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Actualités - Conferences Et Seminaires

CORRESPONDANCE Un séminaire sur le rire, une affaire sérieuse

 WASHINGTON - Irène MOSALLI Une audience pliée en deux dans un théâtre de diseurs, des cinéphiles s’esclaffant devant un film comique, un groupe de copains hilares lors d’une joute d’anecdotes... Mais pas la trace d’un sourire, même en coin, durant un séminaire sur l’humour. Un séminaire sur l’humour ? Elle est bien bonne celle-ci ! serait-on tenté de dire. Pas du tout, cela est une affaire fort sérieuse, entreprise de surcroît par l’Art Gliner Center for Humor Studies. Ce centre qui fait partie de la très respectable Université de Maryland a été crée tout récemment dans le but de couvrir un sujet primordial dans la vie de la société, le rire. On a fait appel à des spécialistes en la matière pour creuser cette pensée de Rabelais : «Le rire est le propre de l’homme». Ici donc l’étude de l’humour se fait par le biais de l’enseignement et de la recherche. Cours, conférences, ateliers, séminaires et symposiums se préoccupent de cerner le rôle de la dérision et des bons mots dans les divers aspects de la vie. Une initiative certes peu commune mais pas unique en son genre, puisque ce centre a établi des relations avec d’autres organismes similaires existant dans le monde, notamment l’International Society for Humor Studies. Et ces experts explorent le mécanisme du rire dans des domaines aussi variés que l’anthropologie, la psychologie, la sociologie, la linguistique, la philosophie, l’art, la littérature et l’art populaire. Bien sûr, ils s’arrêtent sur les effets thérapeutiques de l’humour qu’ils considèrent comme la clé de la compréhension des races, des identités, de l’«ethnicité», de la sexualité et de la politique. On n’est pas là pour s’amuser Un programme exhaustif, qui semble vouloir dire on n’est pas là pour s’amuser même si on traite de la légèreté de l’être. Une antinomie illustrée par l’infrastructure du centre, dirigé par un académicien pur sucre, Larry Mintz (professeur d’université depuis 31 ans) et portant le nom d’un acteur comique, Art Gliner, qui en est le cofondateur. Mais entre la théorie et la pratique, le courant passe bien. Tous deux s’étaient rencontrés en 1979, lors d’une conférence sur l’humour. À noter que, dans ce genre de réunion, le sérieux est au rendez-vous plus que l’éclatement et l’amusement, malgré la connotation des thèmes proposés, dont voici quelques-uns : «Lolita rencontre Betty Crocker : l’humour et les revues féminines» ; «Femmes exceptionnelles : l’influence des actrices comiques sur l’histoire» ; «Aha, Haha et Aho». – «Qui a dit que l’humour équivaut toujours à s’amuser comme des fous ? Si vous étudiez la guerre, devez-vous être forcément violent ? Si vous étudiez la sexualité, devez-vous obligatoirement la pratiquer ? L’humour est une affaire grave qui est indissociable de ce qui est important dans notre vie : la race, la religion, l’être, le devenir, la politique et bien d’autres choses. Ne mérite-t-elle pas autre chose que la pure rigolade ? À savoir chercher profondément son pourquoi et son comment». Le professeur Mintz est habitué à avancer continuellement cet argument car il est difficile de prime abord, pour tout un chacun, d’approcher avec componction et solennité ce qui paraît tout naturellement drôle et cocasse. À commencer par le père de Mintz qui n’en revient pas des théories développées par son fils et qui ne cesse de répéter : «Et dire qu’il vit de cela !». Le fils, lui, continue son bonhomme de chemin, défrichant les jeux d’esprit pratiqués par les maîtres de cet art (Sacha Guitry, Rabelais, Mark Twain, etc.) aussi bien que par des illustres inconnus. Il s’apprête notamment à accueillir dans son centre, en juillet prochain, la conférence annuelle de l’International Society for Humor qui, l’an dernier, s’était tenue à Osaka.
 WASHINGTON - Irène MOSALLI Une audience pliée en deux dans un théâtre de diseurs, des cinéphiles s’esclaffant devant un film comique, un groupe de copains hilares lors d’une joute d’anecdotes... Mais pas la trace d’un sourire, même en coin, durant un séminaire sur l’humour. Un séminaire sur l’humour ? Elle est bien bonne celle-ci ! serait-on tenté de dire. Pas du tout, cela est une affaire fort sérieuse, entreprise de surcroît par l’Art Gliner Center for Humor Studies. Ce centre qui fait partie de la très respectable Université de Maryland a été crée tout récemment dans le but de couvrir un sujet primordial dans la vie de la société, le rire. On a fait appel à des spécialistes en la matière pour creuser cette pensée de Rabelais : «Le rire est le propre de l’homme». Ici donc l’étude de...