Le retour en politique de l’ex-Premier ministre israélien de droite Benjamin Netanyahu a suscité hier la fébrilité en Israël et des interrogations sur ses chances de surmonter les obstacles juridiques à sa candidature au poste de chef de gouvernement. Après une traversée du désert de 18 mois, M. Netanyahu, grand favori de tous les sondages d’opinion, s’est engagé dans une course contre la montre pour pouvoir rivaliser avec le Premier ministre travailliste démissionnaire Ehud Barak. Selon un sondage publié hier par le quotidien Yediot Aharonot, M. Netanyahu recueille 52 % des intentions de vote contre 32 % à M. Barak, dont la cote n’a jamais été aussi basse. M. Netanyahu doit cependant s’inscrire d’ici au 25 décembre sur la liste des candidats au scrutin pour le poste de Premier ministre, prévu dans un délai de 60 jours. C’est une gageure, car il lui faudra obtenir durant ce court laps de temps que le Parlement prononce son autodissolution en adoptant en deuxième et troisième lectures une proposition de loi en ce sens, déjà votée en première lecture le 28 novembre. Pour l’heure, à moins d’un hypothétique amendement à la loi électorale, il est écarté de la course au pouvoir, réservée aux députés, un mandat auquel il a renoncé après son écrasante défaite électorale du 17 mai 1999, face à M. Barak. En coulisses, M. Netanyahu s’est donc empressé d’exercer des pressions afin qu’une majorité absolue de 61 députés sur les 120 que compte la Knesset (Parlement) se prononce au pas de charge pour sa dissolution. Apparemment, il a d’ores et déjà réussi à arracher le soutien crucial du Shass ultraorthodoxe sépharade et de ses 17 députés. «Nous nous efforçons en premier lieu de modifier la loi électorale», a déclaré le chef politique du Shass Eli Yishaï, ajoutant que sa formation déposerait mercredi une proposition en ce sens à la Knesset. «Si nous ne parvenons pas à modifier la loi, nous nous prononcerons la semaine prochaine pour des élections anticipées», a-t-il poursuivi. Mais le maintien du statu quo parlementaire profiterait notoirement au Shass, puisqu’il a largement mordu au scrutin de mai 1999 sur l’électorat du Likoud, le parti qui a jusqu’à présent le vent en poupe. M. Netanyahu risque en outre de se heurter à l’actuel chef du Likoud, Ariel Sharon, lors de la réunion lundi 18 décembre du comité central du parti. En annonçant dimanche soir son retour en politique, l’homme fort de la droite israélienne a reconnu avoir fait des erreurs. «Mais j’en ai tiré des leçons», a-t-il affirmé à propos de la période très controversée durant laquelle il dirigea le gouvernement, de 1996 à 1999. Sur un ton virulent, il a accusé M. Barak d’avoir «entamé la force de dissuasion d’Israël», le rendant responsable de la dégradation de la sécurité à la suite du déclenchement de l’intifada (soulèvement palestinien), le 28 septembre. Mais M. Netanyahu a surtout affirmé que M. Barak avait «honteusement manœuvré» en démissionnant afin de l’empêcher de se présenter et a demandé aux députés de torpiller cette opération en dissolvant la Knesset et en organisant des élections anticipées.
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