Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

COMMERCE Un an après Seattle, l’OMC refuse le risque d’un second échec

Un an après la conférence de Seattle prise dans le tourbillon de la contestation, les 140 membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) aspirent à un nouveau cycle commercial mais refusent le risque d’un nouvel échec qui pourrait lui donner le coup de grâce. L’an dernier, les ministres du Commerce du monde entier, réunis dans la cité américaine de Microsoft et de Boeing, avaient échoué à lancer un nouveau round de négociations commerciales. Ils se sont heurtés à la fronde des pays en développement composant les 3/4 des membres, mécontents de l’application des accords de Marrakech ayant clos l’Uruguay Roung (1987-94). Des dizaines de milliers d’opposants à la mondialisation faisaient le siège de la conférence, se heurtant durement aux forces de l’ordre américaines, au nom de la défense du roquefort français, des tortues de mer ou des forêts menacées, comme symboles de spécificités à préserver. De l’avis de tous les participants, trop de divergences séparaient les membres pour réussir, et se reflétaient dans le document préparatoire, mal ficelé et plein de contradictions. L’échec de Seattle a créé un traumatisme, des frustrations, avant de faire naître au printemps au sein de l’OMC une nouvelle volonté d’aller de l’avant. En même temps, le mouvement antimondialisation, dopé par Seattle, s’est amplifié, se donnant rendez-vous à chaque grande réunion économique internationale. Selon ces partisans, l’OMC est le symbole de l’écrasement des pays pauvres par les plus riches, une organisation dominée par les multinationales. Le directeur général, le Néo-Zélandais Mike Moore, a pris conscience de cette mauvaise image. Il a déployé beaucoup d’efforts pour faire mieux passer sur les cinq continents le message selon lequel l’OMC est régie par des règles protégeant également les plus faibles. Sur la nécessité, voire sur le programme d’un nouveau cycle, on trouve de plus en plus de convaincus parmi les membres. Chacun se rend compte, en observant les négociations sur l’agriculture et les services, qui ont démarré à Genève conformément au programme intégré de Marrakech, que rien ne pourra bouger substantiellement sans une négociation globale permettant des échanges de concessions. Parallèlement, comme l’a récemment souligné le commissaire européen au Commerce Pascal Lamy qui se bat pour le lancement d’un cycle le plus large possible, «l’énergie politique a décru depuis l’an dernier». Cela est dû au mouvement antimondialisation mais aussi à la transition à la tête des États-Unis, qui ralentit nécessairement les préparatifs. La transparence intérieure et extérieure, l’efficacité accrue d’une organisation décidant par consensus, où une île des Caraïbes dispose de la même voix que l’Inde, ont été réclamées. Mais les réformes sont difficiles à réaliser, les pays du Sud craignant de perdre leur droit de veto et refusant d’ouvrir l’OMC aux organisations non gouvernementales. «La vérité est qu’aucune réforme touchant l’équilibre d’ensemble des droits et obligations ne pourra être accompli sans une négociation globale», a estimé M. Trân Van Thinh, ancien ambassadeur européen auprès du Gatt, devenu un observateur critique de l’OMC et soutenant une réforme en profondeur. Selon lui «ce ne sera donc que dans le contexte d’un nouveau cycle que l’OMC pourra s’ajuster à l’évolution de la mondialisation. Il y va de sa pérennité, pour ne pas dire de sa survie». Une majorité de pays en développement espèrent beaucoup dans l’OMC, en raison des règles qu’elle impose au commerce. Ils veulent, avant tout cycle, voir régler leurs problèmes de mise en œuvre et de compréhension des accords signés. Ils craignent beaucoup l’introduction par les pays riches de thèmes comme les normes d’environnement et de travail, «chevaux de Troie», selon eux, du protectionnisme. Une trentaine d’États frappent à la porte de l’OMC, dont la Russie et le géant chinois, qui devraient y entrer au premier semestre 2001, renforçant le camp des puissants pays en développement.
Un an après la conférence de Seattle prise dans le tourbillon de la contestation, les 140 membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) aspirent à un nouveau cycle commercial mais refusent le risque d’un nouvel échec qui pourrait lui donner le coup de grâce. L’an dernier, les ministres du Commerce du monde entier, réunis dans la cité américaine de Microsoft et de Boeing, avaient échoué à lancer un nouveau round de négociations commerciales. Ils se sont heurtés à la fronde des pays en développement composant les 3/4 des membres, mécontents de l’application des accords de Marrakech ayant clos l’Uruguay Roung (1987-94). Des dizaines de milliers d’opposants à la mondialisation faisaient le siège de la conférence, se heurtant durement aux forces de l’ordre américaines, au nom de la défense du...