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Actualités - Chronologie

RUSSIE Moscou va devoir faire plus pour confirmer des résultats d’exception

La Russie a surpris cette année par la solidité de ses résultats économiques, les meilleurs de la décennie, mais le Kremlin va devoir maintenant placer la barre plus haut et prouver sa détermination à imposer une douloureuse dynamique de croissance. Le président Vladimir Poutine, qui a remplacé Boris Eltsine au Kremlin il y a près d’un an, a bénéficié d’une embellie exceptionnelle. La Russie a fait taire en 2000 ceux qui, depuis la terrible crise financière d’août 1998, la disaient pour longtemps disparue en tant qu’acteur économique. Avec une croissance du PIB approchant 7 % cette année, une production industrielle en hausse de près de 10 %, des investissements gagnant 17 %, une balance commerciale en excédent record de 60 milliards de dollars, elle a fait largement mieux que ne le prévoyaient en début d’année analystes et organismes internationaux. Elle donne en outre plusieurs signes d’un réel assainissement : les retards de salaires ont diminué, la part du troc dans les échanges a chuté de 43 % en début d’année à 20 %, les entreprises russes ont recommencé à investir. Cette situation «n’est pas seulement le simple produit de la hausse des prix des matières premières», a souligné Jacques Sapir, professeur à l’École (française) des hautes études en sciences sociales. La dévaluation du rouble, la baisse des coûts salariaux qu’elle a entraînée, le contrôle par l’État des prix énergétiques qui a permis la reconstitution des bénéfices des entreprises, la disparition du juteux marché des GKO (bons d’État) qui pompait les liquidités disponibles.... Tous ces éléments, résultats des politiques économiques mises en œuvre après la crise, ont joué, relève-t-il. Mais les succès sont fragiles. Le redémarrage de l’industrie s’est fait au prix d’une intensification de l’utilisation des équipements, dont une large majorité dépasse les délais prévus d’exploitation. Il faudra encore lourdement investir, si les producteurs nationaux veulent pouvoir survivre à l’appréciation du rouble face au dollar. Vladimir Poutine l’a lui-même souligné : «Les indices actuels ne suscitent l’optimisme que par comparaison avec ceux d’hier». Et le plus grand pays du monde reste en deçà de ce qu’il faisait «avant-hier». Si le revenu réel des ménages a enfin redressé la tête, il est toujours inférieur de quelque 20 % à ce qu’il était en 1997 (avant la crise). Si la consommation est repartie, elle ne représente encore que 89 % de ce qu’elle était fin 1997. Et près de 35 % des Russes vivent toujours avec moins que le minimum vital. Certes, on trouve enfin sur les étals des magasins des jus de fruits ou des pâtes dentifrices made in Russia. Une petite victoire après des années de dépression, où les usines s’arrêtaient les unes après les autres. «Mais pourquoi un pays capable de construire la station spatiale Mir ne pourrait-il construire des climatiseurs décents», souligne Eric Kraus, analyste de la société d’investissements Nikoïl. «Il va falloir maintenant placer la barre plus haut», ajoute-t-il. Le Kremlin va devoir s’attaquer «à la litanie des maladies post-soviétiques» : l’extrême bureaucratisation, la corruption, la faiblesse dramatique des tribunaux, le délabrement du système bancaire... L’économie russe doit passer d’une «logique de récupération» à une dynamique de développement, souligne de son côté M. Sapir. Une tâche qui heurtera de front divers groupes d’intérêts et les potentats régionaux... Tant que ces dossiers ne seront pas pris en main, les fuites de capitaux se poursuivront et les investisseurs étrangers resteront dubitatifs quant à l’attrait du Wild Wild East que reste pour eux la lointaine Russie, selon l’expression d’un homme d’affaires occidental.
La Russie a surpris cette année par la solidité de ses résultats économiques, les meilleurs de la décennie, mais le Kremlin va devoir maintenant placer la barre plus haut et prouver sa détermination à imposer une douloureuse dynamique de croissance. Le président Vladimir Poutine, qui a remplacé Boris Eltsine au Kremlin il y a près d’un an, a bénéficié d’une embellie exceptionnelle. La Russie a fait taire en 2000 ceux qui, depuis la terrible crise financière d’août 1998, la disaient pour longtemps disparue en tant qu’acteur économique. Avec une croissance du PIB approchant 7 % cette année, une production industrielle en hausse de près de 10 %, des investissements gagnant 17 %, une balance commerciale en excédent record de 60 milliards de dollars, elle a fait largement mieux que ne le prévoyaient en début...