Bordeaux termine l’année 2002 dans la seconde partie du tableau de la Ligue 1 de football (12e), loin des prétentions claironnées cet été par ses dirigeants, et l’atonie actuelle quant à l’analyse de cet échec laisse une impression de décomposition diffuse renforcée par l’annonce d’un possible prêt de l’emblématique capitaine Christophe Dugarry. Hormis un éclatant 4-0 au stade Chaban-Delmas contre Nice mi-décembre, le vainqueur de la Coupe de la Ligue, éliminé de la Coupe de l’UEFA dès le 3e tour par Anderlecht (Belgique), n’a obtenu en championnat que quatre victoires à domicile – sur des scores souvent étriqués –, pour une seule en déplacement. L’installation par M6, actionnaire principal, d’un nouveau président, le publiciste parisien Dominique Imbault, en lieu et place du Bordelais Jean-Louis Triaud, officiellement démissionnaire, n’a guère porté ses fruits. Critiqué et raillé par les joueurs pour avoir osé les sermonner, il s’est également vu reprocher par les supporteurs d’avoir licencié Alain Roche, icône des Marine et Blanc, contraint en début de saison de mettre un terme à sa carrière en raison de douleurs persistantes à une cheville. Cette absence inattendue d’Alain Roche a déstabilisé la défense qui, de blessures (absence prolongée de Jérôme Bonnissel) en suspensions (5 cartons rouges, 22 jaunes), n’a jamais eu la même composition. En attaque, Jean-Claude Darcheville, plus gros transfert de l’intersaison, espérait bien évoluer en pointe. Mais Pauleta est finalement resté en Gironde. Dix buts sur 23, 4 passes décisives, le Portugais, sans être génial, est resté incontournable et l’ex-Lorientais, qui n’a pas joué la moitié du temps, semble se morfondre. Dugarry sur le départ Quant à Savio, venu du Real Madrid à l’occasion d’un transfert médiatique, il a connu des débuts difficiles et commence tout juste à confirmer son talent, ce que Camel Meriem n’a en revanche pas su faire. Symbole du marasme ambiant, l’emblématique capitaine bordelais Christophe Dugarry est, avant même l’ouverture du mercato, annoncé à Birmingham City (1re div. anglaise), sous forme de prêt. L’ancien international a difficilement masqué son aigreur lors de cette première partie de saison, déplorant même ouvertement mi-novembre un trop grand nombre « d’introvertis « au sein de l’effectif girondin. Reste l’entraîneur Élie Baup, qui a parfois paru déboussolé par le manque d’âme de son collectif, et aura exploré toutes les tactiques possibles sans trouver la formule idéale. La situation pourrait se dénouer pendant le mercato avec le prêt ou le transfert d’un ou plusieurs joueurs – dont Dugarry –, plutôt que par un licenciement d’Élie Baup. Ces transferts auraient surtout pour effet d’alléger une masse salariale devenue lourde au regard du ratio recrutement-performances pour M6. Son PDG, Nicolas de Tavernost, avait d’ailleurs évoqué, peu avant les fêtes de fin d’année, l’éventualité d’un retrait à moyen terme des Girondins, dans le contexte de la guerre des chaînes autour des droits de retransmission du football, avant de tempérer son propos dans la presse locale.
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