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Actualités - Chronologie

Les vestiges de l’ère soviétique dans un pays meurtri

Des poussives voitures Lada à l’immense tour aujourd’hui presque vide qui abritait l’ambassade de l’ex-URSS en passant par les innombrables Cubains prénommés Vladimir, Igor ou Tatiana, Cuba, qui reçoit le président Poutine, conserve les vestiges de l’ère soviétique. Auparavant et durant 30 ans, l’île a vécu dans la dépendance absolue de l’Union soviétique, dont elle a copié le modèle socialiste, encore en vigueur aujourd’hui malgré la désintégration du bloc de l’Est. Des dizaines de milliers de Soviétiques, techniciens, diplomates, conseillers techniques, militaires, ont dispensé à leur satellite des Caraïbes une «aide solidaire et désintéressée», selon l’expression consacrée et mille fois répétée par le leader cubain Fidel Castro. Lait, chaussures, frigidaires, tout venait de l’Est durant les beaux jours du camp socialiste qui représentait près de 85 % des échanges commerciaux cubains. Plus de 200 000 spécialistes cubains sont passés par des centres techniques et des universités soviétiques et de nombreux mariages cubano-russes ont fleuri en conséquence. La coopération entre Cuba et l’URSS a connu sa consécration en 1980 avec l’envoi dans l’espace du premier cosmonaute cubain, Arnaldo Tamayo Mendez, à bord de Soyouz 38. Mais les Cubains sont les premiers à reconnaître que les Soviétiques, qui avaient dans l’île leurs propres écoles, quartiers et magasins, ne se sont jamais vraiment assimilés. «Nos cultures sont par trop différentes, nous n’avons rien de commun avec eux», indique un fonctionnaire cubain. La désintégration de l’URSS, précipitant le départ en 1993 du dernier contingent militaire russe mis en place dans l’île pendant la crise des missiles de 1962, plongea Cuba dans la crise la plus grave de son histoire. Les deux pays coupèrent abruptement leurs liens privilégiés laissant Cuba «seule, au milieu d’une mer de capitalisme», selon Fidel Castro. La perte de la quasi-totalité de son marché extérieur força la population cubaine à vivre dans une économie de pénurie pudiquement baptisée «période spéciale», toujours en vigueur aujourd’hui. Ultime affront pour La Havane, le nouvel homme fort de la Russie Boris Eltsine n’hésita pas en 1994 à se ranger du côté des États-Unis pour voter contre Cuba sur la question des droits de l’homme à l’Onu et à inviter à Moscou le leader anticastriste le plus haï par La Havane, Jorge Mas Canosa. Pourtant le cordon ombilical entre les deux pays, basé essentiellement sur les échanges de sucre contre du pétrole et la présence d’une base d’écoutes électronique russe à Lourdes, n’a jamais été vraiment coupé. Après le choc initial, les échanges commerciaux entre Cuba et la Russie ont en effet lentement repris ces dernières années. Selon l’ambassadeur russe dans la capitale cubaine, Andreï Dmitriev, ils sont actuellement de l’ordre de 930 millions de dollars, soit 30 pour cent de plus qu’en 1997. «Nous pouvons parler d’une nouvelle étape dans les relations. Nouvelle parce que la Russie est différente, c’est un autre pays. Le monde est différent, Cuba aussi», dit l’ambassadeur. Parmi les chantiers inachevés par les Soviétiques et que des compagnies russes pourraient bien reprendre figure notamment la centrale nucléaire de Juraguà, dans la province de Cienfuegos, dont la construction est paralysée depuis 1992. Les États-Unis ont exprimé leur ferme opposition à une centrale nucléaire de construction russe si près de leur territoire, mais le gouvernement cubain revendique le droit d’explorer l’option nucléaire en matière d’énergie. En outre, une raffinerie de pétrole à Cienfuegos et une usine de nickel à Holguin, deux ambitieux projets soviétiques inachevés, attendent de nouveaux investisseurs.
Des poussives voitures Lada à l’immense tour aujourd’hui presque vide qui abritait l’ambassade de l’ex-URSS en passant par les innombrables Cubains prénommés Vladimir, Igor ou Tatiana, Cuba, qui reçoit le président Poutine, conserve les vestiges de l’ère soviétique. Auparavant et durant 30 ans, l’île a vécu dans la dépendance absolue de l’Union soviétique, dont elle a copié le modèle socialiste, encore en vigueur aujourd’hui malgré la désintégration du bloc de l’Est. Des dizaines de milliers de Soviétiques, techniciens, diplomates, conseillers techniques, militaires, ont dispensé à leur satellite des Caraïbes une «aide solidaire et désintéressée», selon l’expression consacrée et mille fois répétée par le leader cubain Fidel Castro. Lait, chaussures, frigidaires, tout venait de l’Est...