Pourquoi changer d’entraîneurs ? Dans l’esprit des présidents de clubs de football, à l’instar de Carlo Molinari qui vient d’annoncer à Metz le remplacement de Joël Muller par Albert Cartier, le changement doit provoquer un choc salutaire quand les résultats se font attendre. Ce n’est pas si simple. À Saint-Étienne, Toulouse, Marseille, Strasbourg et Paris, cinq techniciens ont déjà été remerciés. Que l’on sache, les équipes en question n’ont pas pour autant vécu le miracle de la résurrection. Saint-Étienne occupait la 14e place lors du remplacement de Robert Nouzaret par John Toshack après la 9e journée. À la trêve, intervenue après la 22e journée, les Verts n’ont gagné qu’une place au classement sous la férule du Gallois à la main de fer. Toulouse était lanterne rouge quand Alain Giresse a été prié de céder sa place à... Nouzaret, au soir de la 10e journée. À Noël, l’équipe de la ville rose broie toujours du noir en avant-dernière position. Sous la baguette de Yvon Pouliquen, qui a remplacé Claude Le Roy, Strasbourg a fait le trajet inverse en cinq matches, de l’avant-dernière à la dernière place. À Marseille, l’OM n’a gagné que deux positions depuis l’arrivée de l’ex-sélectionneur espagnol Javier Clemente (de la 16e à la 14e). Enfin, au Paris SG, Luis Fernandez n’a pas eu encore le temps depuis début décembre de faire mieux que son prédecesseur Philippe Bergeroo (une victoire, deux nuls, une défaite, deux buts marqués en quatre matches, une qualité de jeu encore affligeante). Redistribution des rôles «Un entraîneur se donne toujours à fond, avec ou sans la crainte du renvoi. Il n’y a pas de négligents», affirme Guy Roux, ex-entraîneur d’Auxerre et président du syndicat des entraîneurs, qui s’est déclaré hier «complètement consterné» par le licenciement de Muller, en poste depuis onze ans. Le changement d’entraîneur n’est pourtant pas qu’un simple jet de poudre aux yeux. À défaut de relancer une équipe, il permet souvent d’assainir l’ambiance d’un vestiaire, de redistribuer les rôles et de changer quelques méthodes. À Paris, le torchon brûlait entre Philippe Bergeroo et la jeune garde (Anelka, Luccin, Dalmat), qui aurait même, selon certains témoignages, lever le pied à Sedan (défaite 5 à 1) pour précipiter son départ. Ex-joueur et entraîneur du PSG, charismatique et gouailleur, Fernandez colle mieux à l’image et aux aspirations de l’équipe la plus médiatique de France avec l’OM. Au Vélodrome, le Brésilien Abel Braga était trop gentil avec ses joueurs, de l’avis de certains. Clemente a su résoudre ce problème sans trop forcer sur sa nature autoritaire. À Metz, actuellement en position de relégable à la 16e place, Cartier promet déjà un changement de méthode pour tenter d’imprimer sa marque après le long règne de Muller (plus de onze ans et 408 matches sur le banc lorrain). Pour assurer le maintien, il compte aussi sur de nouveaux renforts, aussi importants, sinon davantage, que les mouvements en marge du terrain.
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