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Actualités - Chronologie

PHILIPPINES Triste Noël pour la très catholique Manille secouée par les scandales

Premier pays catholique d’Asie, les Philippines se préparent cette année à un triste Noël en raison de la chute de la monnaie nationale liée au flottement de la situation politique entraînée par le procès en destitution du chef de l’État. Traditionnellement la période des fêtes de fin d’année est l’occasion, à Manille en particulier, d’une consommation frénétique et d’un formidable déploiement de décorations dans la joie et la bonne humeur. Cette année en revanche c’est l’inquiétude et la parcimonie qui dominent. «L’habituelle pointe de Noël n’est pas là cette année en raison des incertitudes politiques», souligne Leni de la Rosa, experte auprès de la société financière GK Goh Securities. La valeur du peso a été pratiquement divisée par deux ces dernières années ce qui rend les achats de biens importés hors de prix compte tenu de la moyenne des revenus. En outre la Bourse de Manille est en plein marasme à cause de l’hypothèque que fait peser le sort du chef de l’État sur l’avenir du pays. Depuis une douzaine de jours, le Sénat érigé en tribunal a ouvert un procès à l’encontre du président Estrada sur lequel pèsent de forts soupçons de corruption mais aussi de favoritisme et de népotisme. Sur les écrans de télévision, les traditionnelles émissions de Noël ont laissé la place aux audiences du procès dont les comptes rendus font la Une de tous les journaux. La conférence épiscopale philippine s’est elle aussi mise au diapason du pays en soulignant dans son traditionnel message de Noël «le découragement suscité par la manière dont les évènements démoralisants assiègent la moralité». À compter de vendredi soir les audiences du procès Estrada vont être suspendues jusqu’au début de l’année prochaine et un verdict est attendu pour la mi-janvier au plus tôt. Cependant quel que soit la décision des sénateurs, l’avenir du pays n’en sera pas plus dégagé pour autant. Le président nie en bloc toutes les accusations et la question est de savoir quelle sera l’issue à la crise. Si Estrada est condamné, et par conséquent chassé du pouvoir, la vice-présidente Gloria Arroyo qui doit lui succéder pourrait elle aussi faire l’objet d’une procédure «d’empêchement» (impeachment) ce qui bloquerait encore le fonctionnement de l’exécutif pendant plusieurs mois. Pour le cas ou le président serait acquitté, les Philippins se demandent comment, après le formidable déballage de linge sale qui a secoué l’opinion tout au long du procès, il sera encore en mesure de gouverner le pays jusqu’en 2004, terme de son mandat de six ans. Pour couronner le tout, les forces de polices ont été placées en état d’alerte en raison de la crainte des autorités que le séisme politique qui frappe actuellement le pays soit mis à profit par l’opposition communiste pour perpétrer des attentats liés à l’anniversaire du Parti communiste philippin qui tombe le 26 décembre.
Premier pays catholique d’Asie, les Philippines se préparent cette année à un triste Noël en raison de la chute de la monnaie nationale liée au flottement de la situation politique entraînée par le procès en destitution du chef de l’État. Traditionnellement la période des fêtes de fin d’année est l’occasion, à Manille en particulier, d’une consommation frénétique et d’un formidable déploiement de décorations dans la joie et la bonne humeur. Cette année en revanche c’est l’inquiétude et la parcimonie qui dominent. «L’habituelle pointe de Noël n’est pas là cette année en raison des incertitudes politiques», souligne Leni de la Rosa, experte auprès de la société financière GK Goh Securities. La valeur du peso a été pratiquement divisée par deux ces dernières années ce qui rend les achats...