La Russie a signé hier un contrat d’armement de plus de 3 milliards de dollars avec l’Inde, l’un des plus gros accords en matière de défense conclus par Moscou depuis la fin de l’URSS, qui confirme sa détermination à renforcer son rôle sur le marché international des armes. Ce contrat, qui souligne aussi la volonté de la Russie d’être un acteur de premier plan en Asie, avait été décidé lors d’un voyage en Inde du président Vladimir Poutine début octobre. Signé hier à Irkoutsk (Sibérie), le contrat porte sur la production sous licence de 140 chasseurs Sukhoï SU-30MKI, sur une période de 17 ans, par l’entreprise aérospatiale indienne, Hindustan Aeronautics Ltd, a annoncé Rosoboronexport, la société qui a le monopole des exportations d’armes russes. «C’est, selon moi, le plus gros contrat de l’époque postsoviétique», a déclaré Konstantin Makienko, directeur adjoint du Centre d’analyse stratégique et technologique russe. Les appareils – dont l’avionique viendra de France, d’Israël, d’Ukraine, d’Inde et de Russie – «seront à 60 % construits à Irkoutsk. L’usine a ainsi du travail pour des années, et aura les moyens d’investir dans de nouveaux projets», ajoute-t-il. «Sukhoï sera ces 15 prochaines années l’un des leaders mondiaux sur le marché des avions de combat», estime de son côté Alexandre Simakov, spécialiste des marchés d’armement, cité par l’agence Itar-Tass. La Russie, quatrième vendeur d’armes au monde après les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, revient en force sur ce marché depuis deux ans. Elle a encore multiplié les contacts cette année, en Chine, en Turquie, ou en Iran, où se trouve actuellement le ministre russe de la Défense Igor Sergueïev. Chasseurs Sukhoï ou avions de combat MiG, chars T-90 ou contre-torpilleurs, les armes russes se vendent de mieux en mieux. Après des exportations portant sur 2,5 mds en 1998, puis 3,5 mds en 1999, les autorités s’étaient fixées pour objectif en 2000 plus de quatre milliards de dollars de ventes d’armes. Elles seront sans doute très légèrement en dessous de l’objectif affiché, à «3,8 milliards de dollars», selon M. Makienko. Et ce sera «un record absolu pour la Russie postsoviétique». Les carnets de commandes approchent les 15 milliards de dollars, selon les experts. Mais pour grignoter des parts de marché supplémentaires sur les États-Unis (26 mds de dollars de ventes d’armes, selon le dernier rapport de l’IISS), la Grande-Bretagne (10 mds de dollars) ou la France (6,6 mds), Moscou devra toutefois diversifier sa clientèle. «La Chine et l’Inde représentent 80 % des ventes d’armes russes. Et ces clients dictent leurs prix», relève M. Makienko. La Russie pourrait porter ses efforts davantage vers les pays du Proche-Orient, premiers acheteurs d’armes du monde, et l’Asie du Sud-Est (Malaisie, Indonésie, Singapour), également très demandeurs, relèvent les analystes. Mais l’industrie militaire russe doit aussi investir dans la recherche et les nouvelles technologies. Les succès actuels reposent sur des acquis datant de l’URSS. L’argent manque, les jeunes diplômés désertent le secteur au profit des banques ou du commerce. «Ce qui se vend aujourd’hui a été conçu dans les années 70 ou 80», note un expert occidental.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Russie a signé hier un contrat d’armement de plus de 3 milliards de dollars avec l’Inde, l’un des plus gros accords en matière de défense conclus par Moscou depuis la fin de l’URSS, qui confirme sa détermination à renforcer son rôle sur le marché international des armes. Ce contrat, qui souligne aussi la volonté de la Russie d’être un acteur de premier plan en Asie, avait été décidé lors d’un voyage en Inde du président Vladimir Poutine début octobre. Signé hier à Irkoutsk (Sibérie), le contrat porte sur la production sous licence de 140 chasseurs Sukhoï SU-30MKI, sur une période de 17 ans, par l’entreprise aérospatiale indienne, Hindustan Aeronautics Ltd, a annoncé Rosoboronexport, la société qui a le monopole des exportations d’armes russes. «C’est, selon moi, le plus gros contrat de...