Le dollar est resté confiné dans une marge très étroite sur le marché des changes de Beyrouth, tout près du haut de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (BDL) maintenue entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente. Cela étant et compte tenu de la réticence des opérateurs à l’offre et à la demande, le billet vert, qui a été invariablement fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, continuait à être négocié dans les transactions interbancaires entre 1 513,25 et 1 513,75 LL toute la journée, en présence d’une contrepartie valable à la vente en dehors de la BDL, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, l’activité a été encore une fois assez réduite, ne dépassant pas au total quelque six millions de dollars, entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques de la place, dans un marché équilibré de lui-même mais léthargique. Accès de faiblesse du dollar À l’étranger, l’euro s’est fermement maintenu au-dessus de 0,88 dollar, frôlant même le seuil de 0,89 dollar hier, malgré la victoire du républicain George W. Bush à la présidentielle américaine qui est supposée soutenir le billet vert. Selon les cambistes, la victoire de M. Bush, au terme d’un suspense de plus de cinq semaines, avait déjà été prise en compte par les marchés. Et d’ajouter que maintenant après que l’incertitude sur le nom du prochain président des États-Unis fut levée, les marchés ont commencé à se concentrer sur l’évolution de l’économie américaine. Or cette dernière multiplie les signes de ralentissement. Les avertissements sur les résultats émis par les grands groupes américains font trébucher Wall Street et le Nasdaq. Or la hausse des Bourses américaines, qui attire les investisseurs étrangers, était l’une des clés de la vigueur du dollar. Selon les indicateurs publiés hier, les États-Unis ont enregistré au troisième trimestre le plus important déficit des comptes courants depuis 1945, à 113,80 milliards de dollars contre 105,00 milliards au deuxième trimestre. De plus, les prix à la production ont progressé selon le département américain du Travail de 0,1 % seulement le mois dernier, au lieu de 0,2 % comme attendu, contre 0,4 % en octobre, témoignant de l’absence d’inflation et pavant la voie à un éventuel assouplissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) lors de la réunion de son comité de l’Open Market, mardi prochain. Cela d’autant qu’on apprenait du département américain du Commerce que les stocks des fabriques auraient augmenté de 0,6 % en octobre contre 0,2 % en septembre alors que les ventes de ces stocks avaient diminué de 0,2 % contre une hausse de 0,3 % pendant la même période, témoignant du net ralentissement de l’économie. L’euro n’a par ailleurs pas réagi hier à la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de maintenir à 4,75 % son principal taux d’intérêt, cette annonce étant largement attendue par les analystes. La BCE a en revanche surpris le marché en ne modifiant pas son objectif de croissance pour 2001 de la masse monétaire M3 maintenu à 4,50 % sur un an, excluant par cela tout prochain durcissement monétaire. De ce fait, les analystes se sont accordés à dire hier qu’il faut parler d’un affaiblissement du dollar plutôt que d’un euro fort, même si ce dernier profite par ricochet de la faiblesse du billet vert qui s’est négocié à New York comme suit : – 0,8890 pour un euro contre 0,8765, la veille – 1,4705 pour un sterling contre 1,4560 – 2,2000 DM contre 2,2315 – 7,3785 FF contre 7,4840 – 1,6940 FS contre 1,7150 – 2 178,05 lires contre 2 209,10 – 112,32 yens contre 112,30. Bourse de Beyrouth : tendance mitigée À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été partagée hier entre la hausse des actions B de Solidere de 7,00 à 7 1/8 dollars et la baisse des actions C de la Byblos Bank de 1 3/4 à 1 21/32 dollar, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a légèrement augmenté de 0,04 % à 64,10 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires abandonnait 0,21 % à 141,42 points. Ce mouvement s’est produit dans un marché dépourvu d’activité avec seulement 6 142 actions négociées d’une valeur globale de 28 356 dollars. Les Bourses américaines s’enfoncent dans la déprime Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont souffert hier des inquiétudes sur la performance financière des sociétés cotées, éclipsant le soulagement suscité par la prochaine arrivée du républicain George W. Bush à la Maison-Blanche. Hier, c’était au tour des deux grandes banques américaines Chase Manhattan et J. P. Morgan, en cours de fusion, d’annoncer que leurs résultats du quatrième trimestre seraient nettement inférieurs à ceux du troisième trimestre de cette année et aux prévisions des analystes, en raison d’un environnement de marché difficile et de coûts plus élevés que prévu. Les opérateurs semblaient en revanche ignorer la victoire de George W. Bush qui deviendra