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Actualités - Analyse

RÉTROSPECTIVE 2002 Environnement : 2002 a été une année charnière

L’année 2002 n’aura pas été une année banale en matière de sauvegarde de l’environnement. Le vote très attendu du code de l’environnement (une loi-cadre adoptée le 17 juillet), les mesures de lutte contre la pollution de l’air et la fermeture des carrières (en attendant l’application d’un nouveau plan directeur dans ce domaine) ont constitué autant de mesures essentielles qui ont permis aux autorités de briser le statu quo qui prévalait sur ce plan depuis des années. Cela, en soi, est un pas très positif... Il reste que les mesures prises sur recommandation du ministère de l’Environnement ont été axées essentiellement sur le principe de l’interdiction pure et simple plutôt que sur celui de la réglementation. Ce fut le cas du mazout et des carrières dont l’interdiction a soulevé un tollé dans les milieux concernés. Si l’État a donné l’impression de s’enliser dans les crises successives du mazout, c’est que les mesures prises sur ce plan sont intervenues tard, après une série d’erreurs passées. Les premiers à avoir été frappés d’interdiction, à partir de fin juin, ont été les taxis-services qui circulaient depuis 1994 illégalement au mazout avec des moteurs agricoles non adaptés à leurs véhicules. En mettant un terme à cette irrégularité sur laquelle il avait fermé les yeux durant des années, l’État a créé une injustice fondamentale. En effet, comment les taxis-services pourront-ils concurrencer les minibus, moins chers et fonctionnant au mazout, alors que la nature de leur travail est la même ? Les autorités ont choisi, pour remédier à cette situation, d’interdire les minibus circulant au mazout, à partir de fin juillet. Or ces minibus sont conçus à la base pour circuler au gazoil et non à l’essence. La (juste) colère des chauffeurs de minibus de 15 places s’est transformée en manifestations violentes dans les rues et a entraîné, en septembre, l’arrêt des bus de 24 places. Il n’en demeure pas moins que les grands bus et toutes sortes de poids lourds continuent de polluer l’air des villes et des montagnes parce que, simplement, le mazout qu’ils utilisent est d’une qualité extrêmement mauvaise, à peine valable pour l’utilisation industrielle... D’aucuns pensent que c’est là le point le plus grave auquel les autorités ne se sont pas encore attaquées : l’importation d’un gazoil propre. Par ailleurs, plusieurs écologistes ont affirmé qu’une solution globale au problème de la pollution de l’air ne peut passer que par une réelle réglementation du trafic... qui se fait toujours attendre. Il reste que le gouvernement a pris sur ce plan une mesure importante, à savoir l’interdiction de l’essence avec plomb. La décision de fermeture de toutes les carrières du pays, à partir de début octobre, demeure, en outre, une mesure très populaire vu les dégâts considérables causés par ces exploitations au niveau des sites naturels. Mais cette démarche, radicale elle aussi, a entraîné de vives polémiques. Les entrepreneurs ont soutenu que les prix du gravier et du sable avaient triplé. Les propriétaires de carrières ont affirmé que les trois nouveaux sites choisis pour ce genre d’exploitation, tous situés dans la chaîne de l’Anti-Liban, n’étaient pas adéquats. Ils ont insinué plus d’une fois que cette fermeture servait les intérêts de certains grands importateurs de matières premières de construction. Mais au-delà de toutes ces accusations auxquelles le Conseil des ministres a fait face avec fermeté, des informations selon lesquelles certaines carrières continuaient à fonctionner malgré l’interdiction, bien que démenties officiellement, ont entaché les retombées de cette décision. Les mesures de gestion environnementale prises en 2002, l’année du second sommet de la terre à Johannesburg, ont certes constitué un tournant important, même si elles ne se sont pas souvent transformées en solutions radicales. Au début de la nouvelle année, c’est l’épineux dossier des déchets, au centre de vives polémiques et de scandales, qui devrait prendre les devants de la scène. Il en était temps : la décharge de Naamé (qui accueille les déchets du Grand Beyrouth et du Mont-Liban) est bientôt saturée, le dépotoir sauvage de Saïda menace de provoquer une vraie crise dans la ville, et les problèmes similaires se multiplient dans toutes les régions. La gestion de ce dossier, probablement le plus explosif de tous, sera-t-elle plus globale et plus habile que les mesures précédentes ? Les observateurs soulignent qu’il faudra, pour cela, commencer par transférer ce dossier du ministère de l’Intérieur à celui de l’Environnement, bien plus qualifié pour se charger de tels problèmes. Dans tous les cas, la route est encore longue... Suzanne BAAKLINI
L’année 2002 n’aura pas été une année banale en matière de sauvegarde de l’environnement. Le vote très attendu du code de l’environnement (une loi-cadre adoptée le 17 juillet), les mesures de lutte contre la pollution de l’air et la fermeture des carrières (en attendant l’application d’un nouveau plan directeur dans ce domaine) ont constitué autant de mesures essentielles qui ont permis aux autorités de briser le statu quo qui prévalait sur ce plan depuis des années. Cela, en soi, est un pas très positif... Il reste que les mesures prises sur recommandation du ministère de l’Environnement ont été axées essentiellement sur le principe de l’interdiction pure et simple plutôt que sur celui de la réglementation. Ce fut le cas du mazout et des carrières dont l’interdiction a soulevé un tollé dans les...