Crozier a été embauché pour donner des résultats et il n’a que faire de la tradition. C’est bientôt la fin de l’an 2000, Wembley va tomber sous les coups des bulldozers et l’Angleterre a donc un sélectionneur suédois. «Je suis dégoûté, je ne peux pas croire qu’aucun Anglais n’est capable de faire ce boulot», a réagi Stanley, de Basildon, un téléspectateur de Sky, la chaîne qui finance le football anglais. «Il peut bien venir de la planète Mars, je m’en fiche, du moment qu’il apporte les résultats», a rétorqué Brian, de Northampton, dans l’émission «Your Call». Résultat de ce sondage instantané : match nul, 50 % de passéistes et de nationalistes, 50 % de modernistes et de réalistes. Pour les «anciens», il faut continuer à miser sur «l’esprit d’équipe» et la «fierté d’être anglais». Pour les «modernes», il faut importer de l’étranger ce qu’il y a de meilleur, il faut un sélectionneur intelligent et capable d’imposer une tactique gagnante. Œil neuf Bobby Robson a tenu de 1982 à 1992, Terry Venables a amené l’Angleterre jusqu’à une demi-finale de l’Euro-96, puis Glenn Hoddle et Kevin Keegan se sont succédé, adeptes des théories de la «motivation». Pour l’un, le succès pouvait venir d’une recherche personnelle et pour l’autre de l’enthousiasme collectif : recalés, faute de résultats. Eriksson aura forcément un œil neuf, et il se rendra très vite compte que dans le football moderne il vaut peut-être mieux jouer en 3-5-2 avec le jeune et brillant Kieron Dyer sur le côté droit, plutôt qu’en 4-4-2 avec un Phil Neville qui a souvent montré ses limites, mais conservé sa place. L’Angleterre a du talent, mais il se morfond souvent sur les bancs de touche, barré par les étrangers en club et par les tauliers en sélection. Alors, bien sûr, Eriksson n’aura pas de carnet de chèques pour acheter les meilleurs joueurs, comme à la Lazio, et la presse anglaise ne lui fera aucun cadeau. Mais il le sait, alors il a déjà négocié quelques compensations. La FA va vraisemblablement lui payer près de trois millions de livres par an (plus de quatre millions d’euros) pour préparer une dizaine de matchs internationaux, un salaire bien supérieur à celui d’Alex Ferguson à Manchester United ou Arsène Wenger à Arsenal, pour préparer 60 matchs par saison. Un salaire royal pour le Suédois, et un seul objectif : ramener la couronne.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Sven-Goran Eriksson, l’entraîneur suédois de la Lazio de Rome, a une mission à la fois simple et compliquée à partir du 1er juillet 2001 : permettre à l’Angleterre, le pays qui a inventé le football, puis révolutionné le foot-business de revenir au sommet du football mondial. Tout auréolé de ses succès aux trois coins de l’Europe (Suède, Portugal, Italie), Eriksson aura théoriquement carte blanche jusqu’en 2006, pour réussir là où tous ses prédécesseurs ont échoué depuis 1966, depuis cette finale à Wembley de la World Cup anglaise, remportée par Bobby Charlton et ses copains. «C’est un nouveau départ pour l’Angleterre», a résumé Adam Crozier, le jeune directeur exécutif de la Fédération anglaise (FA). Écossais comme sir Alex Ferguson, Crozier a été embauché pour donner des résultats et il...