le prochain président américain en janvier, cet événement ayant été déjà pris en compte par les marchés. De leur part, les actions de America Online (AOL) et de Time Warner ont bondi hier, après le feu vert de la Commission fédérale du Commerce (FTC) au rachat de Time Warner par AOL, ouvrant la voie à la naissance d’un géant mondial des médias et de l’Internet. En dépit des perspectives de baisse des taux d’intérêt américains après les chiffres des prix à la production et l’évolution des stocks des fabriques et leurs ventes, les investisseurs ont été inquiétés par la détérioration du déficit des comptes courants au troisième trimestre qui a pesé aussi sur la tendance. C’est ainsi que l’indice composite Nasdaq est retombé au-dessous du seuil des 2 800 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait lui aussi à la baisse entre un plus haut à 10 798,99 points et un plus bas à 10 615,84 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 694,16 points, en baisse de 100,28 points sur la veille. Recul des Bourses européennes… Les Bourses européennes ont fortement baissé jeudi, sous le coup surtout des pertes des télécoms et des banques, alors même que Wall Street n’a pas salué la victoire de George W. Bush par la poussée en avant que l’on espérait et qui aurait pu apaiser les inquiétudes sur les résultats des entreprises. À la clôture de la plupart des places européennes, l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 a accusé une perte de 1,86 %, à 1 568,11 points, tandis que le DJ Stoxx, limité aux valeurs vedettes de la zone euro, a abandonné 1,59 %, à 4 812,37. Les valeurs des télécommunications ont perdu dans leur ensemble 3,97 %, très affectées par une résurgence des craintes de raréfaction du crédit. Parallèlement, les mises en garde sur les risques dont s’accompagnent les financements accordés à ce secteur des télécoms ont pesé sur le secteur bancaire, en baisse de 2,54 %, sous le coup également des révisions des recommandations d’analystes. Le climat général a en outre été alourdi par le «Profit Warning» de J.P Morgan et Chase Manhattan, ces deux grandes banques américaines, sur le point de fusionner, ayant à leur tour prévenu que leurs résultats seraient inférieurs aux prévisions. Outre ces deux secteurs des télécoms et des banques, la faiblesse des pétrolières due à la baisse des cours du brut a aussi pesé sur la cote, tandis que l’on notait une légère avance de valeurs défensives dans les compartiments des boissons et de la santé. «Nous restons plutôt pessimistes pour le court terme pour ce qui est des actions et nous craignons toujours une récession aux États-Unis, une éventualité qui n’a pas été intégralement inscrite dans les cours», a dit l’analyste Peter Oppenheimer, de HSBC Securities. Cinq grandes banques européennes ont accusé de lourdes pertes, Goldman Sachs ayant revu à la baisse ses recommandations sur ces établissements : ABN Amro a abandonné 5,36 %, BNP Paribas 4,02 %, Crédit Lyonnais 3,02 %, Deutsche Bank 4,71 % et Société Générale 4,76 % ... et de la Bourse de Tokyo La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse de 1,6 % jeudi, les investisseurs abandonnant une nouvelle fois les valeurs des techniques de pointe après le recul des Bourses américaines. L’indice Nikkei a perdu 241,49 points pour s’établir à 14 927,19 points en fin de séance. L’indice élargi Topix a perdu pour sa part 20,67 points, s’établissant à 1 372,23 à la clôture. Quelque 570 millions d’actions ont été échangées, contre 669,5 millions la veille. «Les investisseurs à Tokyo ont été déçus par le manque d’enthousiasme de Wall Street, qui a déjà dirigé la victoire de Bush aux élections présidentielles», a commenté Hiroshi Saito, de chez Cosmo Securities. «Ils ont pris leurs bénéfices après les gains de la veille, à la fois sur des titres chers et des titres bon marché. Le marché de Tokyo a été mené par des opérateurs attirés par le court terme», a-t-il ajouté. «Les investisseurs étrangers ont vendu principalement des actions des techniques de pointe après la réaction du marché à la chute du Nasdaq», a estimé pour sa part Hiroichi Nishi, expert chez Nikko Securities. Mercredi, l’indice Nasdaq a perdu 109 points à New York, entraîné par la chute de l’action Compaq (-12,86 %) mercredi à Wall Street, après que le groupe informatique eut annoncé que son bénéfice par action au 4e trimestre 2000 serait inférieur aux attentes des analystes. L’avertissement de Compaq a eu un effet négatif sur la Bourse de Tokyo, selon Masaru Kazma, de chez Nissan Securities. «On espérait que la fin du feuilleton de l’élection présidentielle aux États-Unis profiterait aux valeurs américaines et japonaises, mais l’attention des investisseurs a été retenue par la révision à la baisse des prévisions de Compaq», a-t-il dit. Au total, 894 titres ont baissé, 373 sont montés et 148 sont restés inchangés.
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