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Actualités - Chronologie

Netanyahu, candidat incontournable pris au piège de la loi électorale

L’ancien Premier ministre de droite, Benjamin Netanyahu, faisait figure dimanche de candidat «incontournable» au poste de chef de gouvernement israélien face à Ehud Barak, démissionnaire, mais il était confronté à une loi électorale qui, dans son état actuel, interdit sa candidature. Le problème pour M. Netanyahu, s’il décide que le moment est venu de mettre fin à sa traversée du désert et de revenir en politique après sa déroute électorale de mai 1999, est double : juridique bien sûr, en raison de cette loi, mais aussi politique, puisqu’il lui faudra encore déloger de la direction du Likoud, le principal parti de l’opposition de droite, celui qui l’y a remplacé, Ariel Sharon. M. Netanyahu, qui était attendu en fin d’après-midi en Israël après un voyage éclair aux États-Unis, n’avait pas encore réagi à la décision surprise de M. Barak. De retour le 4 décembre d’un précédent voyage aux États-Unis, il avait alors refusé de dévoiler ses intentions, indiquant simplement qu’il annoncerait «très bientôt» ses projets. Mais rares sont ceux qui doutent qu’il essaiera de reconquérir le pouvoir. La manœuvre surprise de M. Barak complique toutefois beaucoup ses plans, en raison de cette loi électorale. M. Barak a officiellement remis dimanche sa lettre de démission au chef de l’État, Moshe Katsav, ce qui entraînera la tenue dans les 60 jours d’une élection pour la désignation d’un Premier ministre. Mais cette démission n’entraîne pas, pour l’instant, de renouvellement de la Knesset (Parlement), dans la mesure où les deux scrutins sont séparés en vertu d’une loi qui avait institué l’élection du Premier ministre au suffrage universel direct et dont le premier bénéficiaire fut en 1996 M. Netanyahu lui-même. Tous les analystes israéliens estimaient dimanche que cette démission avait pour but de barrer la route à M. Netanyahu, auquel les sondages donnent une avance de 15 à 20 points dans les intentions de vote. Au sein du Likoud, les partisans de M. Netanyahu, qui préparent en coulisses son retour, sont immédiatement montés au créneau pour annoncer qu’ils essaieraient de faire voter un texte permettant à n’importe quel citoyen israélien d’être candidat au poste de Premier ministre. Comme M. Barak l’avait fait dès samedi soir, M. Sharon lui-même a indiqué dimanche qu’il «approuverait» un amendement en ce sens de la loi électorale. Mais dans la pratique, il n’est pas certain que la Knesset ait le temps, en moins de 60 jours, de voter un tel texte en trois lectures, comme la loi l’exige. Il n’est pas non plus acquis qu’il existe une majorité absolue de 61 députés pour cela, ni M. Barak ni M. Sharon n’y ayant intérêt, malgré leurs propos conciliants. M. Netanyahu aurait toutefois un autre moyen de surmonter cet obstacle, ou plutôt de le contourner. Il suffirait, pour cela, que les élections au poste de Premier ministre soient accompagnées d’élections législatives, autrement dit que la Knesset mène à bien le processus de sa dissolution, qu’elle a entamé le 28 novembre par un vote à la majorité absolue en faveur de la tenue d’élections anticipées. Dans un tel cas de figure, M. Netanyahu aurait alors le droit de faire acte de candidature s’il figurait sur la liste de son parti pour les élections législatives. La question est donc de savoir s’il existe une majorité à la Knesset en faveur d’élections anticipées, comme le vote du 28 novembre le laisse penser. M. Barak, lui, pense de toute évidence que non, convaincu que la plupart des députés sont réticents à l’idée de risquer de perdre un siège conquis il y a tout juste 18 mois. Une fois le problème juridique résolu, restera alors à M. Netanyahu à sortir vainqueur d’une bataille politique au sein du Likoud qui s’annonce sanglante. Le président du «Forum pro-Netanyahu», Haïm Cohen, a ainsi ouvertement évoqué la possibilité que M. Barak ait décidé de démissionner de concert avec «plusieurs hauts responsables du Likoud qui n’ont pas intérêt au retour de Netanyahu». Bien qu’il n’ait pas mentionné le nom de M. Sharon, le message était clair. Selon cette théorie du complot, MM. Barak et Sharon se seraient mis d’accord en secret pour écarter M. Netanyahu, leur ennemi commun, et former après les élections un gouvernement d’union nationale dirigé par le vainqueur. M. Sharon a indiqué qu’il avait été «surpris, comme tout le monde», par l’annonce de la démission. Mais cette passe d’armes donne une idée de l’atmosphère au sein du Likoud.
L’ancien Premier ministre de droite, Benjamin Netanyahu, faisait figure dimanche de candidat «incontournable» au poste de chef de gouvernement israélien face à Ehud Barak, démissionnaire, mais il était confronté à une loi électorale qui, dans son état actuel, interdit sa candidature. Le problème pour M. Netanyahu, s’il décide que le moment est venu de mettre fin à sa traversée du désert et de revenir en politique après sa déroute électorale de mai 1999, est double : juridique bien sûr, en raison de cette loi, mais aussi politique, puisqu’il lui faudra encore déloger de la direction du Likoud, le principal parti de l’opposition de droite, celui qui l’y a remplacé, Ariel Sharon. M. Netanyahu, qui était attendu en fin d’après-midi en Israël après un voyage éclair aux États-Unis, n’avait pas encore...