Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les firmes de Wall Street vont payer un milliard de dollars d’amende

Les grandes firmes d’investissement de Wall Street, accusées d’avoir trompé les investisseurs avec de l’information financière biaisée, vont devoir payer 1 milliard de dollars d’amende et réformer en profondeur leurs services d’analyse aux termes d’un accord avec les autorités américaines. C’est Eliot Spitzer, ministre de la Justice de l’État de New York, qui a annoncé hier l’accord. C’est également lui qui a lancé l’opération main propre contre les grandes maisons de Wall Street. Il aura fallu des mois de négociations extrêmement difficiles entre une douzaine de banques d’affaires et maisons de courtage et les autorités de régulation pour trouver finalement un terrain d’entente. Citigroup paiera l’amende la plus élevée. Selon des informations de presse, elle serait comprise entre 300 et 350 millions de dollars. Salomon Smith Barney, la banque d’affaires du plus grand groupe financier des États-Unis, a été mêlée de très près au scandale entourant la faillite du groupe de télécoms WorldCom. Crédit Suisse First Boston, la banque d’affaires du Crédit Suisse, devrait avoir à payer 150 millions de dollars. CSFB a été à l’origine de nombre des introductions en Bourse les plus spectaculaires des années folles de l’Internet. Parmi les autres firmes impliquées dans les négociations se trouvent Merrill Lynch, Goldman Sachs, UBS, JP Morgan Chase, Morgan Stanley, Lehman Brothers, Bear Stearns, US Bancorp Piper Jaffray, Thomas Weisel Partners et Deutsche Bank. Elles devraient chacune avoir à payer entre 50 et 75 millions de dollars d’amende. Outre les amendes, qui ne vont pas mettre en danger la santé financière des fautifs, l’accord doit détailler les moyens d’isoler les analystes de l’influence de leurs collègues banquiers d’affaires. Ces derniers ont tout intérêt à ce que la recherche publiée sur une entreprise soit la plus flatteuse possible, dans l’espoir d’en tirer de très lucratifs contrats. L’accord va également obliger les banques à payer pour un fonds de financement de recherche indépendante qui sera mise à disposition des investisseurs, et particulièrement les dizaines de millions de petits porteurs américains. Les notes d’analystes publiées par dizaines tous les jours donnent des recommandations sur les actions d’une entreprise, « acheter » ou « vendre » par exemple. Dans plusieurs cas, de petits investisseurs, dont les placements s’étaient évaporés parce qu’ils avaient fait confiance à des notes exagérément optimistes, se sont vu rembourser leurs pertes par leur courtier. Mais les banques ne sont pas pour autant tirées d’affaire après l’accord d’hier. Les documents de l’enquête menée par M. Spitzer devraient être rendus publics au début 2003, selon le Wall Street Journal. Nul doute qu’ils serviront à alimenter le feu roulant de poursuites en justice de milliers d’investisseurs appauvris par l’explosion de la bulle financière au printemps 2000. La valeur des actions américaines a chuté de plus de 8 000 milliards de dollars entre mars 2000 et l’automne 2002. Eliot Spitzer a déjà réussi à faire payer 100 millions de dollars d’amende à Merrill Lynch, en rendant publics des courriers électroniques de l’un des analystes vedette de l’Internet, Henry Blodget. M. Blodget louait dans ses notes certaines entreprises qu’il dénigrait dans des courriers internes.
Les grandes firmes d’investissement de Wall Street, accusées d’avoir trompé les investisseurs avec de l’information financière biaisée, vont devoir payer 1 milliard de dollars d’amende et réformer en profondeur leurs services d’analyse aux termes d’un accord avec les autorités américaines. C’est Eliot Spitzer, ministre de la Justice de l’État de New York, qui a annoncé hier l’accord. C’est également lui qui a lancé l’opération main propre contre les grandes maisons de Wall Street. Il aura fallu des mois de négociations extrêmement difficiles entre une douzaine de banques d’affaires et maisons de courtage et les autorités de régulation pour trouver finalement un terrain d’entente. Citigroup paiera l’amende la plus élevée. Selon des informations de presse, elle serait comprise entre 300 et 350...