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Actualités - Reportage

Nocturnes...Chady Nachef, « l’air et la chanson »(photo)

« Je ne fais que ça, je ne sais faire que ça », et il le fait bien. Chady Nachef est un musicien à plein-temps ; même quand il se repose, il pense musique, il la respire, il la vit. Et la donne à partager tous les soirs. Différents endroits, différentes ambiances et le même bonheur. « J’aime la musique, elle peut tout remplacer pour moi. » Un look d’enfer, reconnaissable même quand il le modifie selon l’humeur et le moment. Aujourd’hui, c’est cheveux plus courts gominés et petite barbichette, c’est lunettes postmodernes, qui lui couvrent les pétillants yeux noisette et qu’il ôte volontiers lorsqu’une jeune demoiselle le lui demande gentiment en lui disant «Tu as de beaux yeux tu sais !», un t-shirt noir sur lequel est gravé au sceau brûlant de la nuit «Hard Rock Café », pas vraiment étonnant, un cellulaire accroché au cou, pour avoir les mains plus libres, sans doute, une présence imposante malgré vingt-deux kilos perdus en six mois, «un jour j’en ai eu vraiment marre, je me suis mis au régime, et voilà le résultat!», Chady Nachef, 31 ans, a, comme ça, l’air d’un garçon terrible. Mais lorsqu’il se met à parler de cette voix écorchée, lorsqu’il esquisse un sourire presque timide et que ses deux fossettes applaudissent, il devient terriblement charmant. Lorsque, le soir, il monte sur scène presque en catimini, accompagner dans leur performance son groupe Chady and the Band ou des amis chanteurs, il a l’air et la chanson. L’air d’un musicien heureux et la chanson facile, comme s’il était tombé dedans tout petit. Du blues, du blues, du blues Pourtant, ce n’est que vers 15 ans que Chady, alors très amoureux, se met à la guitare, pour mieux fredonner à sa Juliette des airs qui parlent d’amour. Quelques années plus tard, alors qu’il passe une soirée dans un pub de la ville, avec une autre Juliette, très certainement, il emprunte la guitare du musicien-troubadour qui animait la soirée. Un coup d’essai qu’il n’avait pas calculé et le voilà propulsé au-devant de la scène. «Je n’ai pas appris à jouer. D’ailleurs, personne ne pourrait m’apprendre mes propres sensations, encore moins les siennes.» Il abandonne ses études d’architecture d’intérieur, «je devais choisir entre le jour et la nuit», affronte son père – colonel dans l’armée – qui désapprouve pour un moment et devient un musicien libéré, «Mon père m’a écouté par hasard, dans une émission télévisée. Je l’ai convaincu, je crois.» Convaincu, le public, également, qui est venu ce soir encore l’applaudir. L’air détaché, presque distant, Chady n’a d’yeux que pour sa guitare électrique. Leur conversation démarre lentement, puis de plus en plus animée, c’est avec un solo qu’il s’exprime le mieux. Santana, Jimi Hendrix, George Benson, du latino ou d’autres, tant qu’ils possèdent le « blues spirit », l’esprit et l’âme du blues, «tant qu’ils ont une racine importante, sans parasites, tant que la musique est vraie et authentique». L’air de la salle, encore froid car en attente, se réchauffe soudain ; le dragon doux est activé. Il peut souffler le chaud. Deux heures durant, il va presque improviser, «je n’écris pas mon répertoire à l’avance, je préfère décider au fur et à mesure que la soirée se passe, que les gens réagissent, que l’ambiance se précise». Pour être comblé, il lui suffit, précise-t-il, «d’une seule réaction, d’un regard satisfait, du sourire d’une jeune fille!». Car, le reste du temps, « je m’isole, je me défoule et je m’exprime totalement. J’ai l’air absent – Chady joue les yeux fermés – mais je suis attentif à chaque musicien, chaque fausse note m’écorche.» Pour être entendu en dehors des frontières, c’est normal, c’est dans l’air du temps, il lui faut enfin finaliser ses premiers enregistrements qu’il a composés, paroles et musique. «L’enregistrement n’est pas une chose difficile. Ce qui m’a retardé, c’est la confiance et la nécessité de voir vraiment ce que je veux faire et ce que les gens attendent. Je ne veux pas faire du copiage, du déjà-vu.» «Je ne suis pas pressé», conclut-il, l’air serein. Carla HENOUD
« Je ne fais que ça, je ne sais faire que ça », et il le fait bien. Chady Nachef est un musicien à plein-temps ; même quand il se repose, il pense musique, il la respire, il la vit. Et la donne à partager tous les soirs. Différents endroits, différentes ambiances et le même bonheur. « J’aime la musique, elle peut tout remplacer pour moi. » Un look d’enfer, reconnaissable même quand il le modifie selon l’humeur et le moment. Aujourd’hui, c’est cheveux plus courts gominés et petite barbichette, c’est lunettes postmodernes, qui lui couvrent les pétillants yeux noisette et qu’il ôte volontiers lorsqu’une jeune demoiselle le lui demande gentiment en lui disant «Tu as de beaux yeux tu sais !», un t-shirt noir sur lequel est gravé au sceau brûlant de la nuit «Hard Rock Café », pas vraiment étonnant, un...