Qui sera le prochain président américain et quand ? Les scénarios, de plus en plus pessimistes, divergent jusqu’à la seule vraie date butoir, celle de la passation des pouvoirs le 20 janvier entre Bill Clinton et son successeur. Samedi, tout était suspendu, une fois encore, à des décisions de justice, le républicain George W. Bush s’étant pour la deuxième fois pourvu devant la Cour suprême des États-Unis. M. Bush lui a demandé de renverser une décision de la Cour suprême de Floride ayant exigé le comptage manuel immédiat de plusieurs dizaines de milliers de bulletins de vote litigieux dans cet État qui détient la clé de l’élection présidentielle. Mais il est aussi possible que la bataille dure jusqu’en janvier et remonte jusqu’au Congrès des États-Unis. - Si la Cour suprême donne raison à M. Bush, elle sera probablement l’arbitre final et le scénario, relativement rapide, pourrait être simple : les nouveaux décomptes manuels sont annulés, le démocrate Al Gore est contraint d’admettre sa défaite, et George W. Bush devient président. Mais si la Cour suprême refuse d’intervenir ou confirme la décision de la Cour suprême de Floride, les scénarios se compliquent. - Si le résultat du comptage manuel en cours en Floride maintient l’avantage de George W. Bush, celui-ci devient président. - Si le comptage donne l’avantage à Al Gore, une crise constitutionnelle majeure menace. Le Parlement de Floride à majorité républicaine est déterminé à adopter mercredi une résolution attribuant les 25 grands électeurs de Floride à M. Bush. Si les autorités de Floride reconnaissent, elles, la victoire d’Al Gore, il est possible que deux «listes» de grands électeurs pour la Floride soient envoyées au Congrès à Washington. - Le 18 décembre, le collège électoral (538 grands électeurs) doit en principe élire le président. - Mais en cas de double liste d’électeurs pour la Floride, l’affaire devra être tranchée par le Congrès fédéral qui se réunit le 5 ou le 6 janvier, en principe pour la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle. La Chambre dispose d’une courte majorité républicaine et devrait accorder les grands électeurs de Floride à M. Bush. Le Sénat est divisé à 50-50, mais son président, qui peut voter pour départager le résultat, est Al Gore, et le Sénat devrait ainsi donner les grands électeurs de Floride à M. Gore. On peut donc envisager une impasse qui pourrait conduire à exclure la Floride. Selon la Constitution, le gagnant de l’élection présidentielle est le candidat qui a obtenu «la majorité du nombre d’électeurs désignés». L’interprétation de cette phrase pourrait faire l’objet d’un nouveau recours en justice si la Floride est exclue. La majorité serait-elle alors de 270 (des 538 grands électeurs) ou de 257 (sur 513), si l’on ôte les 25 grands électeurs de Floride ? La question est d’autant plus importante que M. Gore a emporté 267 grands électeurs au niveau national. Si la majorité est fixée à 257, il devient président. Si elle est établie à 270, M. Bush devrait devenir président. Car la bataille serait alors tranchée par la Chambre des représentants, où chaque État dispose d’une voix, et 28 États sur 50 ont une majorité d’élus républicains. - La passation des pouvoirs entre Bill Clinton et son successeur doit, selon la Constitution, intervenir le 20 janvier à midi.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Qui sera le prochain président américain et quand ? Les scénarios, de plus en plus pessimistes, divergent jusqu’à la seule vraie date butoir, celle de la passation des pouvoirs le 20 janvier entre Bill Clinton et son successeur. Samedi, tout était suspendu, une fois encore, à des décisions de justice, le républicain George W. Bush s’étant pour la deuxième fois pourvu devant la Cour suprême des États-Unis. M. Bush lui a demandé de renverser une décision de la Cour suprême de Floride ayant exigé le comptage manuel immédiat de plusieurs dizaines de milliers de bulletins de vote litigieux dans cet État qui détient la clé de l’élection présidentielle. Mais il est aussi possible que la bataille dure jusqu’en janvier et remonte jusqu’au Congrès des États-Unis. - Si la Cour suprême donne raison à M. Bush, elle...